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Le grand jardin

Auteur : Francis Dannemark

Date de saisie : 15/12/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : R. Laffont, Paris, France

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-221-10959-5

GENCOD : 9782221109595

Sorti le : 23/08/2007

  • La voix des auteurs : Francis Dannemark – 17/09/2008

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francis Dannemark – 26/06/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Florent et Paul sont de faux jumeaux mais de vrais freres. Leur famille vit a la frontiere allemande, dans un ancien territoire du Saint-Empire devenu belge apres la Premiere Guerre mondiale. Ils naissent au milieu des annees 1950, dans la rumeur a peine eteinte de la guerre de 1940-1945, qui a devaste la region, et grandissent entre un pere tendre, mais fragile et souvent absent, et une mere profondement perturbee, dans une maison plantee au bord d’une vaste foret, a cote de la scierie familiale. Il y a du cauchemar dans cet univers-la – trop de souffrances, trop de souvenirs noirs, trop d’ombres et de fantomes. La peur n’est pas loin de transformer la vie en impasse. Mais Florent et Paul vont recevoir de l’aide. Notamment celle de Laszlo et Paliki, des nains hongrois un peu magiciens, celle de leur cousine Agathe et, beaucoup plus tard, celle d’un tres vieux medecin anglais qui a appris dans un monastere au Cachemire quelques facons de vivre en harmonie. La musique, les films et les livres vont aussi apporter aux deux freres des raisons de ne pas desesperer.
Florent le musicien et Paul le professeur de sciences vont peu a peu trouver leur voie et leur equilibre, au fil des annees et des epreuves – particulierement douloureuses dans le cas de Florent, que nous rencontrons au moment ou il vient de retrouver ou de perdre la femme de sa vie…

Avec Le Grand Jardin, Francis Dannemark nous offre une fresque romanesque qui est tout a la fois une chronique familiale, le portrait d’une epoque, le recit d’un apprentissage, un conte poetique et une grande histoire d’amour.

Francis Dannemark est ne en 1955 sur la frontiere franco-belge. Enseignant, directeur d’un centre culturel, organisateur de nombreux festivals litteraires europeens, il est aujourd’hui conseiller litteraire et editeur. Il dirige la collection Escales des lettres qu’il a fondee en 1998 au sein des editions Le Castor Astral.
Il est l’auteur d’une trentaine de livres publies principalement chez Robert Laffont et au Castor Astral, parmi lesquels Choses qu’on dit la nuit entre deux villes ; La Longue Promenade avec un cheval mort ; Qu’il pleuve ; Memoires d’un ange maladroit ; Les Agrandissements du ciel en bleu.

  • La revue de presse Philippe Lacoche – Le Figaro du 25 octobre 2007

Ce roman possede l’epaisseur des grands textes, des grandes oeuvres. On y contemple des vies qui s’eteignent. Devant les desastres doux du temps qui passe, survient une impression bizarre de melancolie, une maniere d’aquabonisme. Et surtout, une tendre humanite qui, sans larmoyer, sans tambour ni trompette, sans grandes declarations, parvient a vous nouer la gorge d’emotion. On l’aura compris, Francis Dannemark, deja auteur d’une trentaine de livres, signe la un roman important.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Non. Elle avait ecrit ce mot-la, non, et d’autres mots, toute une lettre, au milieu de la nuit, et la lui avait envoyee par e-mail : Non, je ne peux pas, je ne suis plus amoureuse de toi, je pense encore a lui, je n’ai pas ose te dire la verite en face…

Il avait trouve son courrier un peu avant l’aube, l’avait lu en un instant, avait prepare le repas et reveille les enfants, les avait embrasses comme chaque matin, sur les joues, sur les yeux, quand ils etaient partis pour l’ecole, et il les avait regardes s’eloigner dans le vent piquant de decembre, sous l’etrange lumiere jaune de la lampe qui eclairait la rue comme une salle d’attente dans une gare deserte.

Une fois la porte refermee, il avait fait chauffer de l’eau, prepare du the. Mais il ne l’avait pas bu. Son sang etait soudain devenu blanc et glace, quelque chose en lui avait explose en silence et chaque centimetre de sa peau avait brule. Puis plus rien. Sable ses yeux, poussiere ses mains, ses jambes. Plus bouger, plus respirer.

Une heure plus tard, quelqu’un avait sonne a sa porte. Une fois, deux fois, trois fois. Florent avait ouvert les yeux. Appuye sur le bouton qui commandait l’ouverture de la porte. L’amie qui chaque mois, depuis toujours, verifiait sa comptabilite entra dans la cuisine. Lui toucha le bras, lui demanda d’une voix douce ce qu’il avait. Il se mit alors a pleurer. Silencieusement. Longtemps. Comme quelqu’un qui n’a plus pleure depuis la nuit des temps, qui ne sait meme plus ce que ca peut bien etre, des larmes. L’amie le serra dans ses bras, lui posa deux doigts sur chaque tempe. Elle le ranima tout doucement. Le jour s’etait leve, le chat regardait la porte du jardin. Elle la lui ouvrit mais il resta au bord de la terrasse, ni dehors ni dedans.

Florent, dans un fauteuil, n’avait toujours pas dit un mot. Elle lui demanda de raconter ce qui lui arrivait. Comme il se taisait encore, elle lui dit : Je ne sais pas ce que tu vas me dire mais moi, je vais te dire quelque chose. On se connait depuis si longtemps qu’on ne compte plus les annees. Je sais ce que tu as traverse. Je sais aussi que je connais peu de gens capables de franchir des epreuves terribles et d’en sortir sans perdre cette petite flamme que tu as dans les yeux. Regarde-moi, Florent, dis-moi ce qui t’arrive.

Alors Florent essaya un sourire. C’etait comme si une statue se mettait a bouger, on aurait pu entendre travailler la pierre. Mais c’etait un sourire.

Apres, il y eut des mots. L’effort de Florent pour raconter a son amie le chagrin qui l’avait envahi, la douleur qui lui mangeait le coeur et verrouillait ses poumons.

Trois jours plus tot, apres plusieurs annees d’un amour qui s’etait construit en marge, a leur insu, et apres deux semaines qui avaient fait se retourner sa vie comme un iceberg, il avait demande a la femme qu’il aimait d’etre sa fiancee – il avait employe ce mot-la, fiancee. Elle avait dit oui, dans un petit jardin, oui, les yeux brillants, dans l’air froid et humide d’une nuit d’hiver, oui. Et deux jours plus tard, elle lui avait ecrit cette lettre qui disait non, non, je ne veux pas vivre avec toi, jamais.