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Le jour des corneilles

Auteur : Jean-Francois Beauchemin

Date de saisie : 21/02/2011

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : ALLUSIFS, Montreal, Canada

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-922868-59-3

GENCOD : 9782922868593

Sorti le : 28/06/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Marie-Helene Sauvage de la librairie INTERLIGNES a LIMOURS, France (visiter son site) – 21/02/2011

Un texte etonnant qui, par sa structure meme, releve a la fois du recit, du conte et de la fable. L’auteur nous transporte dans une creativite langagiere maitrisee : une syntaxe travaillee (tournures archaiques et contemporaines, metaphores) et un champ lexical riche – mots oublies et ressurgis, argotiques, issus de regionalismes, ou crees – composent cette construction litteraire decalee aux notes moyenageuses et modernes a la fois. Langage propre au narrateur sans doute, un homme illettre a qui l’usage du vocabulaire est enseigne en prison et qui comparait devant un tribunal ; pour aider ses juges a trancher son cas, il va relater sa vie et celle de son pere. L’existence marginale (en pleine foret, en un lieu et un temps indefinis) de deux etres sauvages, evoluant au plus pres de la nature. L’un est sourcier, vieillissant, craint la mort, recoit la visite de ses gens en son casque et lit dans les astres ; l’autre, suiveur obeissant qui subit les foudres paternelles, se confronte aux mondes des vivants et des morts (il cotoie les outrepasses), en proie au grand questionnement, celui de l’amour en particulier.

  • Le choix des libraires : Choix de Patrick Bousquet de la librairie NORDEST a PARIS, France (visiter son site) – 09/02/2008

Un pur OVNI litteraire.
Laissons a chacun la surprise de decouvrir l’incroyable histoire narree a ses juges par le fils Courge. Que chaque lecteur beneficie a son tour du privilege de faire connaissance avec son cruel pere, avec le fantome de sa mere morte, avec quelques autres personnages et quelques morts encore. C’est surtout le langage unique utilise par ce fils qui surprendra, entre inventions sublimes, fortement evocatrices, et archaismes impossibles a dater. Jean-Francois Beauchemin reussit le pari de “tenir”, de maitriser cette langue, ce style inimitable, unique, introuvable dans aucun autre roman, de la premiere a la derniere ligne du JOUR DES CORNEILLES qui hantera nombre de ses lecteurs pour toujours.

  • Le choix des libraires : Choix de Pascal Cottin de la librairie OCEP PLACE MEDIA a COUTANCES, France – 27/11/2007

Un roman extraordinaire, d’une ecriture admirable.

  • Les presentations des editeurs : 14/07/2007

Sise au fin fond de la foret, au-dehors d’un village perdu, une cabane abrite deux etres saugrenus, hallucines et farouches : le pere Courge et son fils. Ces deux etres asociaux vivotent en autarcie et le pere lit des propheties dans les astres, s’angoisse devant la mort et se venge cruellement de sa destinee sur son fils alors que celui-ci voit apparaitre les morts baignes d’une aura bleutee et interroge sans cesse le fantome de sa mere. Mais ce qui etonnera le plus, c’est le langage du fils illettre mande a comparaitre en jugement : un verbe inoui, inventif et archaique qui coule sur les questions existentielles dans une forme sans pareille.

Le jour des corneilles est un roman d’amour hallucine, un ovni litteraire incendiaire qui brule les yeux, tourneboule les sens et la morale. Ici, l’horreur flirte avec la grace. […] Ce roman-la est requiem et chant d’allegresse, un bouquet de fleurs du mal version XXIe siecle… Martine Laval, Telerama. Le jour des corneilles n’est pas un livre plaisant ni complaisant. C’est un roman d’une grande force, plein de bruit et de fureur.

Marie-Claude Fortin, La Presse.

Nous logions, pere et moi, au plus epais de la foret, dans une cabane de billes erigee ci-devant le grand hetre. Pere avait forme de ses mains…

  • Les courts extraits de livres : 14/07/2007

Pere etait fort charnu. Par tous horizons, on n’avait jamais vu bourgeois aussi muscleux. Mais ce qui me laissait le plus etonne etait surtout la puissance et le nerf sejournant en ses chairs. Pour exemple, je depeindrai premierement un ouvrage des plus curieux que pere accomplit une fois. Par jour de grandes gelures, je le vis se fabriquer mitaines de cette maniere : fourrant le bras en une taniere, il grippa coup sur coup une paire de marmottes ventrues et enroupillees. Les assommant par suite du marteau de son poing, il entreprit bientot de les fendre, puis de les evider. Une fois ce videment accompli a l’aide de ses seuls doigts, pere se para les mains des depouilles, et poursuivit son cours, les paumes bien au chaud maintenant.
Quant aux jambes de pere, c’etait equivalence de cuissots de rossinant par musclure aussi bien que par endurance a la course. Aussi, nul bourgeois ne pourchassait la bete mieux que lui, ni ne s’esquivait avec plus d’allure lorsque le cyclone menacait. Son pied aussi impressionnait par sa surdimension. Quand pere avancait sur sente de son marcher appesanti, la fourmi tressautait, le chipmonque chutait de sa bran-chotte, la chenillette la-haut aussi se decrochait de son feuillage et, en leur trou, garennes, marmottes, ratons et belets recevaient plafond sur le casque.
Bref, en toutes portions de sa personne, pere etait important.
Mais ce corps, quoique baraque, souffrait en sa partie la plus elevee et souventes fois la plus utile, le casque, d’un trouble etrange : lorsqu’il etait entierement eveille et meme affaire a besognes, pere recevait parfois en revement la visite de gens qui lui faisaient la conversation, a laquelle il retorquait avec des mots que je ne lui connaissais guere coutumierement. Plus alarmants etaient les grognements, gesticulades et agitations de demoniaque accompagnant alors son parler. Mais le pire residait ailleurs. En effet, les gens de pere, quand ils s’emparaient de lui, le forcaient aux actes et missions les plus insenses. Pere, comme sous l’empire de quelque magie desastreuse, formait des lors l’ambition d’exaucer ses gens, ce qui le menait, Monsieur le juge, au-dela des limites raisonnables de l’agissement humain. Force a mon tour par pere d’agir a ses cotes comme second, j’ai plus d’une fois risque ma vie en ces equipees, comme vous le concevrez bientot par mon histoire.