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Le jour ou le ciel a disparu

Auteur : Michel Lambert

Date de saisie : 02/05/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Litterature

Prix : 16.00 €

ISBN : 978-2-268-06551-9

GENCOD : 9782268065519

Sorti le : 02/05/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Sylvie Roland de la librairie CALLIGRAMMES a WAVRE, Belgique – 06/06/2008

On trouve au fil de ces nouvelles de Michel Lambert une homogeneite de ton qui donne l’impression que tous ces personnages se ressemblent dans leur fragile humanite. Dix tranches de vie ou les petits grains de sable du quotidien font basculer les existences, imperceptiblement. Et ce ciel, d’un bleu insolent ou plombe, est temoin de ces vies, si proches de nous. Un style limpide pour une reussite magnifique !

  • Les presentations des editeurs : 03/05/2008

Un jour, ils ont eu l’impression que le ciel disparaissait. Comme si un grutier facetieux avait lache un bloc de beton sur leur tete qui, des annees plus tard, resonnerait encore des vibrations du choc. Une humiliation, un enfant malade, une dette de jeu, une dispute, la fin d’une liaison… Mais il suffit parfois de pas grand-chose pour que le ciel reapparaisse alors que tout semblait joue. La voix d’une femme derriere la porte, des cerfs-volants dans le ciel, le verre de l’amitie, des retrouvailles, le reve d’une cerisaie…
Les personnages de ces dix nouvelles ont tous vecu la disparition du ciel puis sa renaissance. Dans un melange de gravite, d’espoir et de renoncement. De dignite et d’humanite. Un homme aboie, un autre fustige les peintres preraphaelites, une femme benit les passants, trois amis eprouvent une peur irraisonnee… Soudain le tragique, l’incongru, le cocasse se taisent pour laisser la parole aux ames qui, enfin, se comprennent.

Romancier et nouvelliste, Michel Lambert publie ici son dixieme livre. Prix Rosselpour Une vie d’oiseau (editions de Fallois/L’Age d’homme), il est aussi l’auteur des Preferes (Julliard) et, aux editions du Rocher, de Soirees blanches, La Troisieme Marche, Fin de Tournage, La Maison de David (Prix triennal du roman) et Une touche de desastre (Grand Prix de la Societe des gens de lettres).

  • Les courts extraits de livres : 03/05/2008

Tout a coup, David se rendit compte que la fin de la journee approchait et qu’il avait tenu bon. Qu’il n’y avait meme pas pense. Ou plutot si, souvent, mais de maniere fugitive, sans consequence. Un instant, il eut l’impression grisante d’etre un sportif en passe de rallier la ligne d’arrivee apres une course pleine d’embuches, et il se dit qu’il lui suffirait desormais de se laisser glisser sur son erre. Relevant ses lunettes noires, pour la premiere fois depuis le matin, il osa affronter la lumiere.
La plus belle du monde, songea-t-il.
Il pensa que la femme qui marchait a ses cotes ressemblait a cette lumiere, tout comme Frank qui, malgre ses bouderies, etait lumineux lui aussi, a sa maniere.
Oh ! s’ils pouvaient avoir conscience de ses efforts, a leur tour etre fiers de lui et de sa victoire.
– Quelle chouette idee tu as eue, Myriam ! s’exclama-t-il en lui prenant la main qu’il balanca joyeusement d’avant en arriere. Ou est Frank ?
– Devant.
Les yeux plisses, David scruta la foule qui s’eloignait. Ayant repere son fils, il cria a plusieurs reprises :
– Frank ! Attends-nous !
Pendant un long moment, Frank resta sourd aux injonctions de son pere. S’etant enfin retourne, il s’immobilisa dans une attitude renfrognee, les mains a la taille. Comme il est grand ! pensa David. Bientot il me depassera. Et deja bati a chaux et a sable. Il fera des ravages, se rejouit-il. Mais lorsqu’ils arriverent a sa hauteur, le jeune homme feignit de l’ignorer et se placa ostensiblement a cote de sa mere.
Comme d’habitude, David fit semblant de rien.
Il se raccrocha a la certitude qu’ils avaient toujours forme une famille unie, elegante, enviee. Aujourd’hui encore, qui pourrait se douter des difficultes qu’ils traversaient ? Au contraire, il lui semblait, tandis qu’ils remontaient la digue ou se bousculaient les vacanciers, capter dans leur regard un eclair d’admiration, a croire qu’ils degageaient une aura particuliere tous les trois, une sorte de grace, meme Frank qui tirait la gueule – meme moi, se dit-il.
– J’ai faim. Pas vous ? On va casser la graine, annonca-t-il en forcant le ton.
Ils s’assirent a une terrasse, la derniere avant le retrecissement de la digue, la barriere de bois et l’entree dans les dunes investies de campeurs.
Un peu de sable volait, pousse par le vent.
La commande passee, David fit un clin d’oeil a Frank. Le coeur gonfle d’espoir, il l’interrogea au hasard, comme il le faisait si souvent autrefois, du temps de leur complicite. S’amusait-il ? Une longue promenade a velo, le lendemain, ca le tentait ? Se rappelait-il leurs interminables parties de cerf-volant sur la plage, quelques annees plus tot ? Puis taquin : Et les filles, tu les trouves a ton gout ? Pas encore de petite copine ?
Bien que son fils continuat a lui opposer une mine hostile, ne repondant qu’a contrecoeur, de sa voix qui muait, David s’efforca de ne rien laisser paraitre de sa deception, mais un sentiment de peur s’insinua en lui, le meme sentiment qu’il avait eprouve des mois auparavant, quand il avait commence a comprendre que ses jours, a la boite, etaient comptes.
– Bien, conclut-il en s’efforcant de sourire.