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Le lac ne en une nuit : et autres legendes du Vietnam

Auteur : Minh Tran Huy

Date de saisie : 18/09/2008

Genre : Folklore Moeurs et coutumes

Editeur : Actes Sud, Arles, France | LEMEAC, Montreal, Canada

Collection : Babel, n 888

Prix : 6.50 / 42.64 F

ISBN : 978-2-7427-7554-5

GENCOD : 9782742775545

Sorti le : 05/05/2008

  • La voix des auteurs : Minh Tran Huy – 18/09/2008

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Minh Tran Huy – 17/09/2009

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Enfant, Minh Tran Huy a decouvert les contes vietnamiens avec ravissement, comme on ouvre peu a peu des fenetres sur un monde inconnu et pourtant familier : le pays des origines. Seduite par leur melancolie douloureuse, elle s’en est souvenue au moment d’ecrire La Princesse et le Pecheur, un roman dans lequel deux jeunes gens lies au Vietnam d’une facon differente trouvent – ou s’inventent – une memoire commune dans les recits traditionnels. Le florilege ici propose, compose avec autant de simplicite que de delicatesse, pourrait etre le cahier que s’echangent Lan et Nam dans La Princesse et le Pecheur. Peuplees de charmantes princesses, de freres ennemis, de puissants rois, de fees, d’animaux magiques et de bons genies charitables, ces legendes se reconnaissent dans l’exaltation des vertus humaines fondamentales et l’affirmation de l’identite vietnamienne.

Nee en 1979 a Clamart, Minh Tran Huy a publie chez Actes Sud un premier roman fort remarque : La Princesse et le Pecheur (2007).

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

L’HOMME ET L’ESPRIT MALEFIQUE

Dans les temps anciens, raconte-t-on, un esprit malefique regnait en maitre absolu sur le monde. Toutes les terres, fecondes ou steriles, seches ou grasses, limoneuses ou argileuses, etaient siennes. Il les louait a prix d’or a l’homme, qui ne pouvait conserver pour lui qu’une toute petite part des recoltes que son labeur avait fait germer, pousser et murir. Plonge dans l’eau jusqu’aux genoux du matin au soir, il cultivait sans se plaindre le bon riz blanc, alors meme qu’il savait ne pouvoir se reserver que quelques poignees de grains. L’esprit, en effet, n’eprouvait nulle pitie a son egard et, son avidite allant croissant, il songeait qu’affamer l’homme n’etait pas un si mauvais calcul.
Une annee ou la recolte s’annoncait exceptionnelle, la pluie et le soleil s’etant accordes pour permettre aux rizieres de rendre tout ce qu’elles pouvaient, l’homme travailla le coeur plus leger, sachant que, cette fois, il aurait de quoi se nourrir, et au-dela de ses besoins. L’esprit furieux imagina alors de lui imposer une loi nouvelle : “Desormais, declara-t-il avec une moue des plus rusees, les termes du marche seront les suivants : Le sommet des plantes pour moi, et le bas pour toi.” L’homme tenta avec timidite de protester, mais l’esprit retorqua vertement : “Ce contrat n’est pas negociable. Il en sera comme je l’ai dit.” Et lorsque vint le moment de payer l’esprit, l’homme au desespoir lui versa boisseau de grains sur boisseau de grains tandis que lui revenaient en tout et pour tout des milliers de racines inutiles…