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Le livre des courtisanes : archives secretes de la police des moeurs (1861-1876)

Preface : Gabrielle Houbre

Date de saisie : 08/03/2007

Genre : Societe Problemes et services sociaux

Editeur : Tallandier, Paris, France

Collection : Archives contemporaines

Prix : 32.00 / 209.91 F

ISBN : 978-2847343441

GENCOD : 9782847343441

Sorti le : 07/12/2006

  • Les courtes lectures : Lu par Charlotte Thomas – 16/09/2008

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Charlotte Thomas – 12/02/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Alan Kerneuzet – 16/09/2008

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Alan Kerneuzet – 29/01/2007

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

M. Henri Ducasse, depute, a dit qu’il allait cesser ses relations avec Sarah Bernhardt attendu qu’il l’avait surprise avec le comte de Remusat, son collegue a l’assemblee (…). il a ajoute qu’il ne comprenait pas comment cette actrice consentait a recevoir des hommes aussi ages. Il est bon de remarquer que M. Ducasse est lui-meme tres age, et deplus infirme (…).

Les archives de la prefecture de police recelent un tresor inexploite : le registre BB/1 des femmes soupconnees de prostitution clandestine, fichees par les agents des moeurs dans les annees 1860-1870. Cette collection de rapports devoile l’identite des clients et constitue de ce fait un redoutable instrument de surveillance du Tout-Paris politique, financier et mondain. Plus de 400 cocottes, ou pretendues telles, y figurent, parfois accompagnees de leur photographie. Se distinguent des etoiles du demi-monde a l’image de Felicie Marmier, eleve de la Legion d’honneur, niece de general et d’academicien, qui compte parmi ses amants marquis, comtes, ducs et princes du Gotha. D’autres connaissent une destinee moins brillante comme Louise Fasquelle, malheureuse syphilitique qui n’est plus recue nulle part. Cette source, bien plus qu’un repertoire pittoresque et grivois de la prostitution huppee, eclaire les coulisses du Second Empire et des premieres annees de la Troisieme Republique. Gabrielle Houbre, specialiste d’histoire sociale et culturelle du XIXe siecle, met au jour avec ce registre les mecanismes erotiques et mercantiles a l’oeuvre dans cette societe. Qui sont ces courtisanes ? Qui sont leurs clients ? Comment vivent-elles ? Derriere l’eclat apparent et ephemere de vies soumises aux caprices de la fortune, on mesure la somme d’exploitations et de contraintes ; pour autant, se lit aussi la capacite a subvertir les regles du jeu venal au profit d’une possible liberte.

Enseignante-chercheuse a l’universite Paris VII-Denis Diderot, membre de l’Institut universitaire de France, Gabrielle Houbre a notamment publie La Discipline de l’amour : l’education sentimentale des filles et des garcons a l’age du romantisme (Pion, 1997), Histoire de Ici grandeur et de la decadence de Marie Isabelle, modiste, dresseuse de chevaux, femme d’affaires, etc. (Perrin, 2003), et Histoire des meres et filles (La Martiniere, 2006).

  • La revue de presse Thomas Wieder – Le Monde du 9 mars 2007

C’est au coeur du Second Empire, et jusqu’aux premieres annees de la IIIe Republique, que nous plonge aujourd’hui l’historienne Gabrielle Houbre avec ce document exceptionnel conserve aux archives de la prefecture de police de Paris : un registre de pres de 800 feuillets ou ont ete fichees, entre 1861 et 1876, un peu plus de quatre cents femmes supposees faire commerce de leur corps…
Guide par Gabrielle Houbre, qui navigue avec erudition dans ce que Balzac appelait “le monde equivoque des femmes interlopes”, on referme ce livre intrigue par une telle espionnite. Et curieux d’en savoir plus sur la vie quotidienne de ces “insoumises” – appelees ainsi car non inscrites comme prostituees aupres des services de police…

  • La revue de presse Dominique Kalifa – Liberation du 11 janvier 2007

Le livre risque donc de decevoir l’amateur d’ archives secretes ou d’anecdotes scandaleuses. Il se revele pourtant passionnant pour qui accepte d’entrer dans la grise et souvent repetitive litterature de la bureaucratie policiere. Redige juste apres la Commune, qui a incendie l’ancienne prefecture et ses milliers de boites d’archives, il temoigne d’abord de la necessite de reconstituer une memoire policiere et de retablir ainsi le passe d’une masse d’individus qui se croyaient alors a l’abri des verifications retrospectives…
Desormais disponible, cette source sera appreciee des historiens et de ceux que la periode, les pratiques policieres ou le demi-monde interessent. Au-dela de son objet propre, elle temoigne aussi de cette etrange capacite que possede l’archive a susciter a la fois l’intimite et la distance avec la vie de ceux qui nous ont precedes.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Portraits et pratiques des courtisanes

L’epoque s’y prete parfaitement depuis l’invention, en 1854, du portrait au format carte de visite par Eugene Disderi, permettant de produire beaucoup de cliches et a moindre prix. A partir de 1860, les petites images rectangulaires emportent l’adhesion enthousiaste des gens du monde et des celebrites et assurent du meme coup la fortune d’un nombre croissant de photographes : ils sont alors deux cent sept a posseder un atelier, contre cinquante-six en 1849. Le succes des photographies-cartes de visite se reflete largement dans le deploiement sauvage qui en est fait dans les vitrines de leurs auteurs, mais aussi dans celles des marchands d’estampes, des papetiers et des boutiques specialisees en curiosites. Henri d’Audigier, chroniqueur a La Patrie, s’offusque d’un tel spectacle qui exhibe les honnetes femmes en meme temps que les actrices : passe pour ces demoiselles qui se font croquer sous les costumes les plus incomplets et dans les attitudes les plus… pittoresques. […] Mais si j’avais l’honneur d’etre le mari de telle femme estimable et charmante, dont le portrait est en vente, il me repugnerait de penser que ce portrait peut tomber dans certaines mains et etre affiche dans certaines collections et de deplorer que pour un franc cinquante, le premier gandin qui passe sur le boulevard peut acquerir en photographie la plus jolie, la plus noble, la plus vertueuse femme de Paris. On comprend mieux alors la facilite avec laquelle le personnel de la prefecture a pu realiser son eloquente collection qui fait songer aux galeries des celebrites en vogue au meme moment : ainsi la photographie de Anna Deslion, a la pose etudiee – attitude reflechie, livre a la main et crinoline opulente rehaussee d’un imposant ruban raye -provient d’une planche de huit photographies-cartes de visite realisee en 1858 par Disderi. Des tirages ont ensuite ete proposes a la vente avant que l’un d’entre eux soit achete, ou plus vraisemblablement requisitionne, par les agents des moeurs, a moins qu’il n’ait ete fourni directement par la courtisane.