Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Le magasin des suicides

Auteur : Jean Teule

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Pocket, Paris, France

Collection : Pocket. Best, n 13546

Prix : 5.00 €

ISBN : 978-2-266-17927-0

GENCOD : 9782266179270

Sorti le : 06/03/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Anne Delphin de la librairie LE RAMEAU D’OR a LYON, France – 10/05/2008

Une histoire improbable, des personnages improbables… mais pourquoi pas ? Un univers loufoque, dans lequel evolue la famille Tuvache, experte es suicides, qui depuis 10 generations fournit tout le necessaire a ses “fideles” clients pour mettre fin a ses jours. Famille qui excelle dans l’education de ses deux premiers enfants en leur inculquant la maniere de penser a la Tuvache, tres depressive, sans aucune pointe d’optimisme. Mais voici que nait Alan, suite au test d’un de leurs produits (un preservatif perce), qui resiste a l’education que lui donne ses parents et les contamine de sa joie de vivre.
Un petit roman distrayant, drole, avec de bonnes trouvailles (ou un client demande s’il peut payer a credit et au commercant de lui retorquer “et pourquoi pas une carte de fidelite ?”), plaisant et a conseiller sans moderation !

  • Les presentations des editeurs : 31/03/2008

Vous avez rate votre vie ?
Avec nous, vous reussirez votre mort !

Imaginez un magasin ou l’on vend depuis dix generations tous les ingredients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospere dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable ou surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Une fable deconcertante, grincante et irrespectueuse, digne des Monty Python au mieux de leur forme, pour tous ceux qui voudraient mourir… de rire !
Valerie Gans McGarry – Madame Figaro

Les amateurs d’humour noir vont se regaler (…). Une farce aussi absurde que drole (…).
Agathe Fourgnaud – Le Point

Egalement chez Pocket : Darling, O Verlaine ! et Je, Francois Villon.

  • Les courts extraits de livres : 31/03/2008

C’est un petit magasin ou n’entre jamais un rayon rose et gai. Son unique fenetre, a gauche de la porte d’entree, est masquee par des cones en papier, des boites en carton empilees. Une ardoise pend a la cremone.
Accroches au plafond, des tubes au neon eclairent une dame agee qui s’approche d’un bebe dans un landau gris :
– Oh, il sourit !
Une autre femme plus jeune – la commercante -, assise pres de la fenetre et face a la caisse enregistreuse ou elle fait ses comptes, s’insurge :
– Comment ca, mon fils sourit ? Mais non, il ne sourit pas. Ce doit etre un pli de bouche. Pourquoi il sourirait ?
Puis elle reprend ses calculs pendant que la cliente agee contourne la voiture d’enfant a la capote relevee. Sa canne lui donne l’allure et le pas maladroits. De ses yeux mortels – obscurs et plaintifs – a travers le voile de sa cataracte, elle insiste :
– On dirait pourtant qu’il sourit.
– Ca m’etonnerait, personne n’a jamais souri dans la famille Tuvache ! revendique la mere du nouveau-ne en se penchant par-dessus le comptoir pour verifier.
Elle releve la tete, tend son cou d’oiseau et appelle :
– Mishima ! Viens voir !
Une trappe au sol s’ouvre comme une bouche et apparait, telle une langue, un crane degarni :
– Quoi ? Que se passe-t-il ?
Mishima Tuvache sort de la cave avec, entre les bras, un sac de ciment qu’il depose sur le carrelage tandis que sa femme lui raconte :
– La cliente pretend qu’Alan sourit.
– Qu’est-ce que tu dis, Lucrece ?… Epoussetant un peu de poudre de ciment sur ses manches, il s’approche a son tour du nourrisson qu’il contemple longuement d’un air dubitatif avant de diagnostiquer :
– Il a surement la colique. Ca leur dessine des plis de levres comme ca…, explique-t-il en remuant ses mains a l’horizontale, l’une par-dessus l’autre devant son visage. On peut parfois confondre avec des sourires mais ca n’en est pas. Ce sont des grimaces.
Puis il glisse ses doigts sous la capote du landau et prend l’aieule a temoin :
– Regardez. Si je pousse les commissures de ses levres vers le menton, il ne sourit pas. Il fait la gueule comme son frere et sa soeur des qu’ils sont nes.
La cliente demande :
– Relachez.
Le commercant s’execute. La cliente s’exclame :
– Ah ! vous voyez bien qu’il sourit.
Mishima Tuvache se redresse, bombe le torse et s’agace :
– Qu’est-ce que vous vouliez, vous ? !
– Une corde pour me pendre.
– C’est haut de plafond, la ou vous habitez ? Vous ne savez pas ? Tenez, prenez ca : deux metres devraient suffire, continue-t-il en sortant d’un rayonnage un lien de chanvre. Le noeud coulant est deja fait ! Vous n’aurez plus qu’a glisser votre tete dedans…
Tout en payant, la dame se tourne vers le landau :
– Ca met du baume au coeur de voir un enfant qui sourit.
– Oui, oui, c’est ca ! rale Mishima. Allez, rentrez chez vous. Vous avez mieux a faire, maintenant, la-bas.
La dame agee et desesperee s’en va, la corde enroulee autour d’une epaule sous un ciel chagrin. Le commercant se retourne dans le magasin :
– Hou, bon debarras ! Fait chier, celle-la. Il ne sourit pas.
La mere est restee pres de la caisse suspendue de la voiture d’enfant qui remue toute seule. Le grincement des ressorts se mele a des gazouillis et des eclats de rire emanant de l’interieur du landau. Plantes de chaque cote, les parents se regardent catastrophes :
– Merde…