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Le Maure d’Andalousie

Auteur : Jose Antonio Gonzalez Alcantud

Traducteur : Jean-Pierre Auguin

Date de saisie : 02/07/2007

Genre : Histoire

Editeur : l’Archange Minotaure, Apt, France

Collection : Aux Andalousies…

Prix : 25.00 / 163.99 F

ISBN : 2-914453-64-7

GENCOD : 9782914453646

Sorti le : 29/05/2007

  • La voix des editeurs : Jean-Michel Cornu de Lenclos – 30/06/2007

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Jean-Michel Cornu de Lenclos – 29/06/2007

  • Les presentations des editeurs : 30/06/2007

LES RAISONS D’UNE EXCLUSION & LA FORMATION D’UN STEREOTYPE

Plus que jamais, historiens et ecrivains debattent de l’importance de l’apport musulman dans la constitution de l’entite espagnole et dans celle de l’Europe.
Ce livre traite cette question a travers l’histoire et s’interroge sur le devenir mediterraneen. L’auteur decrit les mecanismes de cette alterite souvent invoquee, mecanismes rarement analyses du point de vue anthropologique. Il examine tour a tour l’echec de la rebellion des Morisques apres la chute de Grenade, la realite et les limites du legs andalou, l’emergence rituelle et imaginaire de la question maure, les resurgences actuelles de l’alterite musulmane.
Cet ouvrage eclaire en retour l’actualite sociale : les migrants de Gibraltar, Maures pour la plupart, sont la pour nous le rappeler chaque jour.

L’auteur est professeur titulaire de la chaire d’anthropologie de l’Universite de Grenade. Il vient de publier El orientalismo desde el Sur chez Anthropos.

En couverture, composition de Veronique Malcourant d’apres Goya. La gravure originale est tiree du celebre opuscule de Nicolas Fernandez de Moratin, Carta historica sobre el origen de la fiesta de torear en Espana (Mil et 1801). La noblesse chevaleresque du Maure est soulignee par Moratin comme la cle du transfert de la tauromachie a la noblesse castillane. Cf. chap. VII : Toros et Moros, le discours des origines comme metaphore culturelle.

OUVRAGE PUBLIE AVEC LES CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DU LIVRE & DU MINISTERE ESPAGNOL DE LA CULTURE

  • Les courts extraits de livres : 30/06/2007

MONSTRES, IMAGINATION ET HISTOIRE LES CHEMINS DE L’OCCULTATION

Face a l’Arabe heroique se presenta, des le XVIe siecle, le Maure du commun, exercant d’humbles metiers et, comme tel, objet de moult railleries jusqu’a l’epoque actuelle (illustration II). Ces Maures souhaitaient passer inapercus et se faire oublier, et dans ce dessein leur invisibilite prit differents chemins d’occultation, l’un d’eux le romance est ici expose.
Nous n’avons d’autre ambition que celle d’introduire la lecture d’un romance baroque de cordel qui a pour theme central un monstre ; nous ne pretendons pas, par consequent, nous aventurer dans la toujours denommee jungle des pliegos de cordel. L’exemplaire dont nous traiterons, conserve a la Bibliotheque Generale de l’Universite de Grenade, a pour titre : Portrait d’un monstre, engendre dans le corps d’un homme ledit Hernando de la Haba, habitant du hameau de Fereyra, Marquisat du Cenete a qui on avait jete un sort. Francisca de Leon, sage-femme, l’accoucha, le vingt et un juin 1606 par les voies naturelles. Il parut a Barcelone chez l’editeur Sebastian Cornellas en 1606; son auteur : Pedro Manchego.
En couverture figure une gravure (illustration III) representant un authentique idiot du village monte sur un cheval de bois, le chef orne de plumes a la maniere des Indiens, et harcele par un groupe d’enfants et un chien, l’un des enfants allant jusqu’a le frapper avec un baton. Nous savons que beaucoup d’imprimeurs de pliegos reutilisaient les gravures qui accompagnaient certains textes, afin de reduire les couts d’edition ; n’oublions pas que par rapport au livre, par nature volumineux et cher, la litterature de cordel se caracterisait non seulement par sa plus grande brievete, mais aussi par son tres bas prix. Manuel Alvar dit que les imprimeurs devaient se livrer a de veritables acrobaties pour reduire les investissements, usant de tout ce qu’ils avaient sous la main : mentonnieres disposees pour d’autres textes, ou pour ceux-ci, mais bien peu couteux, litterature traditionnelle ou populaire, et dans le cas d’un auteur vivant, la moins chere possible […] Comme biens vacants etaient repris planches et textes (Alvar, 1989, 92). C’est, semble-t-il, le chemin suivi par la gravure de notre romance, s’il n’en est pas moins vrai qu’il existe une connexion sociale entre la monstruosite narree dans le romance et celle du dessin : l’idiot du village comme expression de l’anormalite, dont le role a mi-chemin du redoutable et du burlesque, fascine dans l’agora de la culture traditionnelle. Si le monstre du romance avait survecu a son accouchement, nul doute qu’il aurait occupe la place de l’idiot du village. De l’auteur du romance nous ne savons rien sinon qu’il devait tres probablement s’agir d’un cristiano viejo (chretien de souche), appartenance deductible de la narration en soi. Il faut en tout cas souligner que le texte ecrit a en general, et ce romance est conforme a l’usage, priorite sur l’illustration (Amades, 1952, 136). Les romances consacres a des phenomenes rares et merveilleux ne furent pas tres nombreux, etant plus etrangers que ceux consacres a d’autres themes. En somme, Don Agustin Duran, dans la collection rassemblee par ses soins, en reproduit deux qui font mention d’accouchements miraculeux. L’un d’eux, absolument imaginaire, dont l’action se deroule dans la lointaine Irlande, fut publie au XVe siecle sous le titre Cas rare et miraculeux d’une femme qui mit au monde trois cent soixante-dix enfants en un seul accouchement.