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Le monde hippie : de l’imaginaire psychedelique a la revolution informatique

Auteur : Frederic Monneyron | Martine Xiberras

Date de saisie : 26/04/2008

Genre : Sociologie, Societe

Editeur : Imago, Paris, France

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-84952-061-1

GENCOD : 9782849520611

Sorti le : 25/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 08/05/2008

C’est a San Francisco, dans les annees 60, que prend naissance le mouvement hippie. Annonce par la beat generation, porte par les festivals de musique – tel le legendaire Woodstock -, par la contestation de la guerre au Viet-Nam et le slogan peace and love, celui-ci allait rapidement se repandre parmi la jeunesse et investir le vieux continent. Voyages vers l’Orient, drogues et mysticismes, communion avec la nature, liberation du corps et amour libre, vie en communautes…, l’utopie deferle comme une vague mais finit par se dissiper presque aussi vite qu’elle etait apparue. Pourtant plus de quarante ans apres, son pouvoir de fascination reste grand, sinon intact.

Frederic Monneyron et Martine Xiberras analysent avec finesse cet elan psychedelique, qui se manifeste comme une veritable insurrection de l’imaginaire. Ils en retrouvent les racines, en exposent les themes, en presentent les personnalites emblematiques, et surtout en decelent les multiples prolongements jusqu’a nos jours. Car, des decennies plus tard, c’est encore ce reve de quelques annees incandescentes que l’on retrouve – certes transforme, elabore, voire parfois deforme – a la base des evolutions, des metamorphoses, des nostalgies et des aspirations de nos societes.

Frederic Monneyron est professeur de litterature generale et comparee a l’Universite de Perpignan-Via Domitia.

Martine Xiberras est maitre de conferences de sociologie a l’Universite Paul Valery-Montpellier III.

  • Les courts extraits de livres : 08/05/2008

Extrait de l’introduction :

Au milieu des annees 60, naissait et se developpait, sur les bords du Pacifique, a San Francisco, la revolution psychedelique, qui fut appelee rapidement le mouvement hippie. Les journalistes, notamment ceux de Time Magazine, qui cherchaient un terme synthetique pour designer ces jeunes contestataires manifestant et surtout dansant dans les ballrooms et les parcs de la ville, emprunterent le terme hipster au vocabulaire du jazz, en le rajeunissant et en le transformant. Une autre denomination, celle de Flower Power, fut forgee a partir du moment ou le mouvement trouva ses marques et ses emblemes, a la fois par son style politique de contestation pacifique et son style esthetique de jeunes gens aux cheveux longs et fleuris… Quel que soit le nom qu’on juge bon de lui donner, ce mouvement, qui exerca aussitot une seduction tres importante sur la jeunesse occidentale et suscita les commentaires les plus passionnes, apres s’etre etendu aux Etats-Unis et a l’Europe, finit par se dissoudre, presque aussi vite qu’il etait apparu. Pourtant quarante ans apres, son pouvoir de fascination reste grand, sinon intact. Les jeunes generations, quand bien meme elles n’auraient qu’une connaissance tres imprecise de ce qui s’est passe a San Francisco dans les Sixties, ne sont pas sans manifester pour ce phenomene un interet bien superieur a tout autre mouvement social de l’histoire contemporaine. Pourquoi cet interet ? Et pour ceux, plus ages, qui, d’une maniere ou d’une autre furent touches par les reveries de l’age psychedelique, pourquoi restent-ils souvent nostalgiques d’une epoque qui n’est pas seulement celle d’une jeunesse qui a fui ? Ce sont ces questions qui sont aux origines memes de ce livre.
On a certes beaucoup ecrit alors, et plus recemment, sur le mouvement hippie, sur la contre-culture a laquelle il donna largement naissance, ou sur les mouvements de contestation des annees 60 auquel il appartient. Journalistes ou sociologues, americains mais aussi europeens, se sont precipites en Californie pour saisir dans son actualite et sur le vif un phenomene dont on mesurait le caractere exceptionnel et dont on pressentait l’importance dans le paysage social contemporain. L’evaluation, positive ou negative, fut souvent a la hauteur de la nouveaute du phenomene et deboucha sur des formes d’enquete journalistique ou sociologique novatrices. Slouching towards Bethlehem de l’ecrivain americain, et californien, Joan Didion ou Journal de Californie du sociologue francais Edgar Morin, sont respectivement d’excellents exemples de ce nouveau journalisme inaugure quelques annees plus tot par Tom Wolfe et de la sociologie du present commence avec L’Esprit du temps, en 1962. Mais, malgre tout, aucun livre, aucun article, n’a vraiment reussi a rendre compte de la magie, passee, presente et, sans doute, a venir du mouvement. Peut-etre, precisement, parce qu’on a voulu l’apprecier seulement comme un mouvement social et que l’on n’a ni cherche a etudier les elements ideologiques et l’imaginaire qui le sous-tendaient, ni, par consequent, songe a l’elargir aux dimensions d’un mouvement culturel de long terme. C’est ce qu’une certaine distance historique rend a l’evidence possible aujourd’hui.
On parle desormais volontiers de l’utopie hippie et on a meme pu classer celle-ci dans les mysticismes. Utopie, mysticisme, le phenomene hippie l’est assurement et, des lors, tout autant qu’un phenomene social majeur du XXe siecle, il doit etre considere comme une formation imaginaire qu’il convient donc d’etudier avec des methodes appropriees et eprouvees. S’il s’agissait d’un phenomene seulement social, differentes methodes d’approche auraient pu s’averer praticables, par exemple celle d’Alain Touraine et de son ecole. Mais, meme si celle-ci, qui etudie la dimension sociale d’un mouvement a travers ses faits, ses pratiques et ses activites, s’attarde aussi sur les representations collectives et les valeurs ethiques, ideologiques ou culturelles qu’elles prennent, elle ne saurait suffire pour un phenomene plus large qui ne se reduit pas a ses aspects proprement sociaux.