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Le nouveau proletariat intellectuel

Auteur : Francois Moureau

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Francois Bourin editeur, Paris, France

Collection : Place de la Sorbonne

Prix : 15.00 €

GENCOD : 9782849410608

  • Le journal sonore des livres : Emmanuelle Cousin – 23/01/2007

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Emmanuelle Cousin – 23/01/2007

  • Les presentations des editeurs : 15/01/2007

Comment se fait-il qu’en France, a l’aube du troisieme millenaire, des dizaines de milliers d’anciens etudiants titulaires de diplomes universitaires prestigieux ne trouvent que precarite et chomage a l’issue de leurs annees d’etudes ? Faits, chiffres et anecdotes a l’appui, Francois Moureau nous montre qu’il n’y a pas que les jeunes sans formation qui souffrent du chomage. Il nous decrit l’enorme machine a formater universitaire qui, a l’arrivee, sort un produit, certes de qualite, mais fort couteux pour la communaute nationale et trop souvent inadapte aux besoins du marche de l’emploi. Il nous depeint egalement le triste sort d’etudiants qui vivent, des annees durant, de petits boulots sous-payes afin de poursuivre leurs etudes et qui, l’age aidant, se trouvent peu a peu exclus du monde du travail. Depuis 1968, l’universite francaise est allee, de replatrage en replatrage, vers une professionnalisation notablement illusoire. Le temps est sans doute venu de revisions dechirantes. Francois Moureau suggere plusieurs pistes : une orientation selective a l’entree de l’universite et a celle de chaque cycle de formation ; des cycles universitaires courts suivis, apres quelques annees, de reprises d’etudes tenant compte de la valorisation des acquis professionnels; une refonte du systeme d’aide aux etudiants qui ne reposerait pas uniquement sur des criteres sociaux, mais combinerait aide publique ciblee et investissements prives. Un court essai, tonique et convaincant, pour mettre fin a l’inadequation persistante et scandaleuse du systeme universitaire avec les besoins et les realites de la vie active.

Francois Moureau, professeur a la Sorbonne (Paris IV), t specialiste de litterature francaise du XVIIIe siecle et ancien directeur du service de formation continue de son universite. Directeur des Presses de l’Universite Paris-Sorbonne (PUPS), il a publie une cinquantaine d’ouvrages.

  • Les courts extraits de livres : 15/01/2007

PREMIERE ETAPE VERS L’ECHEC : LES ILLUSIONS DU BACCALAUREAT POUR TOUS

Chaque annee, les trompettes des medias font etat de pourcentages mirifiques de reussite au baccalaureat et suggerent que, bientot, aucun Francais n’echappera au diplome tant recherche. Le mot d’ordre Tous bacheliers serait l’une des cles de l’avenir. A voir villes, campagnes et banlieues se ruer sur le produit miracle, on hesite evidemment a jouer les Cassandre. Sans le bac, tu n’es rien, dit-on au lyceen tetanise. Avec le bac sera-t-il quelque chose ? La reponse n’est pas simple.
En attendant, les chiffres parlent. Le cru 2006 ne deroge pas a ces fastes annuels. Une armee de 139 733 examinateurs dans 4052 lycees lurent, interrogerent, sonderent ame et coeur et parfois les connaissances de 640810 candidats des series generale, technologique et professionnelle. On imagine l’angoisse des candidats, la febrilite des parents et l’etat nauseeux des examinateurs reduits a etre une machine a lire et a noter, dans le moindre delai naturellement, des avalanches de copies ou se deverse le produit assez mal digere de sept ans d’etudes. Mais comme chaque annee, le miracle se produisit. Et cette fois-ci, avec une evidence encore plus aveuglante : la reussite etait au bout du stylo, et bien maladroit etait celui qui restait au bord de la route. La presse annonca meme le baccalaureat le plus facile depuis 1968 (Le Figaro, 10 juillet 2006) : seuls quelques Martiens autistes auraient pu ne pas saisir l’allusion. On parla aussi de consignes discretes donnees aux examinateurs pour ne pas desesperer les cours de lycee. Ce que l’on avait appris dans la rue participait d’une certaine forme de controle continu dont l’examen pouvait tenir compte : je suis bien sur que ces consignes n’existerent jamais que dans l’imagination de quelques journalistes. Ou, pour le moins, elles furent orales.