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Le parfum du jour est fraise

Auteur : Pascale Petit

Cela commence ainsi : « Vous allez avoir à construire un village. Pour construire le village, vous allez avoir un certain nombre de choses à respecter et de consignes à suivre. La moitié droite est la moitié droite du village. La moitié gauche est la moitié gauche du village. L’entrée est face à vous, la sortie est à l’opposé. » Puis, sont empruntées au fur et à mesure toutes les possibilités du langage pour manipuler son « auditoire » : l’affirmation, la démonstration, l’insinuation, la menace, la prédiction, la litanie, la répétition, la contradiction masquée, le non-sens.

L’exagération, l’exacerbation, l’emballement de tous ces moyens constituent une façon d’augmenter la pression, de poser aussi la question du langage et de retourner tous ces discours contre eux-mêmes ou contre ceux qui les emploient – jusqu’à une sorte de final qu’on voudrait paradoxalement libérateur. On reconnaît ainsi tout au long du texte les formes de discours du côté où la parole est pervertie – discours politiques, discours des sectes, slogans publicitaires, jargons divers, paroles spirituelles ou paroles de coach – où la réalité est prise chaque fois sous le prisme grâce auquel on entend la déformer selon les objectifs voulus – sciemment ou non. Pour notre plus grand bonheur possible dans le meilleur des mondes possibles.