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Le passage de la nuit

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Helene Morita | Theodore Morita

Date de saisie : 08/06/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger, n 4136

Prix : 7.40 / 48.54 F

ISBN : 978-2-264-04685-7

GENCOD : 9782264046857

Sorti le : 05/06/2008

  • Les presentations des editeurs : 09/06/2008

Dans un bar, Mari est plongee dans un livre. Elle boit du the, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconnait. Au meme moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort a poings fermes, sans savoir que quelqu’un l’observe. Autour des deux soeurs vont defiler des personnages insolites : une prostituee blessee, une gerante d’hotel vengeresse, un informaticien desabuse, une femme de chambre en fuite. Des evenements bizarres vont survenir : une television qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets… A mesure que l’intrigue progresse, le mystere se fait plus dense, suggerant l’existence d’un ordre des choses puissant et cache. Le temps d’une nuit, Haruki Murakami nous entraine dans un Tokyo sombre, hypnotique, aux premices d’un drame.

Ne a Kyoto en 1949, Haruki Murakami est le traducteur japonais de Scott Fitzgerald, Raymond Carver et John Irving. Ne supportant pas le conformisme de la societe japonaise, il s’est expatrie en Grece, en Italie puis aux Etats-Unis. En 1995, apres le tremblement de terre de Kobe et l’attentat du metro de Tokyo, il a decide de rentrer au Japon. Haruki Murakami a rencontre le succes des la parution de son premier roman, Ecoute le chant du vent (1979), qui lui a valu le prix Gunzo. Suivront notamment Chroniques de l’oiseau a ressort, Au sud de la frontiere, a l’ouest du soleil, Les Amants du Spoutnik, Kafka sur le rivage et Le Passage de la nuit. Plusieurs fois favori pour le prix Nobel de litterature, Haruki Murakami est aujourd’hui un auteur culte au Japon et son oeuvre est traduite dans plus de trente pays.

Le Passage de la nuit est un beau roman sur le regard en biais, sur le coup d’oeil, sur les yeux qui s’attardent. […] Et Murakami sait comment rendre la nuit : avec la justesse des profondeurs egarees a la surface des choses.
Nils C. Ahl, Le Monde

Traduit du japonais par Helene Morita et Theodore Morita

“Grands detectives” dirige par Jean-Claude Zylberstein

  • Les courts extraits de livres : 09/06/2008

LA VILLE S’OFFRE A NOTRE REGARD.
Ce paysage urbain, nous l’observons a travers les yeux d’un oiseau de nuit qui volerait tres haut dans le ciel. Depuis ce point de vue panoramique, la ville apparait comme une gigantesque creature. Ou meme comme un agregat de corps vivants. S’etendant jusqu’a d’insaisissables confins, des vaisseaux sanguins, innombrables, irriguent les cellules, les regenerent inlassablement. Les vaisseaux convoient des informations nouvelles, recyclent les anciennes. Donnent naissance a des consommations nouvelles, recyclent les anciennes. Creent de nouvelles contradictions, effacent les anciennes. En tous lieux, les corps agreges clignotent au rythme des battements du coeur, s’echauffent, se meuvent. L’heure est proche de minuit, le pic d’activite est passe mais les echanges elementaires indispensables au fonctionnement vital restent incessants. Tel un continuo, la ville bruit. Monotone, monocorde, integrant cependant des pressentiments.
Une zone particulierement lumineuse attire notre regard. Lequel opere la mise au point. Effectue une descente vers l’amas lumineux. C’est une mer de neons multicolores. Un centre-ville. Les murs d’images sur les buildings se taisent avec l’arrivee de minuit ; les haut-parleurs des magasins pourtant ne relachent pas leur flot de basses, teinte de hip-hop. Un enorme game-center encombre de jeunes. Exuberance de sons electroniques. Un groupe d’etudiants, de retour de soiree. Des filles, moins de vingt ans, blond platine, exhibant leurs jambes fraiches sous leurs minijupes. Des salary-men qui se pressent sur les passages pietons, pour attraper le dernier train. Malgre l’heure, les rabatteurs des karaokes donnent de la voix. Un monospace tune, noir, glisse lentement le long du boulevard, jaugeant la marchandise. Vitres opaques, equipees d’un film noir. On dirait une de ces creatures du fond des mers, pourvues d’une carapace et d’appendices respiratoires speciaux. Deux jeunes policiers font leur ronde sur le boulevard, l’air tendu ; personne ne leur prete attention. A cette heure-la, la ville fonctionne selon des principes de base qui lui sont propres. C’est la fin de l’automne. Il n’y a pas de vent mais l’air est froid.
Encore un tout petit peu, et ce sera un autre jour.