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Le proscrit

Auteur : Sadie Jones

Traducteur : Vincent Hugon

Date de saisie : 20/01/2009

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 23.00 / 150.87 F

ISBN : 978-2-283-02364-8

GENCOD : 9782283023648

Sorti le : 08/01/2009

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  • Le choix des libraires : Choix de Nadine Dumas de la librairie L’ESPRIT LARGE a GUERANDE, France – 20/01/2009

Angleterre, les annees 50. Un petit village du Surrey, tout est beau calme, bien pense. Lewis vit aupres de sa mere des moments d’insouciance. Les familles vivent heureuses, tout semble etre parfait jusqu’au jour ou Lewis assiste impuissant a la noyade de sa maman adoree. Superbe premier roman. La relation du pere et du fils est extremement bien vue et ciselee.

  • Les presentations des editeurs : 01/01/2009

Dans cette petite ville du Surrey, au sud de Londres, pendant les annees cinquante, tout le monde va a l’eglise, joue au tennis et fete Noel dans l’insouciance et l’alcool ; les jobs s’obtiennent au cours de conversations de quelques minutes au coin du feu, et les jardiniers sont aux petits soins pour les massifs de fleurs des riches demeures victoriennes. Mais cette facade hypocrite et fragile se fissure a partir du jour ou le petit Lewis Aldridge, age d’une dizaine d’annees, assiste, impuissant et terrifie, a la noyade de sa maman adoree, libre d’esprit et anticonformiste. Prive du reconfort d’un pere a peine revenu de la guerre, homme froid, autoritaire et accable par le veuvage, Lewis se retracte dans la douleur et sombre peu a peu dans le doute, la solitude, l’automutilation, puis la delinquance…
En 1957, quand il sort de prison ou il vient de passer deux ans pour avoir incendie l’eglise de Waterford, il n’a que dix-neuf ans… Son retour chez son pere, remarie et peu presse de revoir son fils, fera non seulement exploser sa famille, mais une communaute tout entiere…

Traduit de l’anglais par Vincent Hugon

Sadie Jones a ete scenariste pendant quinze ans. Elle est nee a Londres ou elle vit avec son mari et leurs deux enfants.
Le Proscrit est son premier roman ; enorme succes de librairie outre-Manche, il a ete finaliste du prix Orange 2008, et les droits cinematographiques viennent d’etre vendus dans la perspective d’un film par John Madden, le realisateur de Shakespeare in love.

  • Les courts extraits de livres : 01/01/2009

Extrait du prologue :

Aout 1957

Personne ne l’attendait au-dehors. Il fit la queue derriere trois autres detenus et les regarda recuperer leurs effets, signer les documents requis, puis sortir – tous de la meme maniere -comme s’ils etaient incapables de prendre la moindre initiative alors qu’ils avaient reve depuis si longtemps de ce moment et comme s’ils n’incarnaient plus qu’un seul et meme individu.
Quand vint son tour, il recupera son portefeuille, son rasoir et les habits qu’il avait sur lui a son arrivee. On lui fit signer un recu avant de lui remettre ses affaires, en meme temps que le mandat postal que lui avait adresse son pere, puis on l’envoya se changer dans une piece voisine. Ses vetements ne lui allaient plus ; son pantalon etait trop court de deux bons centimetres et les manches de sa chemise denudaient ses poignets.
Il retourna jusqu’a la table, fourra son portefeuille dans lequel il avait range le mandat dans une de ses poches arriere, le rasoir dans la seconde, et patienta pendant qu’on deverrouillait a nouveau toutes les portes pour le laisser passer. Sans un regard pour les gardiens, il traversa la cour jusqu’a la petite porte qui se decoupait dans le mur a cote du portail. On lui ouvrit et il deboucha dans la rue.

Il n’y avait pas trace des hommes qui l’avaient precede, ni de qui que ce soit d’autre d’ailleurs. Il ne s’en emut guere et relativisa. Il avait certes vecu dans l’attente, mais il se languissait moins de sa liberation que de revenir chez lui ; deux ans, ce n’est pas si long, meme si, quand on a entre dix-sept et dix-neuf ans, cela en parait sans doute plus qu’a d’autres epoques de la vie.
Ce furent en premier lieu les couleurs qui l’assaillirent, les couleurs et l’eclat du soleil. Son regard portait loin et il apercut une petite voiture bleu pale qui tournait a une intersection.
Il parcourut la rue des yeux et se dit qu’il aurait pu rester la indefiniment, a respirer l’air pur, les yeux perdus dans le vague, a contempler les briques des maisons, de diverses nuances de jaune et de marron, les brins d’herbe entre les dalles du trottoir et a gouter le sentiment d’etre seul. Puis il se souvint de la prison qu’il laissait derriere lui et eprouva le besoin de s’en eloigner. Il songea alors qu’il n’avait rien connu d’autre depuis longtemps et faillit retourner sur ses pas, mais il se forca a ne pas y penser et s’avanca dans la direction ou la voiture bleu pale avait disparu, abandonnant derriere lui le penitencier.