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Le public fantome

Auteur : Walter Lippmann

Preface : Bruno Latour

Traducteur : Laurence Decreau

Date de saisie : 10/10/2008

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Demopolis, Paris

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-35457-013-2

GENCOD : 9782354570132

Sorti le : 18/09/2008

  • Les presentations des editeurs : 08/10/2008

Bruno Latour nous invite a decouvrir Le Public fantome, publie par Walter Lippmann en 1925, auquel John Dewey s’etait hate de repondre par le Public et ses Problemes. Le Public fantome, c’est chacun d’entre nous, citoyens plonges dans une obscurite profonde lorsqu’il s’agit de nous meler de politique. En politique selon Lippmann, il y a d’abord des objets de dispute, des imbroglios, des illusions. Mais Lippmann ne cede rien de l’ideal democratique. Sa conception de la liberte, des publics et de la lutte contre les partisans est novatrice et fascinante pour le lecteur contemporain. Ce livre inedit en francais est une veritable cure de desintoxication en matiere de reflexion politique.

Bruno Latour est professeur a Sciences Po dont il est directeur adjoint. www.bruno-latour.fr

Walter Lippmann (1889-1974) est un commentateur politique americain. Diplome de Harvard, il devient journaliste et s’eloigne du socialisme pour se rapprocher du liberalisme. En 1937, son livre La Cite libre sera l’element declencheur du colloque Walter Lippmann.

  • La revue de presse Gilles Bastin – Le Monde du 10 octobre 2008

Telle est en effet la these centrale de ce texte fameux, publie une premiere fois aux Etats-Unis en 1925 : le monde est devenu trop complexe pour que le “public” puisse s’en emparer, le discuter, se faire une opinion a son propos. Pour que naisse, en somme, le citoyen eclaire imagine par la democratie liberale progressiste a laquelle Lippmann lui-meme adhera dans sa jeunesse. Sous l’effet de la mondialisation des echanges economiques et de la complexification des interdependances politiques, le nombre des “problemes” qui se posent au public augmente, nous dit Lippmann. Pire : la capacite du public a les resoudre diminue…
Ce livre marque indeniablement un jalon dans le developpement de la pensee liberale conservatrice au XXe siecle. Du reste, le soutien apporte a sa traduction francaise par la Fondation pour l’innovation politique, un des lieux de reflexion de l’actuelle droite francaise, pourrait signaler que les idees de Lippmann conservent une certaine force politique. Il est indeniable, en tout etat de cause, que les problemes abordes dans ce livre – abstention electorale, biais mediatiques, developpement de l’expertise – nous sont toujours contemporains.

  • Les courts extraits de livres : 08/10/2008

1. L’homme desenchante

Le citoyen d’aujourd’hui se sent comme un spectateur sourd assis au dernier rang : il a beau etre conscient qu’il devrait preter attention aux mysteres qui se deroulent la-bas sur la scene, il n’arrive pas a rester eveille. D’une facon ou d’une autre, ce qui se passe le concerne, il le sait bien. Qu’il s’agisse des regles et reglements omnipresents, des impots a payer chaque annee ou des guerres qui surviennent a l’occasion, tout conspire a lui rappeler qu’il est pris de toute part dans le cours des evenements.
Et pourtant, comment se convaincre que les affaires publiques sont aussi les siennes ? L’essentiel lui en demeure invisible. Les lieux ou tout se passe sont des centres lointains d’ou des puissances anonymes tirent les ficelles derriere les grandes scenes publiques. En tant que personne privee, notre citoyen ne sait pas vraiment ce qui s’y fait, ni qui le fait, ni ou tout cela le mene. Aucun des journaux qu’il lit ne decrypte ce monde de maniere a le lui rendre intelligible; aucune ecole ne lui a appris comment se le representer ; bien souvent, ses ideaux sont en decalage avec lui; et ce n’est pas d’ecouter des discours, d’enoncer des opinions et de voter qui le rendent capable pour autant de tenir les commandes, il s’en apercoit bien. Il vit dans un monde qu’il ne peut voir, qu’il ne comprend pas et qu’il est incapable de diriger.