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Le roman algérien de langue francaise (1950-1990) ; thématique

Auteur : Rabah Soukehal

Les conditions de l’émergence de la littérature algérienne de langue française étaient difficiles (la guerre d’Algérie) et lui réservaient un sort particulier, celui de littérature de combat.
L’affrontement entre l’écrivain et le système colonial. Malheureusement, après l’indépendance du pays en 1962, l’affrontement continuera, mais cette fois-ci entre l’écrivain et les pouvoirs en place. Dans un pays en lutte contre ses propres démons (surtout ceux qu’il a enfantés !), l’écrivain signe un pacte avec tout ce qui remue, tout ce qui se métamorphose. Il devient l’oeil qu’on ne peut pas tromper, braqué à la manière d’un projecteur de cinéma sur le mouvement continuel qu’enregistre le pays à l’intérieur et à l’extérieur.
En 1986, Kateb Yacine déclarait à un universitaire oranais : Ici (en Algérie) l’écrivain ne peut s’abstraire de la vie sociale. C’est radicalement impossible et je le défie de le faire à moins qu’il ne soit milliardaire. Nous vivons un combat. Nous ne sommes pas dans une Algérie idyllique, dans une Algérie de nos rêves. Nous sommes dans une Algérie qui est réelle et qui est invivable. Pour nous, il est vital de lutter.
Ceci n’est pas un choix ou une vision purement intellectuelle, mais une lutte qui nous est imposée. Comme le disait justement Rachid Mimouni et qui rejoint le point de vue de son aîné Kateb : je crois à l’écrivain comme pure conscience, probité intégrale, qui propose au miroir de son art une société à assumer ou à changer. Le rôle qu’endosse l’écrivain donne à la littérature – injustement taxée d’exotisme – une autre dimension : celle de littérature du mouvement.
C’est ce qui fait qu’elle bouge, évolue, change et s’adapte continuellement. Et c’est ce que tente de démontrer cet essai, qui met en lumière une richesse thématique, profonde et insoupçonnable, digne des grandes littératures.