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Le soleil se couche a Sao Paulo

Auteur : Bernardo Carvalho

Traducteur : Genevieve Leibrich

Date de saisie : 06/06/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Metailie, Paris, France

Collection : Bibliotheque bresilienne

Prix : 17.00 / 111.51 F

ISBN : 978-2-86424-658-9

GENCOD : 9782864246589

Sorti le : 21/08/2008

  • Les presentations des editeurs : 07/06/2008

A Sao Paulo, un soir, la proprietaire d’un restaurant japonais aborde l’un des derniers consommateurs et lui demande : “Vous etes ecrivain ?” Cette question inattendue va transformer le client en narrateur d’une histoire vertigineuse qui debute dans le Japon de la Seconde Guerre mondiale et se poursuit aujourd’hui au Bresil. Setsuko raconte un banal triangle amoureux : une danse de mort entre une jeune fille de bonne famille, le fils d’un industriel et un acteur ambigu et obscur. Puis, progressant tortueusement vers son centre secret, la trame devoile une autre intrigue faite d’arrogance et d’humiliation, dont les racines plongent dans l’histoire du Japon en guerre et ses consequences sur l’emigration japonaise au Bresil. Peu a peu le narrateur prend conscience que ce recit, concernant un paria, un cousin de l’empereur et l’ecrivain Junichiro Tanizaki, est aussi sa propre histoire d’emigre japonais de deuxieme generation, fondee sur l’humiliation et l’exil. Il ira jusqu’au bout de cette narration surprenante qui est aussi sa seule chance de redemption.

Bernardo Carvalho est ne a Rio de Janeiro en 1960. Il est ecrivain et journaliste, et vit a Sao Paulo. Il est l’auteur, entre autres, de Aberration, Mongolia et Neuf nuits. Ses livres sont traduits dans 10 langues.

  • Les courts extraits de livres : 07/06/2008

Je ne vois aucune metaphore dans ce que je dis. C’est comme si tout se trouvait dans l’ombre. Il y a eu un temps ou je frequentais un restaurant obscur, qui n’existe plus, appele Seiyoken, dans une rue mal famee du quartier de la Liberdade. La nourriture y etait bonne, les prix honnetes et le service sympathique, pour autant qu’on puisse dire, puisque nous n’en avons jamais ete chasses. Il y avait presque toujours de la place et il ne m’est jamais venu a l’esprit, ni a celui de mes camarades de faculte, que le boucan que nous faisions d’habitude apres quelques verres de sake et de biere puisse deranger les autres clients. Nous etions trop habites par nos convictions et trop aveugles pour reflechir a deux fois avant d’elever la voix et de discourir sur des sujets qui n’interessaient personne, a commencer par les serveurs, qui non seulement ignoraient le ton de nos dissensions ou, pire, de notre autosatisfaction, mais encore profitaient de ce que nous nous etranglions avec nos propres paroles pour sortir de l’ombre qui nous enveloppait et s’epaississait au fil des heures et aussi de notre ivresse (sans que nous nous en apercevions, les serveurs eteignaient progressivement les lumieres) pour remplir nos verres vides sans se faire remarquer, s’assurant ainsi un pourboire plus genereux a la fin de la nuit et de notre soulerie. Quand nous reprenions nos esprits, nous etions deja dans le noir.
Je me souviens d’un diner particulierement deconcertant ou quelqu’un a la table criait que sans le nazisme le monde n’aurait ni compris ni apprecie les textes de Kafka.