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Le souffle des marquises

Auteur : Muriel Bloch | Marie-Pierre Farkas

Date de saisie : 27/03/2008

Genre : Jeunesse a partir de 9 ans

Editeur : Naive, Paris, France

Collection : Naiveland

Prix : 14.00 €

ISBN : 978-2-35021-104-6

GENCOD : 9782350211046

Sorti le : 27/03/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Anne Delphin de la librairie LE RAMEAU D’OR a LYON, France – 10/05/2008

Le premier tome d’une saga consacree a Eleonore, passionnee de musique qui reve de jouer d’un instrument et ce, malgre l’interdiction de son pere. Nous sommes en 1862, Eleonore est envoyee chez son oncle et sa tante a Paris, ou elle sera apprentie dans le magasin d’Adolphe Sax et participera a la Commune. Un tres bon roman qui mele avec habilete musique et histoire, une heroine attachante. Pour grands lecteurs. Vivement la suite !

  • Les presentations des editeurs : 12/04/2008

Le saxophone etait recourbe comme le cou d’un cygne, avec une foule de touches dorees sur le cote. Ce jour-la, Eleonore etait restee plus longtemps que prevu, le nez colle a la vitrine. Elle revait : a la fanfare, a son frere, a Lille, a ses parents et au jour ou peut-etre, enfin, elle les reverrait.
Elle etait perdue dans ses souvenirs quand un garcon qui devait avoir a peine quinze ans la surprit : Vous aimez la musique, c’est bien rare pour une fille !
Elle sursauta avant de repondre : Ces instruments sont les plus beaux du monde !

Lille, 1862 : Eleonore a dix ans et une oreille exceptionnelle.
Son pere devient fou de rage lorsqu’il decouvre qu’elle joue de la musique en cachette : ce n’est pas convenable ! Pour lui faire passer l’envie de devenir musicienne, il l’envoie a Paris chez son oncle et sa tante, qui tiennent une blanchisserie. Mais l’enfant trouve vite le moyen de se faire embaucher dans l’atelier de fabrication d’instruments de Monsieur Adolphe Sax, le genial inventeur du saxophone.
Commence alors une vie peuplee d’amities et d’amours impossibles, entre Montmartre et Pigalle, ou se croisent peintres, artistes et tout le petit peuple de Paris, aux temps de la Commune et des premieres Expositions universelles. Devenue une musicienne hors pair, Eleonore rencontre un trompettiste americain qui va bouleverser sa vie. Le souffle de cet amour la conduira au-dela de l’Atlantique, jusqu’a La Nouvelle-Orleans…

Le premier tome d’une saga historique, qui, a travers des figures incontournables de la musique, comme les freres Sax, raconte le destin hors du commun d’une jeune fille passionnee et eprise de liberte.

  • Les courts extraits de livres : 12/04/2008

Pas de piston pour les filles !

On n’envoie pas une fille a Paris parce qu’elle joue de la musique !
Arsene fut intraitable. Il avait surpris sa petite Eleonore en train de souffler dans un cornet a pistons en cachette. Pour lui, c’etait inacceptable.
Chez moi, les filles ne font pas de musique. C’est comme ca et pas autrement.
Arsene etait un grand gaillard au coeur tendre, bon camarade, bon ouvrier, bon mari, mais borne. Il avait reve d’un fils melomane et vaillant. Paul etait ne, certes, mais il etait de constitution fragile : un teint d’endive, le souffle court, de mauvaises dents et des levres sans qualite. Arsene avait envisage pour lui une brillante carriere musicale, or, chaque fois qu’on lui demandait de jouer du piston, le pauvre Paul saignait du nez.
En revanche, cette petite Eleonore, nee un soir d’orage et de pleine lune, un soir de Sainte-Cecile et de cuite memorable, montra tres vite une sensibilite musicale exceptionnelle. Deja, dans son berceau, elle tournait la tete des que les oiseaux pepiaient dans leur cage, souriait quand sa mere fredonnait. Tres vite, elle sut parler, marcher, mais surtout chanter. La plus fine melodie, le moindre petit air qu’elle entendait, meme rien qu’une fois, elle le retenait, le chantonnait ou le sifflait aussitot.
Des l’age de sept ans, en cachette de son pere, Eleonore s’essaya au piston. Quand une fanfare passait dans la rue des Chats-Bossus, elle se precipitait a la fenetre. Mais la moindre fausse note, un simple couac pouvait la faire tourner de l’oeil : J’ai mon dedans dehors, soupirait-elle.
Amelie, sa mere, s’en inquieta plusieurs fois aupres de ses voisines : personne n’avait jamais connu pareil cas. Le docteur conclut que l’enfant avait l’oreille tres sensible et que c’etait un don : Cette petite a besoin de musique : apprenez-lui a jouer d’un instrument.
– Mais mon mari ne veut rien entendre, et je n’arrive pas a le faire changer d’avis.
Faute de convaincre Arsene, Amelie fit prendre en secret a sa fille des cours de cornet a pistons. Puisque jouer etait bon pour sa sante, Paul montait la garde et encourageait sans cesse sa petite soeur : Je te jure, tu progresses, c’est plus souple, plus harmonieux : tu joues presque comme papa. Petite soeur, tu as du souffle et une oreille fabuleuse, moi, j’ai les poumons trop petits.
Admiratif, Paul confiait volontiers son instrument a sa soeur. Quand il n’avait pas sa mauvaise toux, il lui racontait comment un ane, un chien, un coq et un chat abandonnes par leurs maitres respectifs s’etaient rencontres et associes pour realiser le reve de l’ane : devenir musiciens de fanfare, dans la ville de Breme.
Et ils ont fini par jouer la-bas : le chien de la trompette, le chat du cor de chasse, l’ane du cornet, le coq battait le tambour, et ils ont eu beaucoup de succes.
La petite Eleonore finissait le conte en frappant dans ses mains. Un jour, elle demanda a son frere : C’est ou, Breme ? Loin de la lune, tu crois ?