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Le souverain bien

Auteur : Tugny-E

C’est un vrai polar, un roman policier dans les règles de l’art, avec un commissaire, des suspects, des gens bien louches et d’autres bien rêveurs, et du crime comme il en faut.
Dans une maison d’hôtes cossue et comme il faut, la disparition de quelques pensionnaires…
Oui mais voilà : selon la grande tradition du polar aussi, les livres du commissaire Lasne l’ont rendu célèbre. Et lui-même, quand il enquête, semble penser beaucoup plus au livre à faire qu’à la réalité qu’il investigue.
Après, c’est Tugny. Se souvenir qu’on a affaire à un artiste polymorphe, détourneur des règles les plus élaborées, capable d’en jouer comme sur ses disques où il fait tout, le chant et les instruments.
Alors on n’est pas au bout de ses surprises : transformez le lieu du crime en confortable et mystérieuse maison où un écrivain s’attaque à un roman dont il ne sait rien – ça marchera tout aussi bien. D’ailleurs, c’est bien pour cela que le commissaire s’était réfugié, ici, à Phanopée : pour écrire, pas pour enquêter.
Prenez les noms de personnes et de lieux – à commencer par cette maison de retraite installée à Oseray – et tout le jeu entre personnages et événements deviendra une danse lente et irréelle, où la parole fait théâtre, et les dialogues avec le bon commissaire une affaire presque psychanalytique (tout est dans le presque).
Et qu’on peut oublier tout cela, pour suivre les indices en pleine terre, ou les échappées folles du langage d’étranges pensionnaires… …éditeur impérieux, flic ahuri, femme de ménage philosophe, parents sidérés,  muses, martyrs, apparitions bibliques et mythologiques, êtres hybrides, et une fable ambitieuse sur le dilemme, à l´oeuvre en l´écrivain, entre la présence au présent et l´abstraction fondatrice de l´acte de création : tous les jeux de miroirs alors sont possibles…
“Le Souverain Bien” est le neuvième roman d’Emmanuel Tugny.
FB