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Le temps des otages

Auteur : Jean-Luc Gendry

Date de saisie : 06/03/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Grands romans

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-268-06106-1

GENCOD : 9782268061061

Sorti le : 08/02/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Emma Barcaroli – 30/11/2007

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Emma Barcaroli – 27/02/2007

  • Les presentations des editeurs : 30/11/2007

Paris, decembre 1942 : froid, faim, deportations, occupation de toute la France, bombardements, deux millions de francais prisonniers ou travailleurs forces en Allemagne, seules quelques grandes oeuvres du theatre, de la litterature et du cinema, permettent encore aux Parisiens d’echapper, pour un instant, a l’horreur du temps : la premiere de La Reine morte a la Comedie-Francaise sur laquelle s’ouvre ce recit, constitua l’un de ces moments de remissions.
Major de Normale, ancien critique litteraire de L’Echo de Paris et de L’Epoque, Nicolas Charpentier, qui a cesse de preparer les messages du chef de l’Etat, reviendrait volontiers a sa premiere vocation si le drame national ne l’incitait a jouer de nouveau un role politique essentiel ; a favoriser d’utiles liaisons entre les principaux acteurs de la garde montante : Henri Frenay, Pierre Brossolette, Michel Debre, Andre Mutter, Jean Monnet ; et ceux de la garde descendante : Pierre Laval, Rene Bousquet, Jean Jardin, Lucien Romier et Jean Tracou.
Les confidences des uns et des autres font souvent apparaitre des realites plus complexes que celles retenues par l’histoire officielle. Des portraits saisissants, des entretiens etonnants de verite, un style remarquable font de ce roman un ouvrage essentiel pour la comprehension de ces temps tragiques.

  • Les courts extraits de livres : 30/11/2007

L’arrivee du general Hanesse, en spencer blanc, superbe, la poitrine bardee de decorations, du gros Schleier et de l’etrange Rahn, oriental et effemine, abaissa pour quelques secondes le niveau du brouhaha mais il reprit de plus belle lorsque Micheline Presle, Madeleine Sologne, Jules Berry et Jean Tissier firent, tres souriants, leur apparition. Oui, le Tout-Paris etait la, heureux et fier de participer a la fete de ce grand lancement. On avait eu en d’autres temps l’Ile-de-France, l’Atlantique et le Normandie avec son ruban bleu et l’on aurait demain, certains l’affirmaient, derriere La Reine morte, une flotte de chefs-d’oeuvre, une succession de tragedies qui porteraient le nouvel auteur au pinacle de l’art dramatique. Contre vents et marees, defaite et occupation, le siecle d’or de la litterature francaise allait poursuivre son cours, loin des massacres stupides qui detruisaient la plus belle civilisation jamais connue sous les cieux.
Lorsque les lumieres s’eteignirent, le splendide vaisseau rouge et or connut avant les trois coups, cependant, une minute d’emotion exceptionnelle. Le premier acte surprit. Cette infante qui vient clamer sa douleur et reclamer justice de l’insulte faite a la Navarre, cet austere roi Ferrante qui prend la forme du destin, cette Ines de Castro, favorite de l’infant, tout amour et passion, ces affrontements forts et drus du coeur et de la raison d’Etat, de la tendresse et du cynisme royal, du machiavelisme des conseillers et de la noble complicite des deux femmes toucherent profondement une salle qui retenait sa respiration. Devait-on deviner derriere le discours severe du vieux souverain des allusions a ce que vivait alors la France ou devait-on suivre, sans arriere-pensee, cette evocation hors du temps des drames de tout pouvoir et s’abandonner a la magie d’un texte de haute qualite ?