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Le trotter-nama : les tribulations indiennes de Justin Trottoir, dit Trotter, et des generations qui le suivirent a Sans-Souci

Auteur : I. Allan Sealy

Traducteur : Dominique Vitalyos

Date de saisie : 30/01/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 28.00 / 183.67 F

GENCOD : 9782213622699

Sorti le : 17/01/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Lise Maussion – 16/09/2008

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Lise Maussion – 05/03/2007

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Par un petit matin frais de 1799, Justin Aloysius Trottoir, dit Trotter, s’installe dans sa montgolfiere, muni d’un astrolabe, d’un telescope, d’un gypsonometre et… d’un pigeon roti. Quelques instants plus tard, pris par un vent mesquin, l’engin s’ecrase au sol et Justin y laisse la vie. Ainsi s’eteint le Grand Trotter, fondateur de la dynastie du nom, cet aventurier natif de Marseille et maitre de Sans-Souci, un immense palais baroque dominant la ville de Nucklow dans le nord de l’Inde.
Sept generations apres l’arrivee de son aieul en Inde, Eugene Trotter, faussaire tonitruant, entreprend de redonner a sa famille aujourd’hui ruinee son lustre d’an-tan et relate, avec brio et fantaisie, les destins tous plus extravagants les uns que les autres de ses ancetres : depuis l’illustre Justin, qui batit l’empire familial sur le commerce des armes et de l’indigo, en passant par Mik, devenu bleu a force de baignades dans les cuves de Sans-Souci, jusqu’a Philippa Trotter, qui realisa l’exploit de tomber enceinte en pensant (avec une rare intensite, il est vrai) a l’Angleterre…
Le recit d’Eugene, entrecoupe d’intermedes poetiques et farfelus, clame au monde ce que fut la gloire d’etre un Trotter, piegeant le lecteur dans les tours et detours de cette fresque baroque d’une puissance inouie qui fait irresistiblement penser a Laurence Sterne.

Irwin Allan Sealy est ne en 1951 au nord de l’Inde. Il a etudie a Lucknow, au lycee La Martiniere, fonde selon les voeux de Claude Martin. Ce mercenaire francais, etabli en Inde au XVIIIe siecle et devenu un veritable nabab, consacra son immense fortune a l’edification de lycees en Inde et en France. C’est lui qui servit de modele au heros du Trotter-Nama.
Parue originellement en 1988, cette oeuvre hors du commun a rencontre un immense succes critique et public dans le monde anglo-saxon. Considere comme l’un des plus importants romans indiens publies depuis trente ans, Le Trotter-Nama s’est impose comme un classique, etudie dans les universites americaines et britanniques.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

(INTERPOLATION)

D’un suppose peintre, un denomme Zoffanij

Deux autres portraits du Grand Trotter existent, tous deux peints a l’huile par l’homme plutot menu qu’etait Zoffanij. Ce que ses contemporains ont vu en lui, je l’ignore, mais il parait qu’ils faisaient la queue pendant plusieurs heures devant son atelier, ainsi que des dames de qualite. Bon, moi aussi, j’ai mes admirateurs – mais jetons plutot un regard objectif a ces portraits.
Le premier nous presente un Justin fragile, perdu au milieu d’une multitude d’hommes reunis sur les lieux d’un combat de coqs. Quelques Europeens figurent au premier plan, mais la grande majorite du public est constituee d’Indiens, courtisans et parasites du Nawab dont l’auguste presence emplit le centre de la toile. On abat des enjeux, on trace un cercle, l’air s’est epaissi de poussiere et de cris. Le presume Justin est assis sur une chaise occidentale, une jambe noueuse croisee par-dessus l’autre, le visage emacie, l’air pointilleux. Est-il en train d’examiner un coq qui lui est presente par un intendant-et-coqueleur, turc pour moitie, a la barbe filiforme, ou bien regarde-t-il simplement dans le vague en additionnant ses millions ? Ce n’est pas clair. Au premier plan, a droite, est assis un individu viril portant une espece de moule a tarte sur la tete et des chaussures a bouts recourbes. Exsudant la sante et la prosperite, il a ete sans aucun doute inspire par le veritable Justin avant que le peintre, dans un acces de malice ou de complaisance, ne repousse le Grand Trotter un peu a l’arriere. Zoffanij en personne est represente sur le cote, le regard atone pose sur le spectateur et designant de la main sa propre creation scenique. Affabulation romantique ! Suscitee par un envieux qui n’apercut le Grand Trotter qu’une fois, et encore, de loin. Or, la distance n’a-t-elle pas tendance a diminuer ? Nous avons la un tableau execute tres probablement de memoire a Londres par le celebre personnage au retour de son Grand Voyage en Orient. Or la memoire n’a-t-elle pas tendance a minimiser ?

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Suite du frontispice

Au-dessus du ballon, le ciel est d’abord bleu, puis, plus haut, indigo. Il n’y a pas de nuages, mais il s’en prepare un dans les couches superieures de l’atmosphere.
Sous le ballon s’etend une plaine ocre fendue par un canal, le Ganda Nala, qui se deverse dans une large riviere, la Moti Ganga. Un petit cours d’eau sinueux, la Kirani ou Cranny, qui prend sa source dans la colline de salpetre, se jette elle aussi dans la Moti Ganga. Sur la rive la plus proche du canal se deploie Sans-Souci, avec ses batiments de stuc et de gres meles. Sangam, son point culminant et sa gloire, est edifie avec ses tours sur une eminence artificielle. Avec, pour resultat, un evidement devenu lac ou Reservoir dans les eaux duquel Sangam se reflete. A droite des batiments et deux largeurs de doigts au-dessus se trouve un plateau carre de basse altitude, la colline de salpetre. On y a monte trois plates-formes de bambou autour d’une petite aire de lancement. Au-dela, on distingue la foret, un ruisseau, des villages, plusieurs bras morts et une large riviere. Sur l’autre rive du canal se tient la cite de Nucklow.
Oiseaux et quadrupedes peuplent les espaces verts et la foret. Le paon est l’un d’entre eux. Le pigeon en est un autre. La perdrix noire encore un autre. Le chien encore un autre. C’est un malin. Le tigre, un autre encore. Le dromadaire et l’elephant en sont d’autres. Le cheval aussi.
Les arbres sont nombreux : le jamblong (Eugenia jambolana), le manguier, le goyavier, le jacquier, Vimli ou tamarin indien, le tamarin anglais, le margousier, le pipai, le palas ou flamme de la foret, le gulmohar ou flamboyant, le caneficier, l’oraculaire, le papayer, le bananier, l’oranger de Chine.
Les fleurs sont plusieurs : les rangees de canna, les massifs de roses, les lotus des etangs, les jonquilles, les bougainvillees, la rose de Perse, le phlox et, sur les berges de la Kirani, la rat-ki-rani ou belle-de-nuit.