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Le Vanetsi : une enfance armenienne

Auteur : Victor Gardon

Date de saisie : 17/07/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Stock, Paris, France

Prix : 29.00 / 190.23 F

ISBN : 978-2-234-06126-2

GENCOD : 9782234061262

Sorti le : 11/06/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Reedition en un seul volume de la celebre saga de Victor Gardon parue entre 1959 et 1970, Le Vanetsi nous emmene sur les pas de Vahram, jeune garcon armenien qui vit a Van au debut du XXe siecle avec sa famille et surtout sa grand-mere, personnage irresistible, chef de famille qui soigne, conseille, ecoute.
Dans cette chronique villageoise, vibrante, chatoyante, Vahram chante l’apprentissage de la vie par un enchainement de tableaux, de tranches d’existence, sa decouverte de l’amour, de la mort, de l’injustice et de la cruaute.
L’Armenie, alors sous domination turque, va connaitre une succession de bouleversements et de troubles terribles. Apres l’accession au pouvoir du parti des Jeunes-Turcs qui detrone le sultan et l’espoir qu’elle suscite chez les Armeniens, la guerre de 1914 eclate. Les massacres commencent et c’est l’arrachement a la maison ancestrale et le debut de l’exode pour toute la famille de Vahram. De Van a Igdir et d’Igdir a Tiflis, elle va errer dans un pays en ruine, seme de charniers, eventre par les pillages, la torture et les incendies. Au debut de la revolution russe, en 1917, la famille, devant l’avancee turque et sans espoir de retour dans sa ville natale, decide de quitter la Georgie et prend une nouvelle fois la route.

Elle n’est donc pas ordinaire, l’enfance de Vahram, lui qui nous raconte ce qu’il voit, ce qu’il vit, sans donner aux drames des couleurs outrees et sans se departir du ton de l’enfance qui mele peur, emoi et merveilleux. C’est cette poesie qui fait la force de ce texte, lui donne une dimension de veritable lecon d’humanite, un appel a la conscience des hommes.

Victor Gardon, Vahram Gakavian de son nom armenien, est ne le 25 mai 1903 a Van, dans ces territoires de l’Armenie historique sous domination ottomane et a survecu au genocide perpetre en 1915 a rencontre du peuple armenien par le gouvernement- Jeune-Turc. Il est mort le 29 janvier 1973 a Paris. Il venait de terminer un roman historique sur Agnes Sorel ainsi que le quatrieme tome de sa grande saga, Neiges et Azurs, lorsqu’il succomba a une crise cardiaque.
Le manuscrit disparut, mais il pourrait bien reapparaitre.

  • La revue de presse Gaidz Minassian – Le Monde du 18 juillet 2008

Le Vanetsi, une enfance armenienne comble un vide. Jusqu’a maintenant, la litterature consacree a la “Catastrophe” du genocide de 1915 ne comptait, parmi ses chefs-d’oeuvre, que Les 40 Jours du Musa Dagh de Franz Werfel ou Le Conte de la pensee derniere d’Edgar Hilsenrath. Desormais, elle s’enrichit de cette trilogie signee Victor Gardon (1903-1973), de son vrai nom Vahram Gakavian, ecrivain exile proche des communistes, ancien prisonnier de guerre des nazis devenu resistant apres son evasion, et dont l’oeuvre avait ete publiee pour la premiere fois en 1959 a Paris…
Son Vanetsi, une enfance armenienne tombe a pic, a l’heure ou la Turquie tente de revisiter son passe ottoman. Sans parvenir, jusqu’ici, a ouvrir cette boite noire de l’Armenie turque a feu et a sang.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Extrait de l’avant-propos de Christine Gardon :

Il y a presque cinquante ans, mon grand-pere, Victor Gardon, publiait son premier roman ecrit en francais, Le Vert Soleil de la vie. Deux autres tomes ont suivi, parachevant une oeuvre fascinante, temoignage rare de l’exode que connurent les populations armeniennes. Chaque page nous rappelle que, sous son nom d’ecrivain, emprunte a son pseudonyme de resistant, perce son nom historique, Vahram Gakavian. L’exode de ce natif de Van, ville millenaire de l’Armenie historique, aux innombrables legendes, aux vergers plantes d’arbres centenaires, aux jardins parfumes, l’a mene en France, pays d’accueil de bien des deracines de l’epoque, havre de paix apres les souffrances endurees pendant le genocide turc de 1915. Malgre la tranquillite et l’apaisement retrouves, les annees passaient et son envie de raconter l’histoire de son peuple et d’abattre les murs du silence n’avaient jamais cesse de le tenailler. C’est en 1957 qu’il prit enfin la plume pour demander justice, et retablir la verite au nom des siens, et de son enfance etranglee et volee.
Il ecrivit cette saga eminemment armenienne, dans le but avoue de poursuivre au-dela de toutes les frontieres l’injustice et le deni, de temoigner de l’universalite de l’exil, de l’integration a une culture etrangere, et de la vie qui continue, malgre les etres aimes abandonnes au detour de la mort. J’ecris en francais, disait-il a ceux qui le lui reprochaient, parce que je vis en France et je voudrais que les Francais connaissent notre histoire.
Au long de ces trois tomes, vous allez faire connaissance avec Vahram, habitant de Van, ville adoree entre toutes. Nous sommes a l’aube de la prise de pouvoir des Jeunes-Turcs ; de grands espoirs animent alors les Armeniens des provinces ottomanes, Liberte… Egalite… Fraternite… ces mots resonnent a leurs oreilles comme aux notres, mais, comme la suite le montrera, leur echo sera, pour l’enfant grandissant, cruel et funeste. A travers les yeux curieux de Vahram, nous traversons une epoque tragique ou l’humour et la poesie jouent malgre tout un role determinant.
Ainsi Grand-Me qui, dans la maison familiale, regne sur les ames et les coeurs, conseille, apaise et soigne, grace a sa formidable connaissance des plantes. Grand-Me, c’est l’Armenie reincarnee, la mere patrie symbolisee, la sagesse ancestrale. Et de 1907 a 1918, periode couverte par la trilogie, c’est autour d’elle que la trame de la vie se tisse, de Van a Tiflis, de Tiflis a Rostov : banale comme dans toutes les familles quand il y a des naissances et des morts, des mariages et des enterrements, des histoires d’amour qui finissent bien ou des drames, mais extraordinairement sublimee par le contexte historique de l’epoque. C’est surtout un immense hymne a la vie qui nous entraine dans les pas de la famille de Vahram. En sa compagnie, nous suivons une histoire magique, une histoire tragique, peuplee de legendes et de mythes, de chevaliers et de manuscrits, de tresors et d’irrealite qui surpassent la triste realite.