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L’émeute de novembre 2005, une révolte protopolitique

Auteur : Gérard Mauger

Novembre 2005 : parallèlement à l’émeute où s’affrontent « jeunes des cités » et policiers, se déroule une « émeute de papier » où se confrontent représentations hostiles ou favorables aux émeutiers: reportages et éditoriaux des journalistes, déclarations des hommes politiques, interprétations contradictoires des intellectuels. Cette émeute de papier fait évidemment partie de l’émeute.
Pour rendre compte de l’événement, il s’agit donc d’établir à la fois une version contrôlée des faits – ce qui s’est passé dans les banlieues -, un répertoire raisonné des prises de position – ce qui s’est passé sur les scènes médiatique, politique, intellectuelle -, et de confronter les interprétations proposées aux faits établis.
Si l’on renonce à des énoncés plus proches de l’exhortation ou de la dénonciation que de la description, force est de constater qu’au regard du répertoire d’action politique institutionnalisé, l’émeute de novembre 2005 s’apparente évidemment plus à une révolte « protopolitique » qu’à un mouvement social organisé.