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L’empirisme logique a la limite : Schlick, le langage et l’experience

Auteur : Jacques Bouveresse | Delphine Chapuis-Schmitz | Jean-Jacques Rosat

Date de saisie : 28/06/2006

Genre : Philosophie

Editeur : CNRS Editions, Paris, France

Collection : CNRS-philosophie

Prix : 25.00 / 163.99 F

ISBN : 978-2-271-06428-8

GENCOD : 9782271064288

  • Les presentations des editeurs : 28/06/2006

Selon le structuralisme logique, le langage decrit la forme de notre experience, mais le contenu de celle-ci reste inexprimable. Dans Forme et contenu (1932), Moritz Schlick, fondateur et figure centrale du cercle de Vienne, a defendu une version extreme de cette idee : niant que les intuitions entrent dans la connaissance, il ne rejette pas seulement le kantisme, mais met en peril les bases de son propre empirisme. Ce texte radical offre en outre un point de vue a partir duquel certains des debats fondamentaux de la philosophie du langage et de l’esprit du XXe siecle peuvent etre reconsideres d’un oeil neuf.

Nous avons ainsi voulu explorer les differents aspects du probleme de l’articulation du langage et de l’experience tel qu’il est pose par Schlick, afin de preciser l’eventail des solutions disponibles.

Le present livre, issu d’un colloque organise en mars 2004 au College de France, est le premier ouvrage consacre a Schlick dans notre langue. Il examine les rapports entre la pensee de Schlick et la tradition kantienne (Kant, le neo-kantisme et le kantisme analytique de Sellars) ; puis, il la confronte a l’empirisme classique et a une autre variante de l’empirisme logique (Carnap) ; enfin, il s’interroge sur la these de I’inexprimabilite du contenu, au travers notamment d’une confrontation avec les idees de Wittgenstein (avec qui Schlick a longtemps entretenu un dialogue privilegie).

Jacques Bouveresse est professeur au College de France (chaire de philosophie du langage et de la connaissance). Il a recemment publie : Langage, perception et realite : 1 La perception et le jugement – 2. Physique, phenomenologie et grammaire (Jacqueline Chambon, 1995 & 2004) ; Wittgenstein et les sortileges du langage (Agone, 2003) ; Descartes, Leibniz, Kant (Agone, 2006).

Delphine Chapuis-Schmitz est ATER au College de France et prepare une these sur Le probleme de la signification empirique dans le cercle de Vienne. Elle a notamment traduit Moritz Schlick, Forme et contenu (Agone, 2003).

Jean-Jacques Rosat est maitre de conferences au College de France. Il a notamment codirige (avec J. Bouveresse) Philosophies de la perception (Odile Jacob, 2003) et (avec J. Bouveresse et S. Laugier) Wittgenstein, dernieres pensees (Agone, 2002).

  • Les courts extraits de livres : 28/06/2006

Extrait de l’introduction de Delphine Chapuis-Schmitz et Jean-Jacques Rosat :
La troisieme partie de ce livre est consacree a la discussion de la version particulierement radicale de la these de l’inexprimabilite du contenu proposee par Schlick, et a l’examen d’un certain nombre de developpements et de debats qu’elle a suscites ulterieurement.

Conscient que, comme le chapitre precedent l’a montre, son structuralisme logique risque de presupposer un langage prive, Schlick tente d’y parer en radicalisant la these d’inexprimabilite : le contenu n’est pas incommunicable seulement aux autres, mais aussi a soi-meme. Il elabore pour cela un argument du journal prive qu’il est difficile de ne pas rapprocher de celui de Wittgenstein. Mais, estime Jean-Jacques Rosat dans le sixieme chapitre (Inexprimablite du contenu et langage prive – Schlick au prisme de Wittgenstein), cette parade echoue puisque, selon Schlick, les structures linguistiques ne deviennent signifiantes que par les actes d’interpretation privee au moyen desquels chacun les remplit du contenu de sa propre experience. Plusieurs remarques des Recherches philosophiques semblent viser cette version particuliere du mythe de l’ostension prive ; elles montrent que la these de l’inexprimabilite du contenu est moins fausse que depourvue de signification. Plus tard, a l’epoque des Remarques sur la philosophie de la psychologie (1946-1949), Wittgenstein rehabilitera le concept de contenu, mais en le caracterisant cette fois par sa descriptibilite au moyen d’une image. Si nous pretendons que le contenu est indescriptible, c’est seulement faute d’avoir appris a decrire correctement les techniques que nous utilisons pourtant quotidiennement pour le decrire.