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L’enfant cache

Auteur : Jean-Paul Mugnier

Date de saisie : 14/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Fabert, Paris, France

Prix : 14.00 / 91.83 F

ISBN : 9782849220436

GENCOD : 9782849220436

Sorti le : 14/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 15/01/2008

Enceinte a la suite d’un viol, Laure Delcourt decide de garder cet enfant qui n’aurait pas du etre concu. Soucieuse de le proteger du regard des autres, ceux qui pourraient savoir, juger, il lui faut egalement pour en devenir la mere, avoir une histoire a lui raconter, une histoire intelligible. Elle doit comprendre ce qui, dans le passe du violeur, a pu le conduire a commettre son crime…

Le sujet de ce roman est difficile. Jean-Paul Mugnier l’aborde avec la meme sensibilite dont il a fait preuve dans ses ouvrages precedents tant a l’egard des victimes d’agressions que de leurs auteurs.

Jean-Paul Mugnier

Directeur d’un centre de formation et de consultation de therapies familiales et de couples, il est l’auteur de differents essais parmi lesquels Les Strategies de l’indifference, La Promesse des enfants meurtris, et de plusieurs romans dont Le Silence des enfants et L’Ombre du mal. Jean-Paul Mugnier dirige egalement les collections Penser le monde de l’enfant et Psychotherapies creatives aux editions Fabert.

  • Les courts extraits de livres : 15/01/2008

Le lendemain

Noire, l’araignee remonte le long de sa cuisse.
Figee, Laure la fixe. Pourquoi son regard ne l’arrete-t-il pas ? Ses bras sont inertes, ses mains impuissantes. Pourtant un seul geste suffirait pour la chasser. S’en debarrasser. Mais rien ne peut l’empecher de progresser vers son sexe, tenter de se glisser en elle.
Laure n’est pas morte. Elle en est certaine. On ne reve jamais de sa mort. Seulement de l’instant qui precede.
Soudain, le corps de la jeune femme tressaille. Ultime sursaut pour se proteger. Les yeux grands ouverts, terrorisee, Laure reprend conscience, ecarte les jambes, scrute, se rassure puis, brutale, les serre l’une contre l’autre, se fait mal.
Sa main redevenue vivante tire sur elle le drap que la chaleur de la nuit avait jete sur le cote.
Laure ne veut plus rien voir de cet entre-deux, de ce passage.
Elle ferme les yeux, s’assied sur le bord du lit, se leve puis dans la nuit retrouvee, se dirige maladroite vers la salle de bains. Elle est comme ces enfants qui s’entrainent a etre aveugles. Pour le cas ou ! C’est comment quand on voit rien ?
Revenir en arriere. Recommencer l’histoire, Excusez-moi de vous deranger ce serait pour… Impossible.
Rester dans le noir. Ne rien revoir de la veille.
Accroupie sous la douche, Laure laisse l’eau tiede ruisseler sur son corps. Soudain elle se releve, regle le jet comme un torrent glace, s’en penetre. L’eau froide jaillit en elle, violente, douloureuse.
Comment s’extraire de la torpeur dans laquelle l’homme l’a plongee ?
Les images surgissent, s’imposent. Un spasme saisit son ventre. Un relent acre de bile parvient jusque dans sa bouche. Comme si tout en elle n’etait plus que degout.

Ne pas rester seule… parler… s’obliger.
Mais pour dire quoi ?
Raconter… mais comment ?
Le crime est hors de portee des mots.

Recroquevillee, a meme le sol au pied d’un fauteuil, Laure attend la sonnerie de l’interphone. Elise devrait arriver d’un instant a l’autre, S’il te plait viens vite, ne me laisse pas toute seule ! Elise n’a rien demande, Je suis la dans vingt minutes.

Le corps de Laure tremble. Les bras de son amie l’etreignent avec douceur. La terreur eprouvee trouve enfin refuge. Ne dis rien… Attends… Laisse-moi te preparer un cafe. Je suis sure que tu n’as pas dejeune ? Elise a percu l’effroi. Il lui faut d’abord etre la, presente. Ensuite ecouter sans crainte le recit de son amie.