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L’enfant juif de Varsovie : histoire d’une photographie

Auteur : Frederic Rousseau

Date de saisie : 28/01/2009

Genre : Histoire

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : L’Univers historique

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 978-2-02-078852-6

GENCOD : 9782020788526

Sorti le : 08/01/2009

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  • Le courrier des auteurs : 12/01/2009

Pourquoi certaines images hantent-elles notre memoire collective ? De fait, certaines images sont parmi nous ; a chacune de leurs apparitions, on les reconnait ; ainsi peut-on citer l’image de cette fillette defiguree par la douleur et courant nue sur une route du Vietnam pour echapper au napalm devastateur; celle d’Ernesto Che Guevara, radieux, immortalise par Korda ; ou encore celle du portail d’Auschwitz et sa cynique et trompeuse devise… Le petit garcon juif de Varsovie, lui aussi, avec ses yeux apeures, ses culottes courtes et ses mains levees devant des soldats a conquis notre memoire. L’Enfant juif de Varsovie. Histoire d’une photographie fait precisement un retour au document source pour mieux interroger notre rapport a cette image en tachant de reconstituer le fil des differentes lectures dont elle a fait l’objet depuis sa date de production au printemps 1943. Or, ce que revele l’enquete ici presentee, c’est que ce cliche devenu une icone du judeocide et un symbole de la barbarie nazie fit a l’origine partie d’un album compose a la gloire des SS responsables de la destruction du ghetto de Varsovie et de ses habitants. Ce n’est qu’au cours des annees 60 que peu a peu, l’image de l’enfant juif de Varsovie s’est imposee au point de devenir a partir des annees 80 et 90 l’icone de la Shoah. Cependant cette irresistible conquete des memoires n’est pas sans laisser poindre aujourd’hui une certaine inquietude : en effet, de recadrages en recadrages, a force d’usages bien peu rigoureux, le cliche se transforme et perd de sa force testimoniale; le petit garcon est de plus en plus isole et extrait de son environnement ; au fil des retirages, son contexte de production nous devient de plus en plus etranger ; et puis cette image est aussi manipulee, detournee a des fins politiques, embrigadee dans des conflits d’images contemporains ; denaturee. Alors, dans le monde incertain qui est le notre, ne devrait-on pas prendre garde a sauvegarder le temoignage du petit messager de Varsovie ?

Frederic Rousseau

  • Les presentations des editeurs : 08/01/2009

Tout le monde connait aujourd’hui la photographie de l’enfant juif du ghetto de Varsovie : au fil du temps, elle a transforme son protagoniste en ” icone ” de la Shoah.
Frequemment reproduite en une des magazines et sur des couvertures de livres, source d’inspiration pour les artistes, elle a aussi subi des recadrages qui, peu a peu, en ont fait une image de compassion, depouillee de toute reference aux bourreaux. Frederic Rousseau deconstruit et interprete ce recit photographique de 1943 a nos jours et s’interroge sur notre rapport a cette image, qui fait desormais partie de notre memoire collective et que nous regardons sans voir.

Frederic Rousseau est professeur d’histoire contemporaine a l’universite Paul-Valery de Montpellier.
Il a notamment publie La Guerre censuree (Seuil, 1999, Points Histoire, 2003) et Le Proces des temoins de la Grande Guerre (Seuil, 2003). Il a obtenu le prix de la Fondation Auschwitz de Bruxelles pour la redaction de L’Enfant juif de Varsovie.

  • La revue de presse Gilles Heure – Telerama du 28 janvier 2009

Une photo qui a fait le tour du monde et, a force d’etre reproduite, a ete extraite de son contexte, pour symboliser surtout la volonte d’emouvoir. Frederic Rousseau suit a la trace les peripeties de cette image et repere les moments ou elle reapparait…
Otage des recits qui recrivent l’histoire, des imaginaires qui s’entrechoquent, expulsee de son indispensable contextualisation, la photo de l’enfant juif de Varsovie est ainsi devenue le symbole des images qui visent a emouvoir, sans autre protocole methodologique.

  • La revue de presse Jean-Louis Jeannelle – Le Monde du 8 janvier 2009

Prise lors de l’ecrasement de l’insurrection du ghetto, cette photographie, mille fois vue dans des manuels d’histoire, des oeuvres d’art ou sur les murs du metro parisien, hante notre memoire collective. Frederic Rousseau en retrace la fascinante histoire. Premiere surprise : qu’un specialiste reconnu de la Grande Guerre analyse les multiples emplois de l’une des icones les plus celebres de la Shoah. Son interet pour 14-18 comme experience sociale, prise entre la parole vive des temoins et l’exercice de la censure, justifie un tel choix…
Voici du reste l’une des meilleures surprises de ce livre : qu’au terme d’une minutieuse enquete, la celebre photographie se trouve renforcee dans son statut d’icone, rendue plus poignante encore par la revelation des aleas qu’elle a connus et des circonstances qui nous l’ont rendue visible. La ou nous croyons, par credulite ou paresse d’esprit, qu’une image rend compte integralement de ce qu’elle designe, Frederic Rousseau nous rappelle que “l’oeil est un sens qui se dresse, qui s’eduque ; le regard a besoin d’apprentissage et de pedagogues”. Prenant appui sur les travaux de Roland Barthes et ceux, plus recents, de Jacques Ranciere, les historiens occupent aujourd’hui cette fonction didactique, veritable contre-pouvoir aux usages politiques ou mediatiques des images.

  • Les courts extraits de livres : 16/01/2009

Extrait de l’introduction :

L’espece humaine s’attarde obstinement dans la caverne de Platon et continue, atavisme ancestral, a faire ses delices des simples images de la verite

Qui n’a jamais vu le regard terrorise de cet enfant juif menace par un soldat allemand durant la Seconde Guerre mondiale ? Livres et manuels d’histoire, magazines, couloirs du metro parisien, documentaires televisuels, oeuvres d’art, sites Internet, jamais sans doute l’image de ce garconnet n’a ete aussi presente qu’aujourd’hui. Et comme beaucoup, je connais cette image ; je connais cet enfant…
De vue.

Mais qu’est-ce que voir veut dire ? Quelle est la verite de cette image ? Cette verite est-elle une ou plurielle ? Sitot que les yeux se posent sur la couverture de ce livre, sitot qu’ils croisent ceux de ce petit garcon apeure, un processus singulier s’enclenche instantanement, presque mecaniquement, tel un reflexe. Voir cette image-la, tout au moins dans nos societes occidentales, ce n’est pas – ce n’est plus – seulement voir un document photographique temoignant de la destruction du ghetto juif de Varsovie et de ses habitants ; qu’elles soient ou non reflechies, les innombrables reproductions, demultiplications et autres mises en scene de ce document depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont incontestablement contribue a faire de ce dernier une icone de la Shoah. A l’instar des representations plus ou moins stylisees du fameux portail d’Auschwitz, l’image du petit garcon juif, plus ou moins retouchee elle aussi, est devenue un signe metonymique particulierement efficace, capable de mobiliser notre savoir historique – souvent incertain – et de ranimer la veilleuse de notre memoire, parfois vacillante…
Mais de quel temoignage cette image de l’enfant juif de Varsovie est-elle veritablement la porteuse ? La passeuse ? Quelles sont les realites produites par les expositions successives de cette image sans cesse recadree ? Que veut dire montrer cette image-la en 1943 ? En 1960, en 1995, en 2007 ?