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L’enfant vole

Auteur : Jean-Luc Estebe

Date de saisie : 21/07/2007

Genre : Policiers

Editeur : Atelier de presse, Sartrouville, France

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-35310-027-9

GENCOD : 9782353100279

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  • Les presentations des editeurs : 21/07/2007

L’enfant vole

Lui, ancien taulard devenu prof d’anglais. Elle, sale gosse attachante et trop jolie pour lui. Parce qu’elle aime les mauvais garcons, il reprend du service dans la categorie braquages minables et vols de bonbecs.

Une voiture volee. Sur la banquette arriere : un enfant. Un gosse d’a peine un an. Ils veulent le rendre… Et c’est le debut des emmerdes.

Dessinateur de bandes dessinees puis prof d’anglais, de francais et autres lieux, Jean-Luc Estebe a aussi trempe dans la musique et le commerce de bois exotiques avant de verser dans la traduction, puis de la traduction dans l’ecriture. Il a commis quelques scenarios pour la television, quelques romans pour la jeunesse, et s’est compromis dans de menus travaux de negritude litteraire.

Collection dirigee par Paul Lefevre

  • Les courts extraits de livres : 21/07/2007

Le magasin fermait ses portes. La musique venait de s’arreter. 19 heures 5, les derniers clients remontaient dans leurs voitures, les portieres claquaient sur le parking ou un stagiaire battait le rappel des caddies egares pour les pousser au garage par trains entiers. On ferme. Un chef de rayon patrouillait entre les gondoles, deboutonnant deja sa blouse, tandis que l’animateur du rayon fromages postillonnait dans le micro sa blague habituelle, Les filles on se retrouve aux vestiaires. J’ai envie de changer de matiere grasse ; et coupait la sono. Au-dessus des vitrines refrigerees s’eteignaient, un a un, les grands tubes fluo.
Nadine quitta sa chaise pour s’etirer entre la poubelle et le tapis roulant. Le dossier lui sciait le dos, le siege lui cisaillait les cuisses, le tiroir-caisse lui coupait les genoux… Tous les jours, elle se coincait dans son piege et la meme douleur tombait sur elle comme un harnais. Trois semaines de caisse a Super-E avaient fait d’elle un mutant. Profession : femme-tronc. A la caisse voisine Marie-Laure avait commence ses comptes. La machine degueulait son bilan dans une bousculade de chiffres.
19 heures 12.
Nadine chercha ses Kiss-Cool dans sa poche. Defense de fumer, sa vie etait faite de palliatifs.
Elle allait s’occuper de sa caisse, quand la sono recommenca a gresiller. Quelqu’un avait rebranche le systeme. One, two, one two, fit une voix. Une petite voix suraigue, comme le crissement d’un ongle sur le tableau noir du silence. Il y eut un eclat de rire et inexplicablement, Nadine eut peur tout de suite.
Avis a toutes les caissieres : on va passer dans vos rangs pour recolter la maille, mesdemoiselles. Alors faites bien ce qu’on vous dit, parce que j’ai le canon de mon flingue dans le trou du cul du directeur. Et au premier souci je suis prete a lacher la puree, croyez-moi : il aura jamais ete si bien encule… !
Dans la bouche de Nadine, le Kiss-Cool avait pris un drole de gout tout a coup. Devant sa caisse un homme venait d’apparaitre, une arme a la main. Un tapotement sur le micro fit encore vibrer la sono, la meme voix de femme dit : Just testing : test, test…, et une deflagration enorme roula dans les baffles, claquant sous les plafonds pour se repercuter en echos metalliques, de rayon en rayon. Nadine retomba sur son siege, les jambes fauchees. La fille avait tire.
Angie coupa le micro. On va leur remettre ta musique de merde, maintenant ; qu’est-ce que t’en penses ? ca doit leur manquer… Et elle appuya sur play pour relancer la bande. Les potentiometres oscillerent, un glacis de violons synthetiques deroula ses tapis nauseeux dans un equivalent musical de coulis de framboise au saindoux, et Angie se tourna vers son otage.
Comment tu t’appelles ?, dit-elle.
L’autre secouait la tete, le regard rive au-dessus de lui. La balle avait creve les dalles de polystyrene du faux-plafond, pour se perdre quelque part dans la foret de cables qui couraient la-haut. La sueur roulait sur son front et collait ses cheveux sur ses tempes. Il baissa les yeux vers Angie en bredouillant un bafouillis inaudible.
Hein ? Elle approcha. Il recula d’un pas, fixant l’arme qu’elle tenait dans sa main.