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Les 12 travaux de Saniette. Volume 1, Clara

Auteur : Michel Henri Dufay

Date de saisie : 30/03/2008

Genre : Policiers

Editeur : Cardere, Laudun, Gard

Collection : Polar

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-914053-43-3

GENCOD : 9782914053433

Sorti le : 14/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 04/04/2008

Ou l’inspecteur Saniette, timide adjoint du commissaire Swann et souffre-douleur du Prefet Verdurin, prend de la bouteille, de l’assurance, de la graine, et monte en grade…

Saniette n’en revenait pas, il savait ! Il avait trouve seul le veritable nom de la tueuse qui avait expedie ad patres une bonne partie des amis et relations d’Hulois du Bascaud, eminent patron du nucleaire international et premiere fortune mondiale loin devant le petit Bill Gates. Etait-il possible que sans quitter son minable bureau, il ait, par la seule rigueur de sa pensee, alliee a un instinct sans faille, identifie la tueuse alors que ses collegues erraient dans Pans comme des chiens fous a la recherche vaine de nouveaux indices ?

De ses activites professionnelles passees, Michel-Henri Dufay a conserve quelques vagues notions de topographie, de droit, d’immobilier, de finance et de banque. Il n’a en revanche aucune competence en matiere d’armement, de centrale nucleaire, de pile atomique, de construction aeronautique, d’anatomie, de medecine legale ou de police ! ce qui l’autorise a imaginer un monde romanesque a la pointe du progres dans tous ces domaines !

  • Les courts extraits de livres : 04/04/2008

Many dans le metro

Elle est formidable, la RATP : tous les trente ans environ elle met de nouvelles rames de metro en service sur la ligne Vincennes-Neuilly. Celle-ci, la ligne n 1 bien sur, qui n’irrigue que les beaux quartiers sert alors de banc d’essai au nouveau materiel. Les autres lignes, comme Nation-Dauphine, prestigieuse du cote de Dauphine mais qui a le tort de passer a Belleville et a Barbes-Rochechouart, ou Clignancourt-Orleans qui affiche malencontreusement Strasbourg-Saint-Denis sur son itineraire – comme d’ailleurs deux autres pauvres lignes – sont vouees a user jusqu’a la corde les wagons delaisses par l’orgueilleuse ligne n 1. Celle-ci part d’un Chateau royal et, avant d’aboutir aux modernes tours de la Defense, dessert (excusez du peu !) Saint-Mande, Bastille avec sa vue sur le port de plaisance, Saint-Paul au coeur du Marais, Hotel de Ville, Chatelet, Louvre, Palais Royal, Concorde, Champs-Elysees, Etoile, Neuilly ! Sur cet itineraire, pas une fausse note, pas une faute de gout : Reuilly-Diderot, la moins prestigieuse de ses stations, ferait la gloire de la ligne 7, la miserable, qui relie la mairie d’Ivry au Fort d’Aubervilliers en passant par Stalingrad, pouah !

Les veinards qui comme moi, apres avoir traverse en partie le Bois de Vincennes, s’embarquent en tete de la ligne de l’elite -et peuvent ainsi choisir leurs places ! – ont donc eu en 1999 le privilege de tester des rames que l’on peut parcourir du wagon de tete au wagon de queue sans devoir descendre sur le quai. Quand il se tient a une extremite du train qui suit a bonne vitesse la voie sinueuse, la vue de l’ensemble qui se tortille en tous sens offre une nouvelle emotion a tout vieux parisien.
Tous les usagers ont leurs petites habitudes. Le jeune cadre de banque – il a une cravate et l’air volontairement severe -s’assoit toujours au centre de l’une des banquettes triples installees pres des soufflets qui relient les wagons : il peut ainsi, comme dans le metro londonien qui dessert la City dont il reve, voyager le dos contre la paroi et face au quai. La petite jeune femme brune choisit de son cote une banquette a deux places, la plus en queue du train, dans le sens de la marche, avant d’entamer son ceremonial : poser un gros porte-documents sur le siege cote fenetre, oter son manteau et le ranger soigneusement plie sur ce bagage, entrouvrir la fenetre et s’asseoir a cote de son vestiaire. Elle peut alors tirer de son sac a main sa trousse de maquillage, controler d’un coup d’oeil inquiet dans le miroir le noir de ses sourcils et le rouge de ses levres, avant de passer sur ses ongles la couche quotidienne de vernis incolore, operations qui la meneront tranquillement jusqu’au Chatelet pour une destination finale que j’ignore encore. Elle se comporte en vraie proprietaire de son petit territoire, et est tellement absorbee par le maniement de son petit pinceau que, lorsque le wagon se sature des voyageurs de grande banlieue montes a Gare de Lyon, personne n’ose la prier de prendre son barda sur les genoux afin de liberer une place assise – pas plus qu’on ose demander l’heure a un type qui extrait mentalement la racine septieme d’un nombre de 59 chiffres !
En ce qui me concerne, je choisis toujours l’un des quatre sieges monoplaces que l’on ne trouve qu’en tete ou en queue du train. Je ne suis donc pas derange, et je peux y lire des ouvrages que bizarrement je ne peux lire nulle part ailleurs, comme le journal des Concourt, celui de Leautaud ou plus recemment La Recherche de Marcel Proust. En effet, je ne peux me concentrer plus de 45 minutes sur ces textes, et c’est exactement le temps de mon trajet.
Parfois cependant un futur sourdingue, les yeux vagues et le corps agite de tremblements rythmiques, trouble ma quietude. Je n’aime pas ce que diffuse son baladeur, de la musique puisqu’il faut appeler ce bruit du meme nom qu’un concerto de Beethoven, dont je n’entends que la rythmique incessante des basses : touboudoum doum doum, touboudoum doum doum…; mon cerveau entre en phase avec elle et scande ma lecture. Je n’ai plus qu’a refermer mon livre. Il est vrai que si le baladeur diffusait un jour le concerto l’Empereur, je refermerais encore plus vite mon livre : le grand Ludwig passe avant le petit Marcel.
Face a mon siege monoplace, il y a evidemment un autre siege monoplace. Par une malencontreuse fatalite ne s’y installent que des voyageurs inesthetiques, sympas, sans doute, courageux, travailleurs, epoux fideles surement, mais uniformement moches. Pas de femmes ou alors des grand-meres ou des laiderons, je dois les attirer ! Quelquefois pourtant, les bons jours comme aujourd’hui, un visage interessant, un agreable visage, s’inscrit par un heureux hasard dans le bref espace limite par la paroi du wagon, la foule des voyageurs tasses dans le couloir et la partie haute de mon livre.