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Les bois dormants

Couverture du livre Les bois dormants

Auteur : Fabienne Juhel

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Rouergue, Arles, France

Collection : La brune

Prix : 14.00 €

ISBN : 978-2-84156-862-8

GENCOD : 9782841568628

  • Le journal sonore des livres : Fabienne Juhel – 02/07/2007

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Fabienne Juhel – 02/07/2007

  • Les presentations des editeurs : 11/06/2007

Fabienne Juhel
Les bois dormants

Depuis toujours, elle s’est perdue. Bebe, ses parents l’oublient dans une fete foraine. Fillette, elle s’egare avec plaisir dans les bois. Trente ans plus tard, a l’hopital, on la dit perdue. La tumeur, une etoile accrochee a son cerveau, l’a fait basculer dans un univers d’anges et d’ogres. Quelque chose de son enfance lui est revenu. Qu’on lui laisse oublier la rentree des classes. Elle est partie cueillir des mures. C’est son dernier ete.

Poesie, fantaisie et parfois meme humour guident Fabienne Juhel dans l’ecriture de son second roman. Son premier livre, La Verticale de la lune (Zulma, 2005), avait deja ete remarque pour son ecriture onirique. Nee en 1965 a Saint-Brieuc, elle est professeur de lettres dans les Cotes-d’Armor.

  • La revue de presse Astrid de Larminat – Le Figaro du 22 novembre 2007

Son deuxieme roman, Les Bois dormants, confirme ce que le premier, La Verticale de la lune, avait revele. Cette drole de creature qui saute a cloche-pied entre la realite et l’imaginaire et fait des bonds dans le temps avec une aisance d’elfe est aussi une creatrice…
Immobilisee entre deux mondes, elle remonte le cours de sa memoire. Elle arpente les bois familiers ou naguere elle aimait perdre le nord et la tete ; traverse ses peurs en se frayant un chemin dans des taillis ou chuchotent des sorcieres, le loup et le Chaperon rouge. Jusqu’a une fontaine dont les eaux la replongent dans celles d’avant sa vie sur terre. Un livre qui ressemble a une cure poetique.

  • Les courts extraits de livres : 11/06/2007

La fete foraine

Je me suis perdue. Ca devait arriver. Je me perdais souvent, avant.
Une histoire commencee tres tot avant de devenir une habitude. Une humeur aussi. Un petit heritage de famille en somme. Pas grand-chose. Un legs que personne ne vous jalouse. Et qu’on empoche. Pas la peine, pour le coup, de le formuler dans les clauses testamentaires.

Deux semaines apres ma naissance, mes parents me perdent a une fete foraine.
Pas vendue ni echangee contre des tickets gratuits, mais perdue, egaree, oubliee seulement.
Le stand de tir entre la pieuvre et la grande roue. Le couffin pose sur le comptoir, Mere s’essaye a la carabine. Elle est plutot douee, les hommes admiratifs. Pere deborde de peluches geantes. Une marchandise bon marche, achetee par les forains en Roumanie. Couleurs criardes et bouches cousues. Les peluches ne sont pas des indics.
Sur les etageres des stands, les jouets clandestins font du gringue aux enfants des villes. Ils sont malins, les jouets. Mais leur gigantisme cache des vices de forme. Des oreilles de traviole, des bras dissymetriques, des teintes qui bavent.
Les bras charges de lots atteints des pires malformations, Pere a l’allure d’une creature monstrueuse remontee des origines.
Et Pere serait inquietant s’il n’etait pas si ridicule. Il faut etre Mere pour l’aimer encore.