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Les chambres closes : histoire d’une prostituee juive d’Algerie

Auteur : Germaine Aziz

Preface : Christelle Taraud

Date de saisie : 26/10/2007

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Nouveau Monde editions, Paris, France

Collection : Poches

Prix : 9.00 €

ISBN : 978-2-84736-249-7

GENCOD : 9782847362497

Sorti le : 26/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 31/10/2007

Bone (Algerie), 1943. Juive, orpheline et pauvre, Germaine Aziz n’a que dix-sept ans lorsqu’elle est vendue a une maison de passe et sequestree. Elle doit faire face a la realite des bordels : des dizaines de clients par jour, la douleur physique, l’interdiction de sortir ou de voir le jour, la violence du milieu, l’injustice de la societe et de l’Etat, complices et hypocrites. Prise au piege, Germaine n’a plus qu’un seul objectif : retrouver sa liberte volee. Des maisons closes algeriennes au trottoir parisien ou elle decouvre la solitude, la marginalite et le mepris, elle ne cesse de lutter contre la misere de sa condition, nourrissant l’espoir d’etre enfin, grace a l’instruction et le travail, respectee en tant qu’etre humain.

Portees par une ecriture touchante et spontanee, Les Chambres closes retracent la quete d’independance d’une femme broyee par un systeme aveugle. Brulot contre la colonisation, plaidoyer contre l’exploitation de la femme, ce temoignage unique souleve aussi des questions toujours d’actualite : quel peut etre le statut de la prostitution dans notre societe et qu’en est-il du role de l’Etat ?

Germaine Aziz (1926-2003) a ete journaliste a Liberation et a egalement publie Animal Zone (Presses de la Renaissance, 1998), son deuxieme livre autobiographique.

Preface de Christelle Taraud, historienne, auteur de La Prostitution coloniale : Algerie, Tunisie, Maroc, 1830-1962 (Payot, 2003).

  • Les courts extraits de livres : 31/10/2007

Esther et Germaine Aziz, madame la directrice vous demande dans son bureau.
On va voir maman ! Nous abandonnons nos gamelles pour courir, main dans la main, dans les couloirs de l’Assistance publique, encore plus longs que d’habitude.
Tu crois que le petit frere est ne ?
– Je ne sais pas… surement. Enfin, j’espere ! Moi aussi je l’espere, je m’ennuie trop de maman.
La directrice me fait un peu peur, pourtant c’est d’une voix tres douce qu’elle demande a ma soeur, mon ainee de quatre ans :
Quand avez-vous vu votre maman pour la derniere fois ?
Je m’en souvenais tres bien, elle n’etait venue qu’une fois, une seule depuis que nous etions ici, et nous avait apporte des bananes. Elle nous avait dit qu’elle nous aimait mais qu’elle etait trop malade pour quitter plus souvent son lit.
Ma soeur parle de cette histoire de bananes en eclatant en sanglots. Je me demande pourquoi la directrice nous pose cette question, mais en voyant Esther pleurer, je comprends qu’il nous est arrive un malheur :
Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que tu as ?
– Maman est morte, hurle-t-elle.
Je ne comprends pas. Je me tourne vers la femme imposante derriere son bureau. Elle reste silencieuse. Comment ca, morte ? Je ne suis pas sure de savoir ce que cela signifie pour les grandes personnes, ca doit etre triste. Je demande :
Est-ce que ca veut dire qu’on ne la verra plus ?
– Oui, ca veut dire ca ! Plus jamais…

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