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Les Charentes et la littérature

Auteur : Jean-Louis Berthet

Les Charentes, c’est bien connu, produisent du beurre, du cognac, de bonnes pantoufles. Et de grands hommes politiques, de Jules Dufaure à François Mitterrand, en passant par Émile Combes et Félix Gaillard. Mais s’y épanouissent aussi quantités d’écrivains de qualité, qui y germent, y croissent et y prospèrent, ou que les vents apportent en graine et qui s’incrustent sous les caresses de sa lumière. Depuis des siècles, poètes, romanciers, historiens et conteurs illustrent ou chantent ces pays pourtant si divers. La Rochefoucauld, Vigny, Fromentin, Loti, Henry Fauconnier, Chardonne sont célèbres au-delà des pays de langue française. Mais beaucoup d’autres Charentais méritent qu’on les lise pour rêver ou méditer : Émile Gaboriau, François Porché, les frères Tharaud, Pierre-Henri Simon, Claude Roy, pour n’en citer que quelques-uns. Aujourd’hui encore, signés de Madeleine Chapsal, Pierre-Jean Remy ou Philippe Besson, les volumes sortent en rangs serrés des marches du Limousin, des doux pays viticoles ou des cités bordant le fleuve et l’océan. Les Charentes bien changées dans un monde transformé continuent d’inspirer les écrivains. Par quel mystère ces Charentes si diverses constituent-elles une source d’inspiration littéraire si féconde ? Impossible de répondre. C’est la vie qui est féconde, partout, plus ou moins. À moins que le ciel et la lumière n’engendrent les écrits comme ils font des raisins et des tournesols charentais. Quoi qu’il en soit, avec ou sans raison, la tradition littéraire charentaise semble se prolonger dans le monde de la frénésie informatique, des séries télévisées guerrières, des débats politiques inutiles. On continue d’écrire en Charente et sur les Charentes. J’ai cherché ce qui faisait pour moi le charme de cette tradition. Je n’ai pas trouvé. Mais, dans cette recherche, j’ai pris plaisir à me souvenir de mes expériences littéraires et charentaises, souvent mêlées. D’où ce livre.