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Les coups de cœur de Catherine Demontpion de la librairie PAGES D’ECRITURE à SAINT-YRIEIX LA PERCHE, France

  • Le choix des libraires : Lo Cro do diableSerge Vacher Après la lune, Paris, France– 19/06/2010

Le décor de l’histoire : le plateau de Millevaches, là où naissent trois rivières, Corrèze, Creuse et Vienne. C’est aussi le pays des légendes, comme celle de cette crevasse géologique dont personne ne connaît l’origine, mais que tout le monde surnomme “Lo Cro do Diable” en raison des fantômes et des lutins que certains y aurait vu. “Le vent semblait prendre ses aises sur le plateau de Millevaches. Il respirait enfin, si l’on peut dire. Tout sur ces landes le savait.”

C’est dans ce pays rural que vit Louis, propriétaire de terres agricoles qu’il cultive seul depuis le départ à la retraite de son employé. Mais au moment de la pleine saison, Louis est débordé et ne peut passer autant de temps qu’il le voudrait avec sa jeune et jolie épouse. Il engage donc Pierre Carmet, d’abord pour six mois, puis le gardera toute l’année. “Et le temps avait coulé. Les foins, puis les blés s’étaient fauchés et moissonnés. Pierre avait donné sa part de boulot et Louis et Mine semblaient satisfaits. Lui aussi. Il avait passé près de six mois de bonne vie. Il se sentait bien là.”

Lo Cro do Diable est à la limite des terres de Louis et c’est là que l’agriculteur va découvrir les corps de Georges son ancien employé et de sa bonne amie Marie la Mie. “Il inspecta la pente et trouva un chemin sur les énormes blocs de pierre qui jonchaient la pente, affleurant à peine et cachés par la végétation. C’est avec mille précautions qu’il réussit à rejoindre le chien. Il se pencha sur les deux tas de vêtements et constata avec horreur qu’ils étaient habités.” Que s’est-il passé pour que ces deux-là se retrouvent à cet endroit ? Pourquoi se sont-ils aventurés en pleine nuit dans cette partie de la lande déjà dangereuse le jour ? Certes, ces deux-là buvaient, beaucoup, énormément, mais est-ce vraiment l’alcool qui leur a fait tourner la tête ?

Le flic Bastien Lenoir, “flic émérite à Limoges depuis plus de vingt ans”, et Maxime Léobon, journaliste à l’Écho du Limousin, vont mener l’enquête où ils devront faire parler les habitants, honnêtes mais pas très causants. Et ces rumeurs autour de déchets nucléaires allemands stockés en Limousin, ont-elles un quelconque rapport avec les morts du Cro do Diable ?

Un pays rural, des habitants peut-être un peu frustres et bornés mais honnêtes, confrontés à des évènements qui les dépassent, bref un polar de qualité parce que les héros sont des personnages de tous les jours.

  • Le choix des libraires : Fais de beaux rêvesPierre Lagier Buchet Chastel, Paris, France– 11/02/2010

Ce matin-là semblait pourtant être un matin comme les autres, avec un réveil “en senteurs” que Pierre, le narrateur, préfère “aux agressions auditives des mécaniques horlogères traditionnelles.” Et pourtant, ce matin-là, la première pensée de Pierre est pour son grand-père, décédé depuis plusieurs mois.
Pourquoi une telle pensée ? Certes, le grand-père et le petit-fils ont eu une relation privilégiée depuis l’enfance, même si le reste de la famille ne le voyait pas d’un très bon oeil. Car ce grand-père était ce que l’on est obligé d’appeler un original. Grand fumeur de gitanes (“si je fume aujourd’hui, c’est grâce à lui”), il aimait percer “ses bérets pour aérer son crâne, l’été” et savait inventer “un système lui permettant de boire la nuit à une bouteille qu’il faisait descendre du plafond par un jeu complexe de poulies”. Ce grand-père n’en reste pas moins le complice du narrateur, celui qui l’écoute, le rassure, répond à ses questions mais lui laisse aussi la possibilité d’émettre et de développer ses propres idées (notamment pour passer le cap de l’adolescence et de la rébellion qui est associée). Un grand-père plein de bon sens et de philosophie qui, pour avoir fait comprendre l’importance de la tolérance et du respect d’autrui, pour avoir donné le goût de la dérision et du bonheur, mérite “sa place sur ce piédestal personnel où l’on juche ses propres héros.”
Mais comment se fait-il que, quelques mois après sa mort, le vieil homme s’insinue dans les pensées du narrateur ? Et dans sa vie également en lui envoyant des lettres manuscrites qui vont toutes être distribuées à des dates précises (fête, anniversaire…) ? Des lettres énigmatiques, pleines d’humour et de dérision, à l’image de leur auteur, et qui sont destinées à faire réfléchir son petit-fils sur le sens de sa vie et sur la voie dans laquelle il veut s’engager.
Dès lors, commence pour le narrateur un vrai travail d’espion : trouver qui dépose les lettres chez lui, découvrir l’auteur de cette machination, et comprendre pourquoi cette jeune femme s’intéresse à lui au point de le suivre dans la rue. “L’hypothèse qu’une femme puisse me pister m’étonnait. Sans être laid ou mal fichu, je ne suis pas non plus le genre de type sur lequel les femmes se retournent. Alors, imaginer que l’une d’entre elles me surveille suscitait chez moi plus de méfiance que de fierté.”
D’une écriture précise, avec des mots simples et pleins d’émotion, toujours judicieusement choisis, Pierre Lagier nous entraîne dans une belle histoire d’amour, de complicité qui ne semble pas vouloir s’arrêter avec la mort de l’un des protagonistes. C’est aussi une belle histoire sur la vie, sur la façon dont on souhaite la mener, sur ce qu’elle peut nous apporter et sur ce que nous-mêmes pouvons apporter à ceux qui nous entourent.

  • Le choix des libraires : Retour à la nuitÉric Maneval Ecorce, Auriat– 11/02/2010

Antoine est veilleur de nuit dans un foyer de jeunes enfants, près de Limoges. “Je suis censé rester éveillé toute la nuit. J’ai sous ma responsabilité une trentaine d’enfants. Les plus jeunes ont deux ou trois ans, le plus vieux en a dix-neuf.” Son travail consiste à faire face à n’importe quelle situation, du chahut fait pas les plus durs des pensionnaires aux cauchemars des plus jeunes (comme ce jeune garçon persuadé qu’un chevalier le surveille dans un coin de sa chambre).
Pour ne pas s’endormir, Antoine regarde la télé, le plus souvent. Et ce soir-là, une information va retenir son attention : celle du procès d’un jeune homme accusé du meurtre d’un jeune enfant, mais qui a toujours clamé son innocence. Et lorsque le portrait-robot d’un suspect (une piste jamais explorée par les policiers) est montré, Antoine semble le reconnaître. N’est-ce pas cet homme qu’il a vu, dans son enfance, le jour où il a failli se noyer dans la rivière ? Son sauveur serait-il en réalité un assassin ? Antoine a cependant du mal à se souvenir de cet épisode, même si les cicatrices sont bien présentes sur tout son corps pour le lui rappeler.
Son témoignage pouvant aider à l’enquête, Antoine prend contact avec un ami journaliste. “Je lui raconte : l’émission sur l’affaire Firnbacher, le suspect en fourgon, mon rapport avec lui. Je lui montre même un début de cicatrice sous ma clavicule gauche. J’insiste. Ce n’est qu’un portrait-robot mais je l’ai immédiatement reconnu. Je lui explique qu’il faudrait peut-être que je parle à la police…” C’est l’inspecteur Teddy Romero qui viendra entendre son témoignage, accompagné de sa collaboratrice un peu étrange il lui semble. Arriveront-ils à lui faire retrouver ses souvenirs ? Trouveront-ils un lien entre ce portrait-robot et l’homme qui a “sauvé” Antoine lorsqu’il avait huit ans ?
Un démarrage au pas lent et rythmé d’Antoine, de la vie tranquille qu’il a choisi dans ce coin du Limousin. Mais un polar dont l’intensité monte en puissance au fur et à mesure de l’intrigue, au fur et à mesure des découvertes faites par Antoine sur son enfance. Les souvenirs qu’il a conservé de cette journée reflètent-ils la réalité ou son esprit (son imagination ?) a-t-il créé des images pour effacer un moment douloureux de son passé ?
Un polar noir où le lecteur découvre, grâce à une écriture précise et efficace, le passé trouble et troublé d’Antoine, son présent confronté aux enfants en difficultés qu’il aimerait aider à grandir (certains éducateurs ne sont pas dépeints sous leur meilleur jour !).

  • Le choix des libraires : Le grand exilFranck Pavloff Albin Michel, Paris, France– 01/09/2009

Il y a d’abord Tchaka, jardinier arrivé un beau matin dans le village mais dont on ne connaît ni l’origine, ni le véritable nom. Embauché comme jardinier dans l’hacienda de Don Rodrigo, il détient une science impressionnante des orchidées. Mais il connaît aussi la vie du volcan Tungurahua au point d’en reconnaître les changements d’humeur et le possible réveil.
Il y a aussi Don Rodrigo, propriétaire de l’hacienda, très attaché aux traditions ancestrales de sa famille qu’il transmet à son fils mais surtout à son petit-fils.
Il y a également Lucia, perchée sur les hauteurs du village, face au volcan, où elle relève des données météo qu’elle envoie à un analyste en France. Mais ces données vont aussi servir son projet caché : aider gratuitement les candidats à l’exil à passer les frontières, par les airs à bord d’un ULM, et éviter ainsi les passeurs – prêteurs sur gage qui s’enrichissent sur le dos des plus pauvres.
Mais le personnage principal du roman, c’est peut-être le volcan, lui qui fait peser chaque jour, chaque heure une véritable menace sur les habitants du village de Banos de Agua Santa au centre de l’Equateur. Et l’instabilité du volcan fait s’interroger chaque habitant : pourquoi rester dans cette région où l’on ne trouve que pauvreté et misère ? Ne vaudrait-il pas mieux s’exiler, partir vers un “ailleurs” forcément meilleur, quitter ses racines et son pays ?
Un livre à l’écriture simple, sobre à découvrir pour la beauté de l’histoire, des personnages et des paysages d’Equateur.

  • Le choix des libraires : Le petit voleur de motsNathalie Minne Casterman, Bruxelles, Belgique– 22/08/2009

Le voleur de mots est un petit garçon plutôt solitaire, vêtu de noir, qui ne sort que la nuit tombée. Mais que fait-il dans le noir avec son filet ? Il saute sur les toits, parcourt les rues pour attraper tous les mots, les anciens comme les nouveaux, les mots gentils comme les méchants, sans oublier les mots difficiles à prononcer. “Ce qu’il préfère, ce sont les histoires racontées aux enfants. Il les regarde monter lentement et se dissiper dans le silence de la nuit. Et parfois, il s’endort.”
Que fait-il de ces mots ? Il les laisse s’amuser comme ils veulent dans sa cabane, les laisse se mélanger, gigoter, danser, jusqu’au moment où ils sont trop fatigués pour bouger. Le petit voleur les ramasse alors, “les range dans des bocaux à bonbons. Ensuite, il essaie des recettes : 2 mots doux, 3 mouillés, 1 piquant et 2 chauds. Il mélange le tout et le jette en l’air. Et là, le hasard tresse des nattes de louanges, tisse des écharpes d’injures, tricote des chaussettes d’explications compliquées.”
Le petit voleur va rompre sa solitude, un beau soir, en rencontrant par hasard un petit garçon qui ne dort pas. Commence ainsi une belle amitié, emplie d’histoires, de cachettes secrètes dans la forêt et dans le village. Et lorsque le petit voleur de mots rencontre une petite fille, “il reste sans voix.” Il lui faut trouver d’autres mots, des mots tous doux pour lui dire son amour.
Une histoire douce, poétique qui montre l’importance des mots aux enfants (peut-être aux grands aussi ?), qui explique que les mots, quels qu’ils soient, sont faits pour être partagés. Des illustrations magnifiques, mélange de dessin et de collages, aux couleurs de la nuit où évoluent ce petit voleur.
“Alors, le petit voleur lui dit “merci”. Il le dit tout bas parce que c’est son premier merci.”

  • Le choix des libraires : Little bird : une enquête de Walt LongmireGraig Johnson Gallmeister, Paris, France– 11/06/2009

Walt Longmire, la cinquantaine, est shérif dans le comté d’Absaroka (Wyoming) depuis assez longtemps pour mériter une fin de carrière tranquille. Mais lorsque l’on découvre le cadavre d’un jeune garçon, mêlé deux ans auparavant à une affaire de viol, près de la réserve cheyenne, c’est le début d’une longue enquête qui le mènera bien plus loin qu’il ne le pensait.
Walt reviendra sur l’enquête qu’il avait mené deux ans auparavant, sera aidé par son ami Henry Standing Bear, Cheyenne authentique, pensera avoir des illusions lorsque les anciens Cheyennes disparus depuis longtemps se manifesteront à lui et l’aideront d’une manière inattendue.
Ce livre est impossible à lâcher quand on l’a commencé ! C’est un voyage à travers les grandes plaines et les chaînes montagneuses du Wyoming. C’est un voyage dans l’histoire des Indiens Cheyennes, de leurs coutumes et de leur manière de vivre au XXIe siècle (comment côtoyer et profiter des bienfaits des “Blancs” sans oublier ses racines ?).
C’est aussi un roman, un polar à l’intrigue pleine de suspens et d’humour qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement, étonnant mais logique. Craig Johnson a créé un grand “éventail de personnages” où chacun a un rôle à jouer, de la patronne du restaurant au shérif Longmire, en passant par les adjoints aux personnalités bien différentes et l’ami fidèle depuis l’enfance. Un livre servi par une écriture dense, précise pour faire découvrir au lecteur cette région sauvage et magnifique des Etats-Unis, sans jamais le lasser.
Ce n’est que le premier volet des aventures du shérif Walt Longmire. On ne peut qu’attendre avec impatience la parution des prochains tomes, avec la même impatience que pour les aventures des flics blanc et navajo de Tony Hillerman, Joe Liphorn et Jim Chee.

  • Le choix des libraires : Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patatesAnnie Barrows | Mary Ann Shaffer NIL, Paris, France– 11/06/2009

Janvier 1946. Londres sous les décombres des immeubles détruits par les bombes allemandes. Juliet Ashton est devenue célèbre pendant la guerre pour ses chroniques caustiques et humoristiques parues dans un journal londonien, puis sous la forme d’un livre après-guerre.
En panne d’inspiration pour son prochain roman, c’est la lettre d’un inconnu, habitant de l’île de Guernesey, qui va lui offrir l’occasion de découvrir la vie de cette petite île anglo-normandes.
Par un échange de lettres, elle va ainsi apprendre comment les soldats allemands ont débarqués sur l’île, pensant faire le premier pas dans leur conquête de la Grande-Bretagne. Réquisitions des maisons pour les officiers, des cochons et poulets pour leur consommation personnelle : les habitants de l’île vont bientôt manquer de tout, nourriture et vêtements, l’approvisionnement ne se faisant plus au fur et à mesure de l’avancée des alliés sur les troupes allemandes. Mais les habitants résistent et font preuve de ruse pour tromper les Allemands. Au point d’inventer un club de lecture pour couvrir d’autres activités interdites. Et c’est ainsi que naîtra “le club littéraire des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates”.
Au fur et à mesure des lettres, une véritable amitié va se créer entre Juliet et les îliens au point qu’il lui deviendra indispensable de se rendre sur place pour les rencontrer. Mais que va en penser son amoureux, le magnat américain de la presse Markham V. Reynolds ? Juliet devra-t-elle choisir entre une vie simple mais heureuse sur l’île et une vie d’opulence et de mélancolie ?
Tour à tour drôle, caustique, émouvant, ce livre est une agréable découverte. La présentation sous forme de lettres et de télégrammes échangés entre les différents protagonistes lui donne un charme désuet, celui des missives d’autrefois écrites à la main, que l’on avait plaisir à écrire, à lire et dont on attendait la réponse avec impatience. Il permet au lecteur de découvrir un morceau du passé de l’île de Guernesey, une île où, malgré les privations, les habitants resteront dignes et fiers, humains et généreux. Une découverte à la suite de Juliet, une jeune femme au caractère bien trempé, qui trouvera sa place presque par hasard sur une petite île au large des côtes anglaises.

  • Le choix des libraires : L’amour est à la lettre APaola Calvetti Presses de la Cité, Paris, France– 11/06/2009

Emma Gentili est traductrice, passe beaucoup de temps à voyager. A l’approche de la cinquantaine, l’envie se fait de plus en plus pressante de changer radicalement de vie. “L’alarme, ça avait été une guillotine à l’entrée de mon estomac, quoi que je mange. En général l’après-midi, vers quatre heures. (…) Je vivais dans une attente indéfinissable, pressentant un changement, sans savoir que faire, ni par où commencer.” Et la solution viendra d’un héritage, une ancienne boutique au charme suranné mais qui permettra à Emma de réaliser son rêve : ouvrir une librairie bien particulière, consacrée uniquement aux histoires d’amours. Malgré l’opposition de beaucoup (le plus virulent étant son ami expert-comptable, l’Ennemi fidèle), “Rêves et Sortilèges” voit le jour et réussit à fidéliser une clientèle de plus en plus nombreuse, qui évolue dans les rayonnages nommés “Coeurs brisés”, “Amours sous glace”, “Les lieux de l’amour”…etc.
La librairie sera aussi pour Emma un lieu de retrouvailles avec son amour de jeunesse, Federico, devenu architecte. Malgré les années, les sentiments sont toujours présents mais la distance qui les sépare va les obliger à utiliser un moyen de communication “d’un autre temps” pour renouer les fils de leurs vies : ouvrant des boîtes postales à New-York pour Federico et Milan pour Emma, les lettres et les souvenirs vont voyager entre les continents, entrecoupées de rencontres amoureuses en France.
Il est difficile de résumer plus avant un tel livre, riche en émotions, en fous rires, en sentiments. J’ai admiré l’audace d’Emma qui, malgré les oppositions et son manque d’expérience dans le métier, va réaliser son rêve sans jamais dévier de ses idées, avec un flair incroyable pour comprendre ses clients-lecteurs et trouver LE livre qui correspondra à leur humeur du moment. Observatrice, elle saura évoluer au fur et à mesure pour offrir de nouveaux services (une auberge, des chambres d’hôtels pour recevoir les auteurs venus dédicacer…).
Ce livre est donc une histoire d’amour, entre la libraire et l’architecte (une histoire difficile, Federico étant marié, mais une histoire intense, de celles qui finissent bien), entre la libraire et ses clients (des clients qui deviennent des habitués, des amis), entre les lecteurs et les livres (à chaque moment de la vie, gai ou triste, correspond une histoire qui va aider à avancer, selon Emma). L’alternance des lettres de Federico et Emma, plus intimes, et la relation de la vie de la librairie, le quotidien, rend le livre agréable à lire, à dévorer, et permet au lecteur de mieux appréhender les personnalités, les sentiments, les émotions.
Ce livre est aussi le portrait d’une libraire passionnée qui veut faire partager sa passion pour le livre et la lecture. Et je ne peux que partager son point de vue !

  • Le choix des libraires : PoucetteClaude Clément Seuil Jeunesse, Paris, France– 25/03/2009

Il était une fois une jeune femme qui désirait avoir un enfant. Une vieille magicienne lui vendit une graine très particulière qui, une fois mise en pot, donna un bouton de fleur de toute beauté. Si beau que la jeune femme “y déposa un baiser”. “Les pétales fermés s’ouvrirent à grand bruit. Au milieu la femme découvrit une petite fille si minuscule, si délicate, qu’elle décida de l’appeler Poucette, car elle n’était pas plus haute qu’un pouce.”
Mais un soir, tandis que la petite Poucette dort dans sa coquille de noix, une vieille crapaude pénètre dans la maison et l’enlève. C’est le début des aventures de cette petite fille si belle mais si petite, des aventures qui lui feront rencontrer un crapaud pas très sympathique, des poissons, un papillon qui l’aidera à s’échapper, une souris qui la recueille pendant l’hiver, Monsieur Taupe qui “n’y voit pas plus clair qu’un potiron” et veut devenir son mari, une hirondelle qui l’emmène au soleil et lui fait découvrir “un jeune homme tout petit… presque aussi transparent que du verre”.
Voici l’occasion de découvrir ou redécouvrir le conte de Hans Christian Andersen, un conte triste mais plein d’espoir, accompagné par les illustrations douces, chaleureuses qui nous emmènent en voyage autant que le texte. Les illustrations sont soignées au détail près et l’on peut ouvrir le livre autant de fois qu’on le voudra, on découvrira un petit quelque chose que l’on n’avait pas vu avant : une goutte d’eau posée là au bord de la page, une framboise bien mûre, les petites araignées qui s’activent à fabriquer le trousseau de Poucette…
Un plaisir de lecture pour les petits… et les grands !

  • Le choix des libraires : La plumeMichaël Escoffier Frimousse, Paris, France– 25/03/2009

Il était une fois trois zoizeaux qui papotent tranquillement de la pluie et du beau temps. Mais, comme dans toutes discussions, il arrive un moment où l’on parle de l’aspect physique des uns et des autres, du derrière de l’un et du gras de l’autre. Et la bagarre arrive très vite, une bagarre dont on se demande bien qui sera le vainqueur.
Mais l’arrivée d’une plume, tombée du ciel, va mettre fin à la bagarre, enfin presque. Car maintenant, il s’agit de trouver à qui appartient cette plume ? Et là encore, les avis divergent.
Un livre adorable, une histoire tellement drôle accompagnée de dessins (collages et dessins) colorés, presque naïfs, comme si des enfants les avaient fait. Un livre où les dessins accompagnent le texte sans jamais “l’étouffer”, un équilibre harmonieux qui donne envie de lire et relire sans arrêt l’histoire et de s’y perdre !