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Les coups de cœur de Claudia de Bonis de la librairie DU ROND-POINT à PARIS, France

  • Le choix des libraires : Manifeste au bureau : vas-y envoie ton mail ! (1 choix)Claire Faÿ Les Arènes, Paris, France– 05/06/2014

Marre du politiquement correct au bureau ?
Marre de l’ambiance au boulot ?
Envie de tout dynamiter ?
Osez mettre un carton rouge à la bienséance avec ces 109 tracts détachables et offrables à quiconque, et surtout aux collègues «fort méchants et peu nourris».
Héritière spirituelle des graphistes tchèques et des artistes de l’agit-prop, Claire Faÿ frappe encore une fois en proposant une nouvelle forme de communication au travail par l’humour et le jeu.
Donc, avant de voir tout rouge, affichez votre couleur à l’aide de cet outil fort utile et bien conçu pour désarmer les tensions et atteindre l’harmonie collective.

  • Le choix des libraires : Magique circus tour : un livre animé (1 choix)Sophie Strady Hélium, Paris, France– 18/01/2014

Affichiste, décorateur de théâtre, illustrateur, ingénieur papier (on lui doit quelques-uns des plus beaux pop-up de l’édition française chez Gallimard, Naive, Hélium…) Gérard Lo Monaco est un artiste au riche parcours et aux multiples talents. Il signe ici son premier livre en tant qu’auteur : Magique Circus Tour, un livre objet dont chaque double page, à la manière d’un petit théâtre, se déplie en un numéro époustouflant.
Totalement déployé, l’album forme une étoile à cinq branches, un chapiteau à ciel ouvert où défilent des chiens acrobates, des clowns, des écuyères, des ours et bien sûr le dompteur de fauves. Au pied de chaque scène une courte légende annonce la suite des numéros en jouant sur la sonorité des mots et des chiffres. Un savant travail de découpe anime ces véritables sculptures en papier dont les couleurs et les contrastes émerveilleront petits et grands.

  • Le choix des libraires : L’hiver le plus froid : une jeune Américaine en Europe libérée (1 choix)Paula Fox Joëlle Losfeld, Paris, France– 05/09/2013

1946. Paula Fox a 23 ans et derrière elle une vie déjà bien mouvementée. Elle a subi d’innombrables déménagements, fréquenté des musiciens, des acteurs, l’alcool et la précarité.
Cette jeune newyorkaise qui débarque dans une Europe dévastée n’a donc rien d’une héroïne d’Henry James.
Correspondante pour une petite agence de presse de Londres, Paula Fox voyage à travers l’Europe, Paris, Prague, Varsovie, la Silésie et enfin l’Espagne avant son retour aux États-Unis.
En 2005, Paula Fox se penche sur les souvenirs de cette année décisive de sa vie.
The Coldest Winter, enfin traduit, parait aujourd’hui chez sa fidèle éditrice Joëlle Losfeld.
Avec une économie de moyens dont elle possède le secret, Paula Fox dresse en trois lignes le portrait de l’oncle Antonio, torturé dans une prison franquiste, de Jean-Paul Sartre, rencontré fugacement à Saint-Malo, de Maggie, l’amie américaine surgissant à Saint-Germain-des-Prés, un verre de vin blanc à la main.
Elle nous embarque au coeur de l’hiver, au coeur des ruines, au coeur des gens.
Elle sait capter en si peu de mots la douleur indicible, les espoirs des lendemains meilleurs, les fiévreux élans de la reconstruction. D’une main délicate, elle tisse ses souvenirs, fil de trame, fil de chaine, légers comme des flocons de neige, en une centaine de pages, subtiles et puissantes.

  • Le choix des libraires : Le bon larron (1 choix)Hannah Tinti Gallimard, Paris, France– 14/07/2012

Orphelinat de Saint-Anthony, Nouvelle-Angleterre, XIXe siècle. Les enfants forment des rangs dans la cour, dans l’espoir d’être adoptés lors d’une
visite : ” Il était fréquent que des hommes viennent chercher des enfants.
Parfois en quête de main-d’oeuvre à bon marché, parfois pour s’acheter une bonne conscience. “
Parmi ceux qui ” n’ont presque rien à offrir d’autre que leur ventre vide et des poux ” Ren, douze ans, manchot. Il sera écarté jusqu’au jour où un jeune homme au sourire ravageur, Benjamin Nab, le reconnaît comme son frère. De sa mésaventure avec des Indiens, Nab garde dans sa poche les deux scalps des parents, preuve de filiation suffisante, et part avec le petit garçon. Nab est bien sûr un escroc, et la suite se déroule en 350 pages qu’on lit en retenant son souffle.
Un bon écrivain est d’abord un bon lecteur, et Hannah Tinti a lu avec intelligence et passion les grands maîtres du XIXe. Les éternelles questions du bien et du mal, de la foi et la rédemption irriguent ce roman foisonnant, sous les ombres tutélaires de Dickens, Hawthorne et Mark Twain.

  • Le choix des libraires : Café Müller + 1 DVD (1 choix)Pina Bausch Arche éditeur, Paris, France– 14/07/2012

Mythique. Inoubliable. La longue silhouette d’une femme qui avance les yeux fermés, fragile et puissante. Elle évolue, aveuglement, somnambule, hallucinée, à l’intérieur d’un café sombre et poussiéreux. Son élan lui fait ignorer les chaises, les tables, autant d’obstacles qu’elle fait tomber par chocs violents, les évitant seulement quand un danseur, prévenant et désespéré, les écarte pour faciliter les mouvements. Crée en 1978, Café Müller est une pièce majeure dans l’oeuvre de Pina Bausch. La grande chorégraphe allemande avait puisé dans ses souvenirs d’enfance. Ses parents tenaient un bistrot, l’enfant aimait se dissimuler sous les tables pour assister aux bribes de comédie humaine qui s’y déroulaient chaque jour, chaque soir. Pedro Almodovar avait contribué à la diffusion de ce chef-d’oeuvre, incluant quelques extraits dans son film Parle avec elle. Plus de trente ans après, le mystère et la grâce de cette pièce perdurent, intacts.

  • Le choix des libraires : Grande fugue (1 choix)Juan José Saer Seuil, Paris, France– 14/07/2012

… Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un livre qui est sorti à cette rentrée littéraire et qui sans doute a été peut-être un peu effacé par la grande vague des nouveautés annuelles. C’est un livre d’un très très grand, d’un immense auteur argentin, un des auteurs de langue espagnole les plus importants, qui habitait Paris depuis 1968 et qui s’appelle Juan José Saer. Le titre de son roman, c’est Grande fugue, et c’est un roman qui hélas ! paraît à titre posthume puisque Saer nous a quittés il y a deux ans, en 2005. Ce roman vient faire une espèce d’épilogue inachevée à l’oeuvre de Saer qui est une oeuvre à nulle autre pareille. Il a écrit une série de romans très ambitieux, assez complexes, avec une grande grande limpidité d’écriture, où il met en scène un groupe de gens, un groupe d’amis, dans une région de l’Argentine qui est sa région natale, Santa Fé, et ce groupe d’amis vit une série de péripéties mais qui est, vis-à-vis de l’intrigue du roman, chaque fois minime. Ce qui se passe, c’est surtout l’art de la conversation, l’art de l’amitié, la complicité, les événements historiques, une perception du monde, et le tout correspond à un grand projet littéraire qui définit aussi une manière de voir le monde et de refléter ce monde-là, unique, évanescent, dans l’écriture. Le roman Grande fugue parle d’un personnage qu’on avait aperçu très fugacement dans les romans précédents, qui s’appelle Gutiérrez, et qui rencontre un jeune marchand de vin qui est aussi philosophe amateur, et donc la péripétie se résume à qu’ils vont organiser un asado, un barbecue, une semaine plus tard, qui sera l’événement du village. Donc le roman se déroule en six journées, et c’est un roman vraiment magnifique, avec une musique qui est propre à Juan José Saer qui est vraiment un très très très grand auteur de la littérature argentine et de la littérature, je le répète, espagnole tout court…

  • Le choix des libraires : Le petit théâtre d’ombres. Le petit chaperon rouge (1 choix)Volker Theinhardt Gallimard-Jeunesse Giboulées, Paris, France– 09/02/2010

Originaire de Chine, ou peut-être de l’Inde, le théâtre d’ombres est arrivé en France depuis la Turquie, au cours du XVIIIe siècle. Il a connu son apogée au Cabaret du Chat Noir, à la fin du XIXe. Sa popularité a faibli et pourtant cet art traditionnel, n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Aujourd’hui, les enfants pourront le découvrir et prendre une part active dans les représentations et d’éprouver, encore une fois, l’émotion des histoires, de l’autre côté du rideau. Au programme : quatre contes classiques.

Voici un coffret, ou plutôt un boîtier. Ouvrez-le : une petite scène se dresse en pop up. De part et d’autre, vous trouverez tous les éléments pour monter la pièce : figurines en transparence, décors, une lampe dynamo pour l’éclairage.
Et ce n’est pas tout : un petit livre relié, qui présente une version du conte, joliment illustré, un carnet de mise en scène complet, un petit lexique théâtrale bien utile, le découpage «scène à scène» et bien sûr, le texte de la pièce. En somme, un bréviaire efficace pour s’initier à l’art dramatique.
Quatre titres, pour le moment, constituent la collection : le coffret initial propose Le Petit Chaperon Rouge ou Le Chat Botté. On pourra ensuite enrichir le répertoire par le biais de «recharges» (décors, figurines et carnet). Trois illustrateurs renommés donnent forme aux projets. Volker Theinhard, né en Allemagne, signe les deux premiers. Aurore Caillas, dont les silhouettes mélancoliques rappellent celles d’Edouard Gorey, dessine La Belle aux Bois Dormant. Ali Baba et les 40 voleurs est confié à Emmanuel Polanco, auteur par ailleurs de bande dessinée. Chacun d’entre eux fournit une réponse inspirée.
Clair et complet, le dispositif requiert néanmoins de bons lecteurs, une certaine dextérité pour les manipulations, de la discipline pour les répétitions ? Mais les possibilités sont multiples. Selon la maturité et l’inspiration des jeunes artistes, on pourra avoir recours à des improvisations, inviter des enfants plus âgés en régie, adapter la distribution en fonction des effectifs ? Et les adultes prendront assurément autant de plaisir à y participer !

  • Le choix des libraires : Lettres (1 choix)Bernard-Marie Koltès Minuit, Paris, France– 10/12/2009

Bernard-Marie Koltès est un des plus grands dramaturges contemporains. Révélée au grand public par Patrice Chéreau en 1982, son oeuvre est traduite dans une trentaine de langues, rentrée au répertoire de la Comédie Française, et objet de nombreuses thèses universitaires. Son frère François, qui contribue depuis longtemps à la diffusion de l’oeuvre, publie aujourd’hui un recueil de lettres de Bernard-Marie, adressées pour la plupart à des membres de sa famille. Cet ensemble de lettres pourrait être lu comme une biographie, tant la vocation épistolière de Koltès a commencé précocement (à sept ans) et s’est poursuivie tout le long de sa vie courte et fulgurante. Le corpus commence avec de courtes missives, datées des années 50, touchantes, adressées à ses proches pour finir avec les dernières, postées à Lisbonne, peu de temps avant sa mort prématurée, et qui contiennent des indications de mise en scène. Au fil du temps, c’est une voix et une parole qui se profilent dans le ton, toujours oral, toujours sonore, des lettres de l’homme qui a choisi de consacrer sa vie au théâtre.

  • Le choix des libraires : Le livre des têtes (1 choix)Claire Didier Nathan Jeunesse, Paris, France– 01/12/2009

L’apparence, l’identité : deux questions de brûlante actualité que cet album aborde, parmi beaucoup d’autres, avec intelligence et gaîté. Tout est dans la tête : le défi de cet album documentaire est d’en faire le tour : dedans, dehors, maquillage, pensées, chirurgie, ressemblances, expressions et portraits. Ce n’était pas facile, tant le sujet est vaste. Le pari est formidablement réussi par Claire Didier.
Une – arlequinade – en introduction (des portraits célèbres découpés en trois parties qui permettent de les composer à sa guise) nous conduit vers le sommaire. Les différents sujets se déploient en doubles pages, ludiques, foisonnantes d’information, d’une lecture claire et aisée.
Les illustrations de Beppe Giacobbe accompagnent tambour battant les différents chapitres. Mention spéciale pour le travail iconographique, le tout dans une maquette inventive et tonique. Un livre qui a beaucoup de caractère et non moins de charme.

  • Le choix des libraires : La maison (1 choix)Paul Andreu Stock, Paris, France– 03/04/2009

Paul Andreu évoque la maison de son enfance dans un récit envoûtant.
Comme une épure, la maison se dresse nette, décrite par les matériaux d’une langue éblouissante de précision et soutenue par les fondements de la mémoire évanescente.
Ainsi défilent, en fondu enchaîné, des instants de vie coulés dans ces espaces évocateurs. Le jardin triangulaire, la cave dans laquelle on dégerme les pommes de terre (la guerre en toile de fond), le grenier, paradis solitaire de rêveries et d’expérimentations clandestines, le salon au divan bleu, le piano désaccordé, la cheminée où s’active le grand-père, – gardien du feu -.
Plutôt que des personnages, les membres de la famille qui habitent la maison sont des présences qui deviennent vite familières.
Ni noms ni lieux dans ce texte intime, aussi épuré que puissant, dans lequel Paul Andreu conjugue avec bonheur – les géométries de l’espace et de l’émotion.