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Les dieux pelerins

Auteur : Jean Métellus

Chacun des poèmes, dans les dieux pèlerins semble arriver comme à travers l’air, et ne former ses vers, pour nous, que dans un froissement rapide.
Et bientôt le poème s’interrompt. est-il pressé de s’effacer dans le silence ? dieux ou poèmes pèlerins : il s’agit, pour métellus, de capter le présent multiple du monde, de jeter des réseaux agiles de vers sur des lambeaux qui fuient. jamais peut-être les poèmes de métellus n’ont été aussi accordés à l’instabilité, aujourd’hui, du réel. passes, present. qui aborderait l’oeuvre de métellus par ce dernier recueil ne saisirait peut-être pas nettement la richesse temporelle qui s’y trouve pourtant impliquée.
Le présent transparent et aérien des dieux pèlerins est, comme l’ombre chez rembrandt, habité. maints passés y font sentir leurs pressions, avec toute la diversité de leurs pulsations temporelles respectives. faudrait-il les énumérer, essayer de les rendre distincts, de rendre ce qui leur revient ? histoire – séculaire ou récente – d’haïti, histoire de l’occident, profondeur temporelle des langues – le créole, le français – ou des littératures, succession des générations, passé collectif – celui, par exemple, de la ville natale ou de la famille – aussi bien qu’individuel tout cela, dans des oeuvres antérieures de métellus s’était déjà richement imposé.