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Les dieux se suicident aussi : roman initiatique

Auteur : Thierry Demessence

Date de saisie : 05/02/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Alphee-Jean-Paul Bertrand, Monaco, France

Collection : Roman initiatique

Prix : 19.90 / 130.54 F

ISBN : 978-2-7538-0278-0

GENCOD : 9782753802780

Sorti le : 07/02/2008

  • Les presentations des editeurs : 08/02/2008

Les dieux se suicident aussi est un roman initiatique qui parle d’un sujet tabou : le suicide. Au travers du naufrage d’Adrien, les dernieres etudes sur l’envers de notre monde livrent leur effroyable realite qui n’epargne absolument personne sur notre planete, depuis l’aube des temps et par dela les spheres sociales. Et rendent trop proches les frontieres de notre impuissance, dissimulees par les non-dits, les idees recues, les discredits et les discretions des familles. Mais si le suicide n’etait qu’un ultime rappel au secours de cette partie de nous-memes laissee pour compte, quelque part dans les confins de notre ame ? Cette partie de nous qui n’est pas encore nee ?
Adrien veut se suicider. A 37 ans, il n’a pas encore trouve d’assez bonnes raisons pour continuer a vivre. Il s’est pourtant battu, a coup d’espoirs, de traitements, d’accompagnements… Mais cette fois, il est decide. Si decide, qu’il ne veut pas rater sa mort. Il a trop lu de statistiques, de temoignages. Alors, il decouvre par hasard une organisation pour le moins etrange qui va l’aider a aller au bout de sa demarche suicidaire, avec serenite, avec motivation… avec intelligence. Enfin, il a trouve a qui parler !
Adrien va donc mourir a sa vie, en s’initiant au sens de l’existence. Mais d’une berge a l’autre de la vie, le passage est long. La resurrection guette…
Thierry Demessence a ecrit de nombreux ouvrages, en son nom et sous la signature d’autres. Depuis quelques annees, il se consacre entierement a l’ecriture, parce qu’il a envie de raconter ce qu’il a appris ou peut-etre tout simplement ce qui s’est reveille en lui. Il reside maintenant dans le Massif Central, en altitude…

  • Les courts extraits de livres : 08/02/2008

Une chose qu’il n’avait pas prevue ! La porte du vieux hangar se mit a grincer trop bruyamment lorsqu’elle pivota sur ses gonds rouilles. A en reveiller tous les morts en mal de silence aux alentours.
L’homme croyait pourtant avoir bien tout prevu. Mais il comprit une fois de plus, une fois de trop, qu’on ne prevoit jamais tout. Pas meme sa vie. Alors… Sa mort ! Cela faisait maintenant trois semaines qu’il ressassait le moment dans ses moindres details. Il n’avait pas choisi ce vieux local desaffecte des chemins de fer pour rien. Il y etait deja venu, avant de perdre son boulot, avant de perdre sa femme. A l’epoque, l’entreprise qui l’employait s’en servait comme depot provisoire. Il devait bien faire un hectare au sol. Et des centaines de metres de poutres de ferraille qui s’enchevetraient au plafond. Par terre, du sable, de la poussiere sur un beton qui n’avait plus l’air de rien, lui non plus. Partout, de la grisaille, du noir, des odeurs de metal qui avait souffert, des vitres brisees comme des coeurs malheureux, comme des organes inutiles.
Il allait devoir faire attention a ne pas dechirer ou tacher ses vetements. Il les avait choisis tout expres pour l’occasion. Sobres, mais propres. A son image. Un pantalon de tergal gris, un sous-pull a col roule grenat, et sa gabardine en cuir retourne du temps ou il travaillait. Avec ses poches multiples qui se fermaient, elle etait surtout pratique. Rien n’en tombait jamais. Il avait meme pense a rechausser ses gros godillots de securite. Semelle et embout en acier pour bien proteger les pieds. Ce n’etait pas le moment de se blesser betement en se laissant transpercer la semelle.
L’homme n’osa pas refermer la porte, une fois entre. Il soupira malgre lui. Un soupir d’aise de celui qui est enfin parvenu au but. Il souleva son sac en plastique, verifia le contenu. La lourde corde s’y lovait tranquillement. Il avait maintes fois repete ses gestes. Des nuits, des apres-midi durant. La derniere fois qu’il etait venu, feignant une simple balade, il avait repere la poutre. Sa poutre. Sa potence ! Et son rivet, la-haut, plante verticalement dedans, juste au-dessus du vide, en decalage de la coursive.
Finalement, il se rendait compte que, pour l’instant, tout etait facile. Il etait decide et rien d’autre ne semblait pouvoir le divertir que la mise en application de son ultime projet. Il y avait tant reflechi. Meticuleusement. Minutieusement. Si, au moins, il avait toujours agi ainsi… Il avait rate sa vie. Il ne raterait pas sa sortie. Comme un robot, il grimpa le long de l’echelle de droite. Gagna un premier palier de coursive. Des nuages de poussiere se decollaient sous chacun de ses pas. Il s’arreta un instant. Il etait bien seul. Le grincement intempestif de la porte n’avait inquiete personne, en cet apres-midi maussade d’un printemps qui manquait son entree.
Bah ! Rien ne viendra donc l’interrompre dans l’accomplissement de son acte. Pas meme une voix l’invectivant, lui ordonnant de descendre et de sortir immediatement de cet endroit interdit au public. Pas meme un rayon de soleil qui jetterait quelque relief sur un souvenir, un bon. Un de ceux auquel il ne voulait pourtant plus porter le moindre interet. Il regarda par-dessus la balustrade corrodee. Decidement, il n’y avait plus rien a attendre de cette vieille batisse delabree. Son tour de destruction viendrait prochainement, a elle aussi. Dans l’indifference generale. Peut-etre meme que son suicide en accelerera la destinee. Comme pour gommer une part morbide de son histoire. Peut-etre meme que non !
Certainement que non !
L’homme s’en voulut aussitot de pretendre encore se raccrocher a un espoir derisoire, d’esperer encore en des rebondissements de la vie. Vanite mal placee. Une vanite qui va avec sa vie. A cote de tout. En plein sur rien.