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Les gagnants et les perdants de la mondialisation

Auteur : Dominique Redor

Date de saisie : 13/12/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Economica, Paris, France

Prix : 24.00 / 157.43 F

ISBN : 978-2-7178-5476-3

GENCOD : 9782717854763

Sorti le : 02/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 14/12/2007

Chacun peut constater que la mondialisation bouleverse les situations acquises. Mais jusqu’a present tres peu d’analyses s’etaient attachees a identifier les gagnants et les perdants de ces changements. Cet ouvrage etudie ces transformations a deux niveaux : la place des nations dans la hierarchie economique mondiale, et celle des individus a l’interieur de la societe a laquelle ils appartiennent.
Il existe des strategies gagnants-gagnants dans le commerce et les investissements entre nations. L’integration commerciale qui s’est etablie entre les pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est en fournit un excellent exemple. A l’inverse certaines regions du monde, pourtant integrees a la mondialisation stagnent, voire regressent, comme l’Afrique sub-saharienne.
A l’interieur de l’Union europeenne et plus specialement en France, les gagnants ont en general une formation superieure, ils sont mobiles, et changent facilement d’entreprise et d’activite pour tirer partie des opportunites offertes par la mondialisation. A l’inverse, les perdants sont peu qualifies, travaillent ou ont travaille dans les secteurs des industries de consommation courante, ou l’Europe et la France n’ont cesse de perdre des parts de marche dans les echanges internationaux. Le defi d’aujourd’hui, et encore plus de demain, sera de trouver un pacte social qui permette une compensation equitable des perdants, et leur insertion dans l’emploi et la societe.

Dominique REDOR, Professeur de Sciences Economiques a l’Universite de Paris-Est (redor@univ-mlv.fr), est egalement chercheur au laboratoire : Organisation et Efficacite de la Production (OEP) et au Centre d’Etudes de l’Emploi (CEE).

  • Les courts extraits de livres : 14/12/2007

Extrait de l’introduction :

Nul ne conteste qu’il existe des gagnants et des perdants de la mondialisation
Certains gagnent, d’autres perdent a l’ouverture de leur pays au commerce, aux investissements, et aux mouvements financiers internationaux. Ce jugement est d’autant plus remarquable que, sur ce point, les conceptions des experts convergent avec l’opinion publique.
En effet, les partisans du libre-echange estiment que tous les pays qui participent a l’ouverture au commerce et aux investissements internationaux en tirent un avantage, et que leur niveau de vie s’en trouve globalement augmente. Neanmoins, meme en faisant abstraction des effets negatifs du libre-echange, comme les restructurations d’entreprises et d’activites, ils montrent qu’inevitablement, a l’interieur de chaque pays qui participe aux echanges, certains groupes sociaux gagnent, et d’autres perdent.
Quant a la population des pays integres a la mondialisation, elle vit tous les jours, au travers de l’evolution de ses emplois, de la geographie des regions et des activites, des modes de consommation, les effets de la mondialisation. Elle constate dans sa vie quotidienne, ou par les informations diffusees par les medias, les restructurations d’entreprises, qui changent leur localisation, ou reorientent leurs activites en fonction de strategies qui ne sont plus nationales, mais mondiales. Elles se desengagent de certains secteurs ou regions, pour se developper dans d’autres secteurs d’activites, ou secteurs geographiques. Certains individus perdent leur emploi, et doivent tenter de convertir leurs activites, et de se reinserer dans une nouvelle region, et un nouveau milieu professionnel.
Les gagnants de la mondialisation sont peut-etre moins visibles, mais bien reels. Les pays emergents fournissent l’opportunite, aux entreprises des pays hautement developpes qui se mondialisent, de conquerir de nouveaux marches en expansion rapide. Elles peuvent ainsi accroitre leur chiffre d’affaires et leurs profits a un rythme, et dans une proportion, beaucoup plus eleves que si elles se contentaient de produire, et de vendre, a l’interieur de leurs frontieres nationales. Pour les proprietaires-actionnaires de ces entreprises, les gains sont substantiels. Pour les salaries, qui ont le sentiment d’etre mis en concurrence avec ceux des pays ou leur entreprise est implantee, ils sont beaucoup moins evidents. Enfin, les gains peuvent provenir de la baisse des prix de certains biens importes de l’etranger. Les consommateurs sont alors gagnants, ce qui complexifie le diagnostic que l’on peut porter sur les avantages et les pertes lies a la mondialisation.
Neanmoins ici s’arrete le consensus. Car, des qu’il s’agit de savoir si, pour chaque pays integre a la mondialisation, les gains sont superieurs aux pertes, les avis divergent fortement. En effet, certains economistes, a la tete desquels se trouve Joseph Stiglitz, prix Nobel de Sciences economiques en 2001, s’opposent fortement au consensus de Washington, et a ses trois piliers imposes par le FMI et la Banque Mondiale aux pays les plus pauvres a partir du debut des annees 80 : austerite, privatisation, et liberalisation totale de l’economie, du commerce, et des investissements internationaux. Ils considerent que non seulement certains groupes sociaux perdent necessairement a l’ouverture internationale, mais aussi que les pertes subies peuvent etre superieures aux gains. L’ouverture internationale peut alors etre globalement negative pour le pays considere. C’est le cas des economies qui connaissent un fort chomage. Le redeploiement des activites vers les secteurs supposes exporter n’est nullement assure. En revanche, certaines activites traditionnelles subissent de plein fouet la concurrence des importations. De plus, Stiglitz et Charlton (2007) font ressortir que la liberalisation du commerce et des investissements, sous l’egide de l’Organisation Mondiale du Commerce, s’est faite au detriment des pays les moins developpes. Par exemple, les pays riches continuent a subventionner fortement leur agriculture, et a proteger leurs inventions et innovations par une legislation internationale tres restrictive en matiere de brevets.