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Les hommes aussi ont besoin d’amour

Couverture du livre Les hommes aussi ont besoin d'amour

Auteur : Yves Leriadec

Date de saisie : 27/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : L’arpenteur

Prix : 12.50 €

ISBN : 978-2-07-078598-8

GENCOD : 9782070785988

Sorti le : 27/09/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Philippe Bernadou de la librairie DELOCHE a MONTAUBAN, France (visiter son site) – 10/12/2007

Tantot les nouvelles d’Yves Leriadec evoquent directement l’enfance : a un mariage, le premier emoi d’un garcon d’honneur pour sa cavaliere (Garcon donneur) ; les heroines de cinema qu’on voudrait sauver et aimer (Consoler Maria) ; les parties de billes (La trajectoire) et les secrets de famille proprement insupportables (Les pages arrachees).
Tantot c’est la trace que l’enfance laisse chez les adultes dont il s’agit : la mere malade qui devient notre enfant (Les bras tendus, nouvelle liminaire d’une profonde sensibilite) ; la soeur qui va mourir (Necker by night) ; le professeur de latin qu’on retrouve dans un hospice (Rosa, rosa, rosam). Et parfois c’est plus grincant, l’heritage nous gache la vie, que ce soit une maison avec une locataire indelogeable (Le sourire de Louise) ou l’ambition que les parents ont pour nous (Maman voulait).
La derniere nouvelle, Le jour du permis (c’est du permis de vivre dont il s’agit, sanctionne par un examinateur vereux), est un epatant melange de cauchemar orwellien et de comique chaplinesque…
L’ecriture precise, sans graisse, toujours dans le ton (agacement ou fascination, melancolie souvent) permet a Yves Leriadec de s’inscrire d’emblee parmi les rares nouvellistes francais dont on souhaite retrouver la fraternite.

  • Le choix des libraires : Choix de Veronique Bagarry de la librairie POINTS COMMUNS a VILLEJUIF, France – 06/12/2007

Decouvrez le recueil de nouvelles d’Yves Leriadec. Une ecriture percutante qui fait mouche. Des nouvelles qui mettent en scene des hommes ou des jeunes garcons sensibles, l’un comprend brusquement que ses parents se dechirent, l’autre voudrait photographier ses parents main dans la main en vain,le vie d’un autre se raconte a travers les vehicules possedes :tricycle,velo,moto,petite voiture d’infirme.

  • Les presentations des editeurs : 06/12/2007

Il ne devrait pas. Mais il le fait. La cinquieme, en plein Paris. N’importe quoi. Vite. Beaucoup trop vite. Il fonce dans les rues desertes de la nuit. File sur les quais, snobe la tour Eiffel embrumee, remonte vers l’Etoile. Ne traverse pas la place, la transperce. D’un coup. Tout droit. D’une avenue a l’autre. Et continue sa course folle vers les Ternes, ignorant le parc Monceau pour mieux se ruer sur les Batignolles qu’il penetre par une rue etroite. Oblige de ralentir. Arret violent sur un bateau. Il claque la portiere, court vers un porche, appuie febrilement sur l’interphone, reprend son souffle. Attente. Longue. Trop longue. On lui ouvre. Enfin. Il pousse la lourde porte, file au fond de la cour, grimpe l’escalier C quatre a quatre, perd son echarpe, s’arrete pour la ramasser, reprend sa course, arrive au sixieme, ne s’essuie pas sur le paillasson et sonne.
– Vous, deja ? Comment avez-vous fait ?
– Ou est-elle ?
Les hommes aussi ont besoin d’amour

Yves Leriadec s’est d’abord consacre a la poesie avant de s’orienter vers la nouvelle. Les hommes aussi ont besoin d’amour est son premier recueil. Il anime par ailleurs des ateliers d’ecriture.

  • Les courts extraits de livres : 07/01/2008

Il ne devrait pas. Mais il le fait. La cinquieme, en plein Paris. N’importe quoi. Vite. Beaucoup trop vite. Il fonce dans les rues desertes de la nuit. File sur les quais, snobe la tour Eiffel embrumee, remonte vers l’Etoile. Ne traverse pas la place, la transperce. D’un coup. Tout droit. D’une avenue a l’autre. Et continue sa course folle vers les Ternes, ignorant le parc Monceau pour mieux se ruer sur les Batignolles qu’il penetre par une rue etroite. Oblige de ralentir. Arret violent sur un bateau. Il claque la portiere, court vers un porche, appuie febrilement sur l’interphone, reprend son souffle. Attente. Longue. Trop longue. On lui ouvre. Enfin. Il pousse la lourde porte, file au fond de la cour, grimpe l’escalier C quatre a quatre, perd son echarpe, s’arrete pour la ramasser, reprend sa course, arrive au sixieme, ne s’essuie pas sur le paillasson et sonne.
– Vous, deja ? Comment avez-vous fait ?
– Ou est-elle ?
– Dans sa chambre.
Il bouscule la garde-malade, avale le couloir, ouvre la porte. Et voit.
Elle, dans son lit, assise, suffoquant. Le regardant, hebetee. Cherchant son souffle, ne le trouvant pas, anonnant quelque chose. Ce qu’elle dit, il ne le comprend pas. Ce qu’elle vit, il le comprend. Deja, il y a six mois…
– Putain ! Rebelote ! ?deme du poumon ! Et cette connasse qui me dit que ce n’est pas trop grave !
Il cherche son portable dans les poches du pardessus. Exterieure gauche : rien. Interieure gauche : rien. Exterieure droite : oui ! Le 15. Non, le 12. Non, le 16. Merde, le Samu, c’est quoi ? Fais chier, je passe par le 12 ! Il parle au Samu. Et le Samu ecoute. Et le Samu comprend. Mais il n’est pas tout pres, le Samu. Il lui faut griller quelques feux rouges avant d’arriver. Le temps pour l’homme de regarder.
Sa mere meurt, la, devant lui. Elle hoquete, n’arrive plus a respirer. S’etouffe, tend les bras vers son fils. Semble dire : S’il te plait, donne-moi du souffle, de l’air. Tu en as bien en reserve pour moi. Vite ! Donne ! Donne ! Et lui, impuissant devant ces bras tendus, ne peut rien donner du tout. L’air ne se transporte pas, ne se transfuse pas, ne s’injecte pas. Il ne peut rien faire. Incapable ! Fils indigne ! Il se traite de con, maudit cette garde-malade qui ne garde qu’elle-meme, se botte les fesses dans sa tete. Puis s’apaise, et donne ce qu’il peut donner : sa tendresse. S’approche des bras tendus, les effleure, les caresse. Pose une main sur le visage et murmure : Calme, Maman, calme. Ils arrivent. Chante ce qui lui vient a l’esprit. Une berceuse. D’ou sort-elle, celle-la ? Qui est la mere cette nuit ? Qui est l’enfant ? Tout est sens dessus dessous. Tout fout l’camp. Mais il faut bien tenir en attendant. Alors, chante, fiston, chante. Caresse, fiston, caresse. Rassure-la, toi qui n’es pas rassure. Dis-lui que ca ira, qu’ils vont venir, qu’ils viennent, qu’ils sont presque la, toi qui n’en sais rien. Tiens-la dans tes bras, calme ses soubresauts, respire son parfum, et attends, attends, attends.
Enfin, ces pas sur le palier, cette sonnette enfoncee, ces blouses blanches qui se ruent, oui, devant vous, c’est par la. Et eux qui voient, qui comprennent. Elle qui suffoque. Et eux qui deballent, installent. Elle qui suffoque. Et eux qui remplissent, injectent. Elle qui suffoque. Et eux qui allument, branchent. Elle qui suffoque.