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Les Houwelandt

Couverture du livre Les Houwelandt

Auteur : John von Duffel

Traducteur : Nicole Casanova

Date de saisie : 19/10/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Grandes traductions

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-226-17339-3

GENCOD : 9782226173393

  • Les presentations des editeurs : 07/07/2006

Elle etait la, elle le portait, le soulevait et l’enlevait hors du monde, Jorge ne supporte guere que la mer. A ses cotes, depuis soixante ans, Esther est comprehension, amour et devouement, au point d’avoir accepte de quitter la demeure familiale du nord de l’Allemagne, enfants et petits-enfants, pour une ile de gres du sud de l’Espagne. En lancant les preparatifs de la fete qu’elle veut donner pour les quatre-vingts ans de son mari, ce sont toutes les autres douleurs nees de la douleur physique et existentielle de Jorge qu’elle va reveiller en chaine…

La narration progresse au rythme introspectif des quatre protagonistes principaux, Jorge, Esther, leur premier-ne, Thomas et le premier-ne du premier-ne, Christian. La mere et la compagne de Christian, Beate et Ricarda, prendront aussi part a la tension dramatique qui embrasse tous les malentendus, les non-dits, les repetitions qui buttent sur les vieilles blessures jamais nettoyees, jamais cicatrisees. Le leitmotiv de cette dramaturgie se brode avec le discours que Thomas s’est engage a ecrire et a prononcer.

Telle Mrs Dalloway soignant chaque detail de sa fete, a defaut de trouver Une chambre a soi, Esther va renouer le fil de sa vie a elle, en laissant Jorge seul face a la mer et a son delire de maitrise absolue, le temps d’un voyage au coeur de…son exercice maternel.

Sans ceder a la complaisance des catastrophes annoncees, John von Duffel, en une ecriture d’une qualite particuliere, precise, sobre, d’une exceptionnelle solidite interieure, fait triompher l’elan vital chez chacun des personnages, meme chez Jorge qui trouvera in extremis la grace d’aimer, la peur et le noir infini de l’eau enfin vaincus. Cette grace a pour nom Dario et c’est la suite de l’histoire…

Ne en 1966 a Gottingen, John von Duffel a grandi en Irlande, dans le Dakota du Sud et en Allemagne. Critique de theatre et de cinema, il est aujourd’hui traducteur et dramaturge. Il travaille actuellement en residence au Thalia Theater de Hambourg. Son premier roman, De l’eau (Albin Michel, 2001) avait ete couronne quand il est paru en Allemagne (1998) par plusieurs prix litteraires, dont le prestigieux prix Aspekte- Literatur et le Prix Mara-Cassens de Hambourg.

  • Les courts extraits de livres : 07/07/2006

Pendant toute la derniere nuit et tandis qu’il nageait le matin, ces questions l’avaient occupe. Elles ne lui etaient meme pas sorties de la tete quand Esther lui fit ses adieux et fut emmenee a l’aeroport par les Lobeck, dans un concert de klaxon. Il n’avait vu d’elle qu’une forme vague derriere les vitres teintees, elle lui faisait signe avec un mouchoir blanc. Mais cela aurait tout aussi bien pu n’etre qu’un reflet. A tout hasard, il avait leve la main et suivi du regard la voiture tout-terrain, mais en pensee il etait deja parti a la recherche de la source, si elle existait. A present, tandis qu’il montait, il avait tout a coup oublie pourquoi cette question lui semblait tellement importante.

Esther lui manquait. Elle ne l’avait encore jamais accompagne dans ses randonnees en montagne. Il ecoutait patiemment sa reguliere exhortation a la prudence, qu’il laissait ensuite derriere lui avec un haussement d’epaules. Mais elle se tenait toujours dans l’embrasure de la porte quand il partait, et elle l’y attendait chaque fois au retour. Esther appartenait a sa boussole interieure. Elle etait une composante fixe de son univers qui englobait tres peu d’etres humains. Il ne serait jamais venu a l’esprit de Jorge qu’il pourrait un jour regretter l’absence d’Esther, mais c’etait pourtant ainsi.

Jorge s’ennuyait de sa femme.