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Les immigres. Volume 1, L’enfant de l’exil

Auteur : Lojze Kovacic

Traducteur : Andree Luck Gaye

Date de saisie : 21/08/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 21.50 / 141.03 F

ISBN : 978-2-02-086912-6

GENCOD : 9782020869126

Sorti le : 21/08/2008

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  • Les presentations des editeurs : 24/08/2008

Le premier volume de cette trilogie autobiographique commence en 1938 avec l’expulsion de la famille Kovacic de Suisse et son installation en Slovenie, d’ou le pere avait jadis emigre. Il s’acheve en 1941 avec l’occupation de Ljubljana par les troupes de Mussolini. L’enfant imagine le pays de son pere, et se voit deja galopant sur des chevaux sauvages et naviguant sur les grandes rivieres. Mais, apres un voyage cauchemardesque, tous les efforts de sa famille pour prendre pied sur cette terre d’exil sont vains. Le petit Bubi, confronte a la misere, la faim, l’hostilite des gens, refuse d’apprendre le slovene et, pour masquer son desarroi, vole, mendie et frole la delinquance.
Ecrits du point de vue de l’enfant, les souvenirs se succedent en un staccato ininterrompu de visions, fragments concrets de memoire, tantot innocents et tendres, tantot impitoyables et terribles, aboutissant a une description haletante et dense d’une epoque dont les dechirements et les conflits se refletent dans la langue merveilleusement novatrice de l’auteur. Le sens du tragique, la profondeur, la densite narrative et la puissance du langage situent Les Immigres dans la lignee directe des grands recits europeens, de Peter Nadas a Danilo Kis, d’Ismail Kadare a Czeslaw Milosz.

Fils d’un emigre slovene et d’une Allemande, Lojze Kovacic est ne a Bale en 1928 et a vecu en Slovenie de 1938 a sa mort, en 2004. Toute son oeuvre narrative – de nombreux romans construits comme des mosaiques et des nouvelles – reflete le destin de sa famille, miroir du drame d’un siecle devenu fou. Il est le romancier le plus important de la litterature slovene contemporaine.

Traduit du slovene par Andree Liick Gaye

  • Les courts extraits de livres : 24/08/2008

Et nous avons quitte Bale. Impasse des Tanneurs… rue Helder… faubourg des Pierres… Nadelberg… rue de Bourg. Il etait venu beaucoup de monde a la maison, surtout des policiers. Certains en uniforme, d’autres en civil. Parmi eux, il y en avait qui ressemblaient a des commercants du centre-ville et d’autres, avec leur grand chapeau en velours noir, a des danseurs de cabaret. Deux policiers en uniforme nous ont accompagnes a la gare par la place Luisen avec les bagages les plus indispensables. Les gens s’arretaient pour nous regarder. Nous avons emprunte le petit pont qui enjambait le ruisseau ou, une demi-heure plus tot, je jouais encore sur les galets jaunes de la grotte artificielle. Finalement nous partions quand meme… Adieu Bale !

Nous roulions depuis une heure de l’apres-midi… J’entrais et je sortais… les fenetres de chaque cote du wagon offraient un coup d’oeil interessant sur les maisons et les gens… Dans le couloir, j’avais toutes les fenetres pour moi. Maman criait sans cesse que je ne m’appuie pas sinon j’allais me salir, et que je revienne pres d’elle et de Vati dans le compartiment ou ils etaient assis avec Gisela. Je ne l’ecoutais pas, j’avais honte pour elle… Je collais mon oreille contre la vitre pour etouffer sa voix dans le bruit… C’etait mon premier vrai voyage en train. Du tout premier, quand j’avais cinq ans et que j’etais alle en compagnie de mon pere a la station thermale d’Urach, je ne me rappelais que les sieges tapisses de bleu du pullman…