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Les livres ont un visage

Auteur : Jerome Garcin

Date de saisie : 18/03/2009

Genre : Essais litteraires

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 17.00 / 111.51 F

ISBN : 978-2-7152-2842-9

GENCOD : 9782715228429

Sorti le : 08/01/2009

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  • Le courrier des auteurs : 22/01/2009

J’ai le privilege, parfois un peu envahissant, de recevoir tous les livres qui paraissent et donc le bonheur de frequenter les librairies non pas pour moi mais pour les autres. Car j’y achete les livres que j’aime afin de les offrir aux personnes que j’aime. C’est un plaisir couteux qui n’a pas de prix.
Je serais assez fier que l’on compare Les livres ont un visage a une librairie. Quinze ans apres Litterature vagabonde, j’ai en effet rassemble dans ce volume une petite trentaine d’ecrivains que j’admire et qui ont bien voulu m’accueillir chez eux. Ce sont, notamment, Julien Gracq a Saint-Florent-le-Vieil, Jules Roy a Vezelay, Gabrielle Witkop a Francfort, Julian Barnes a Londres, Francois Nourissier a Paris, Jacques Chessex a Ropraz, Eric Holder a Thiercelieux, Jacques Chauvire a Neuville-sur-Saone, Patrick Rambaud a Trouville ou Jean-Marie Gustave Le Clezio en Bretagne, face a la mer. Ils m’ont montre leurs paysages, leur bibliotheque, leurs manuscrits, leur coeur, parfois leurs blessures.
Je reverais que le lecteur des Livres ont un visage voyage, en ma compagnie, dans ces oeuvres contemporaines et penetre, derriere moi, dans ces ateliers ou des femmes et des hommes defient le temps avec des mots. N’est-ce pas, aussi, la definition d’une librairie ?

Jerome GARCIN

  • Les presentations des editeurs : 21/12/2008

Le premier ecrivain que, derriere une porte vitree, il a vu au travail, c’etait son pere, dont il a raconte la fin precoce et tragique dans La chute de cheval. Depuis, Jerome Garcin n’en finit pas de s’introduire chez les auteurs qu’il aime et qui lui ouvrent leur maison comme on ouvre un livre, pour quelques confidences et beaucoup de souvenirs.
De Vezelay a Saumur, de Thiercelieux a Trouville, du Paris rive droite de Francois Nourissier au Paris rive gauche de Jean-Jacques Sempe, de la terrasse angevine de Julien Gracq a la lande bretonne de Jean-Marie Gustave Le Clezio, et du jardin londonien de Julian Barnes, ou il attend de mysterieuses oies, a un rez-de-chaussee de Francfort-sur-le-Main, ou il guette des ecureuils en compagnie de Gabrielle Wittkop, Jerome Garcin poursuit, quinze ans apres Litterature vagabonde, son voyage litteraire par mots et par vaux. En avion, en voiture, a pied, et parfois meme a cheval.

Auteur notamment, aux Editions Gallimard, de Pour Jean Prevost, Theatre intime, et Son excellence, monsieur mon ami, Jerome Garcin a recu en 2008 le prix Prince Pierre de Monaco.

  • La revue de presse – L’Express du 19 mars 2009

Quand le journaliste ecrivain rend visite a Nourissier, Le Clezio ou Sempe… Un joli parcours buissonnier…
Pas besoin d’etre une midinette pour savourer ces intrusions jamais cavalieres, ces confidences toujours sensibles. Et seul le resultat compte : l’envie de lire ou de relire les oeuvres de ce bel areopage des lettres contemporaines.

  • La revue de presse Etienne de Montety – Le Figaro du 19 fevrier 2009

Le visage de la litterature qui se dessine, rencontre apres rencontre, est moins regulier qu’il n’y parait. A cote des grandes figures amicales qu’on imagine qu’il a eu a coeur de rencontrer (Le Clezio, Combescot, Rambaud), des etres meconnus ou insolites surgissent, Jacques Chauvire, un medecin que Camus tenait en estime, Gabrielle Wittkop, ou cet etrange editeur a facon qui a pour nom Nicole Lombard. On ne s’etonnera pas que le voyage s’acheve en compagnie d’un ecuyer en chef, porteur d’un grand nom de la Premiere Guerre mondiale, et lecteur de Xenophon et Morand : Patrice Franchet d’Esperey. Si, pour Garcin, les ecrivains ont donne un visage avenant a la litterature, celle-ci aura toujours a ses yeux l’allure d’un cheval nomme Eaubac.

  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot – Le Point du 5 fevrier 2009

Les livres ont un visage est le livre d’un passionne, quinze ans apres Litterature vagabonde, qui l’etait aussi. Des portraits litteraires ? Mieux que ca : des plumes sans masque, non que Garcin le leur arrache, mais parce qu’elles se l’otent elles-memes pour se reveler a lui avec grace, douleur ou jeu…
Emouvante collection que celle de Garcin, qui, non content de visiter ses chers ecrivains, leur offre en retour ce beau logis sous couverture bleue : sa garcinniere. Certains pretendent encore qu’on ne doit pas rencontrer les ecrivains mais seulement les lire… Mais n’est-ce pas les lire deux fois que de les rencontrer, puisqu’on peut lire sur les visages, et que les livres en ont un ?

  • La revue de presse Jean-Louis Ezine – Le Nouvel Observateur du 15 janvier 2009

Jerome Garcin est l’intime des plus grands, le dernier ecrivain visiteur d’ecrivains. C’est un bonheur de surprendre avec lui Le Clezio peignant des vagues bleues sur le mur de sa maison bretonne ou Francois Nourissier recroqueville sur sa vieille Hermes 30, modele 58, tel Glenn Gould au clavier de son Steinway. On est visiteur d’ecrivains un peu comme on est visiteur de prison : il y en a des portes a ouvrir et des verrous a faire sauter, avant qu’un Clement Rosset ou un Jonathan Littell cedent a votre curiosite indiscrete et bienveillante !

  • Les courts extraits de livres : 21/12/2008

PAR MOTS ET PAR VAUX

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aime m’introduire en catimini chez les ecrivains, leur derober un peu d’intimite, fouiller leur bureau, leur fourbi, ramasser leurs brouillons dans la corbeille, etudier leur profil au travail et, a la campagne, observer les perspectives de la terre labouree et du ciel moutonne que la vue offrait chaque jour a leur imagination, a leurs regrets, parfois aussi a leurs doutes.
J’ignore d’ou vient, chez moi, cette curiosite indiscrete et bienveillante. Peut-etre de ma petite enfance, lorsque mon pere allait s’enfermer, le soir, dans son bureau, au fond du couloir, pour y ecrire a la main des textes precieux et des lettres courtoises au milieu de ses livres bien ranges qu’il protegeait, comme s’il craignait leur contamination, avec du papier cristal ; je voyais son ombre studieuse et penchee, entouree d’un halo de cigarette blonde, se decouper derriere les voilages de la porte vitree et affronter la nuit dans le grand silence de l’intelligence. Meme s’il etait d’abord editeur, mon pere fut le premier ecrivain vivant que j’eusse approche. J’etais fascine par la faculte qu’il avait de se retirer pour s’adonner a des plaisirs qui m’etaient encore refuses : lire, ecrire, mediter peut-etre, s’ennuyer jamais. J’enviais sa solitude peuplee, je l’imaginais dialoguant avec les auteurs de sa bibliotheque, fraternisant avec certains, en refutant d’autres, feignant de gouverner, derriere ses lunettes d’ecaille, le royaume des ecrivains disparus et bavards.