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Les lumieres du bout du monde

Couverture du livre Les lumieres du bout du monde

Auteur : Vincent O’Sullivan

Traducteur : Francis Kerline

Date de saisie : 26/10/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Joelle Losfeld, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 22.50 €

ISBN : 978-2-07-078731-9

GENCOD : 9782070787319

Sorti le : 26/10/2006

  • Les presentations des editeurs : 16/11/2006

Kate Cooper est une jeune fille de la petite bourgeoisie anglaise. Lorsque sa cousine tombe malade, elle croise a son chevet ” le docteur “. Celui-ci est marie a une jeune femme, mais il tombe amoureux de Kate qu’il engage comme secretaire. Cette rencontre decisive orientera leur destin. Kate abandonne Londres pour Auckland ou elle devient tenanciere de bordel. Deux autres personnages vont l’approcher : Marie-Claire, une religieuse francaise, et Spicer, un garcon lourdaud et silencieux. Proche de Kate, Marie-Claire l’aide a surmonter la disparition d’une amie intime, tout en apprenant qu’elle est elle-meme gravement malade. Ce trio improbable decide de partir en vacances. Mais ils sont pris en otage par un mysterieux gangster… Dans une prose reguliere, cristalline mais passionnee, O’Sullivan trace les contours d’un monde habite par des personnages que la morale et l’hypocrisie communes ne concernent pas.

Ne a Auckland, Vincent O’Sullivan est l’un des ecrivains neo-zelandais actuels les plus renommes. Poete, nouvelliste, romancier et dramaturge, il a remporte de nombreux prix. C’est un des plus grands specialistes de l’oeuvre de Katherine Mansfield dont il a dirige la publication des lettres, nouvelles et poemes.

  • La revue de presse – Le Monde du 17 novembre 2006

Vincent O’Sullivan est sans doute le plus europeen des auteurs neo-zelandais – en particulier dans sa poesie, ou l’on percoit entre les lignes Valery, Rilke, Trakl et Wittgenstein. Il est aussi le plus apte a sentir l’originalite de la culture populaire neo-zelandaise. Sa carriere litteraire ressemble a une longue recherche pour meler la richesse de ces deux elements, depuis le ton essentiellement satirique de ses poemes, jusqu’aux echos brechtiens de ses pieces et a la description d’une Nouvelle-Zelande tres sophistiquee. Le coup de patte des meilleurs ecrivains neo-zelandais est dans cette union de traditions differentes, mais peu le font avec autant de passion et d’humour que Vincent O’Sullivan.

  • Les courts extraits de livres : 09/06/2009

Debout au coin de Brewery Road, je regarde l’autre cote de la rue, vers le long mur en pierre. Personne ne m’importune. Il y a tant d’autres gens alentour qui assistent a la meme chose. Je maintiens fixement dans mon champ de vision le toit pointu sous lequel il doit se trouver en ce moment, tranquille comme toujours, avec moi seul en tete. Il sera aussi courtois que d’habitude, meme avec ceux qui lui feront gravir les marches.
J’observe l’etat du ciel, parce que le docteur y etait constamment attentif. Il est couvert, morne et immobile comme une toile, et un leger vent froid souffle de l’est. Les hauts immeubles compacts sont incolores. Les vies qu’ils renferment semblent tellement irreelles, tellement lointaines. Meme la peinture des grilles n’etait pas la peinture du monde ordinaire quand je suis venue a pied d’Oxford Street toute proche, ou j’ai passe la nuit dans une chambre d’hote et dit a la tenanciere ecossaise que non, je ne prendrais pas de petit dejeuner.
Tout ce que je veux posseder tient dans un sac en cuir a peine plus grand qu’un sac a main. En allant a Caledonian Road, je me suis arretee dans la caverne sous le pont de chemin de fer et je me suis appuyee contre la pierre froide. La, sous l’arche, on n’est pas loin des murs, des toits pointus, des petites fenetres a barreaux qu’on apercoit vers le haut, en dessous des gouttieres. J’avais cru que je serais calme. Il voulait tellement que je sois calme. C’est comme ca que tu les vaincras. Voila ce qu’il m’avait dit. Pourtant ma respiration est haletante, mon coeur palpite sous le poids accablant de mon manteau. Il faut que je tienne bon, me dis-je. Pour lui. Il faut que je tienne bon pour lui. Alors je continue a marcher, jusqu’au bord de la foule, qui attend, silencieuse et vigilante. Les visages sont inclines vers le long toit en fer. Nous avons vu des loups un jour, au fond d’une fosse de pierre, le museau en l’air, observant ceux qui les observaient. Leurs yeux etaient pales comme de l’ecume.