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Les mains gamines

Auteur : Emmanuelle Pagano

Date de saisie : 18/12/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Fiction

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-84682-273-2

GENCOD : 9782846822732

Sorti le : 25/08/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Clo Brion de la librairie VANDROMME a LES VANS, France – 17/09/2008

Un joli titre presque innocent pour l’histoire terrible, violente et crue d’une jeune femme violee dans son enfance par les mains “analphabetes et brutales” des gamins de sa classe.
Un roman de douleurs sensuelles, de liquides intimes, porte par 4 voix feminines, assourdies, brisees de honte, enfermees dans la soie des silences et non-dits. Une ecriture extreme et puissante penetree de mineral et vegetal pour denoncer l’insupportable.

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Les mains gamines etaient tres jeunes et malhabiles, inexperimentees, presque analphabetes, d’autant plus brutales.

Crier ne servait a rien.

Pour supporter, je me disais crier ne sert a rien. Je tenais en me disant plus tard, j’ecrirai, et ce sera plus violent encore, plus adroit. Je rentrais en classe, et j’essayais d’apprendre tres vite, de tout comprendre, pour aller plus loin, bien plus loin que leurs gestes limites de petits garcons.

J’ai des mains de petite fille, gants taille 5-6, 12 ans. N’empeche, je sais ecrire. J’ai des mains qui ont l’air d’etre des mains de petite fille, mais ne vous y trompez pas, ce sont des mains d’adulte. Avec elles, j’ecris. Je suis allee beaucoup plus loin en moi que cet endroit dont leurs doigts n’ont aucun souvenir.

  • La revue de presse Xavier Houssin – Le Monde du 19 decembre 2008

Emmanuelle Pagano pose les mots, point a point. Et l’on est envahis, emus, doucement emportes par un espoir inattendu. La victime d’autrefois gagne maintenant sa vie en faisant des menages. Chez ceux qui le savaient, chez ceux qui s’amusaient. Mais elle ecrit aussi d’etranges poesies. Au noir des arbres morts, elle egratigne l’encre. Se delivrant du mal, elle survit. Trois fois rien…

  • La revue de presse Eric Loret – Liberation du 9 octobre 2008

Dans chacune de ces facettes d’un miroir brise, ce ne sont pas tant les recits qui nous apprennent quelque chose que les reseaux souterrains de l’ecriture, ou l’on retrouve d’une femme a l’autre les memes images de fermeture et de dechirure, elevant le traumatisme enfantin d’Emma au rang de metaphore globale de la feminite…
Si le roman d’Emmanuelle Pagano ne s’avance que mutile, en morceaux, ce n’est pas par une coquetterie de narration. Le carnet d’Emma propose des le debut une cle a cette difficulte : il y est en effet question d’un sexe aux levres cousues, d’un sexe de toute jeune fille herisse de piquants, une bogue protegeant son fruit encore trop immature, de petites levres enfouies sous des fils de soie, tisses entre les poils pubiens par des chenilles apprivoisees. Cette image bouleversante (et obsedante dans la suite du livre) d’une infibulation desiree pour se proteger du viol vaut aussi comme philosophie d’ecriture.

  • La revue de presse Martine Laval – Telerama du 3 septembre 2008

Emmanuelle Pagano ecrit menu, a voix douce, a silences assourdissants, des histoires a chambouler les coeurs, a reveiller les consciences endormies…
Emmanuelle Pagano ecrit la terreur, dit l’innommable, tous ces secrets si longtemps enfouis, si lourds a vivre, avec une nettete forcenee, une sensualite hallucinee. Jamais elle n’accuse. Elle avance dans sa narration comme dans une enquete, variant les tons, multipliant les voix, les paroles d’enfants et d’adultes, celles de l’innocence, celles de la trahison. Pagano malmene les mensonges, leur invente une langue. Elle laisse a son recit le soin d’eclairer la barbarie : C’est moi, la nuit.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

LE CARNET

Non, c’est pas ca, recommence.

Et je relis depuis le debut. Il ne faut pas faire une seule faute. Je ne suis pas sa secretaire, mais c’est le milieu de la nuit, elle n’est pas la, alors je m’y colle. C’est toujours comme ca, quand il prepare ses dossiers au dernier moment, a minuit, une heure. Il me reveille. On n’a pas d’enfants alors pas d’excuse. On n’a pas d’enfants alors c’est commode. Je tape, mal.
Il s’adresse a la Direction departementale de l’equipement, et je ne sais pas quelles sont les formules de politesse. Il termine en disant Veuillez agreer bla-bla, je suis censee traduire. Peut-etre faut-il ecrire la meme chose qu’a la Commission francaise pour la protection du patrimoine historique et rural. Comment savoir. Ses dossiers se ressemblent. Ses ecrits n’en sont pas. Ils se succedent et je m’ennuie tellement. Je ne sais pas etre polie. Je ne connais pas les formules de distance. J’ai envie d’ecrire bla-bla mais j’ai peur de sa reaction, de son mepris.
Il pourrait se mettre dans une colere suffisante, me trouver comme toujours si familiere. Oui c’est vrai je ne connais jamais ni en mots ni en metres les taux des distances. Les distances entre les gens. Il parait que les gens doivent etre tenus a distance. Surtout les domestiques, sinon ils se permettent.
J’aimerais tellement me permettre.

– Recommence.