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Les nuits difficiles

Auteur : Dino Buzzati

Traducteur : Michel Sager

Date de saisie : 28/09/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger, n 3943

Prix : 7.80 / 51.16 F

ISBN : 978-2-264-04281-1

GENCOD : 9782264042811

  • Les presentations des editeurs : 28/09/2006

Dino Buzzati est un magicien des mots et des formes. Son ecriture mele a la virtuosite des ecrivains de talent, la generosite, l’humour et la fantaisie des grands conteurs. Comme autant de petites etoffes dont il pare l’humanite, chaque nouvelle revele dans une douce lucidite, les travers et les absurdites de notre quotidien. Cet enchanteur nous ouvre ainsi les portes d’un monde capricieux, toujours pret a se tordre en un tohu-bohu fantastique malmenant joyeusement les dogmes de l’argent, du pouvoir et des autres vanites de l’homme moderne. Un univers a garder precieusement a ses cotes pour s’offrir en cas de deprime, ou d’inopportune insomnie, une petite dose de bonheur.

Ne en 1906 dans le Frioul, en Italie, Dino Buzzari est mort d’un cancer en 1972. Il fait ses debuts dans le journalisme au Corriere delia Sera, pour lequel il sera correspondant de guerre lors du second conflit mondial. C’est avec Barnabo des montagnes (1933) et Le Secret du bosco Vecchio (1935) qu’il inaugure sa carriere litteraire. En 1940 parait son oeuvre majeure, Le Desert des Tartares, qui rencontre immediatement un succes mondial. Buzzati publie ensuite une serie de contes, qui comprend notamment Les Sept messagers (1941), L’Ecroulement de la Baliverna (1954), L’Image de pierre (1960), ainsi que des nouvelles – parmi lesquelles Le K, qui demeure la plus celebre. Buzzati avait egalement des talents de peintre et nous a laisse une singuliere bande dessinee, intitulee Poemes Bulles. Il est aujourd’hui unanimement considere comme l’un des plus grands ecrivains italiens.

  • Les courts extraits de livres : 28/09/2006

Je voyageais seul, il etait environ deux heures, un apres-midi de juillet, sur l’autoroute du Soleil, entre Parme et Fidenza.
C’etait l’heure trouble et pesante de la somnolence et des mirages. Il y avait peu de circulation.
Tout a coup, je vis distraitement, venant en sens contraire sur l’autre voie, une grande voiture de couleur blanche, a bord de laquelle il semblait qu’il n’y eut personne.
Je pensai que j’avais mal vu ou qu’a ce moment le conducteur s’etait penche, de telle sorte qu’il n’etait pas visible.
Mais un frisson me courut dans le dos : une spider gris metallise -je reconnus clairement la marque – me doubla de tout pres : a bord, il n’y avait pas ame qui vive.
Deux, trois, cinq autres autos, que je rencontrai aussitot apres, etaient vides elles aussi : autos fantomes qui roulaient normalement et, quand elles se doublaient, allumaient le clignotant comme il est prescrit.
L’impression fut paralysante. Avais-je eu une attaque ? Etais-je frappe d’hallucinations ? Le coeur battant, je ralentis et m’arretai sur la voie exterieure, tout au bord. Et je sortis, tout retourne. A cet instant passa une multiplace au toit charge de bagages, y compris une voiture d’enfant. Toute une petite famille, probablement, qui partait en vacances. Mais a l’interieur, la famille n’y etait pas.
Que s’etait-il passe ? Quel sortilege de solitude avait fait que, dans la region, les gens, tout en continuant a exister, disparaissaient ? A ce moment, j’entendis, venant d’un groupe d’arbres assez distant, un chant monotone de cigales.
Je regardai autour de moi. Pas une maison. La campagne dormait, engourdie par le soleil. En dessous de moi, juste derriere la barriere de grillage metallique, un ruisselet a sec, parallele a l’autoroute. Sur la rive opposee, une etroite bande de prairie bordee de buissons.