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Les reperes d’Arsene Lupin

Auteur : Gerard Morel

Date de saisie : 06/04/2008

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : C. Pirot, Saint-Cyr-sur-Loire, France

Collection : Maison d’ecrivain

Prix : 16.80 / 110.20 F

ISBN : 978-2-86808-262-6

GENCOD : 9782868082626

Sorti le : 25/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 14/05/2008

Maurice Leblanc a commence sa carriere d’ecrivain en publiant des romans ambitieux, ou les critiques retrouvaient le souffle de Maupassant. Imaginant pour un magazine la nouvelle intitulee L’arrestation d’Arsene Lupin, il ne se doutait pas qu’il donnait la vie a un personnage flamboyant, qui allait plonger dans l’ombre le reste de son oeuvre avant de voler… de ses propres ailes ! Devenu l’otage du gentleman-cambrioleur, Maurice Leblanc a subi ce triomphe avec amertume. C’est a Etretat, dans la maison de l’ecrivain, qu’on parvient a denouer le fil des relations ambigues qu’entretenaient l’auteur et son personnage, entre mefiance et admiration. C’est aussi dans cette maison que les deux hommes semblent s’etre reconcilies. A moins qu’Arsene Lupin n’ait pas encore dit son dernier mot.

Gerard Morel a publie sept romans policiers. Lorsque l’on sait qu’il est magistrat et qu’il a exerce les fonctions de substitut du Procureur de la Republique, on peut s’etonner que son personnage favori dans la litterature reste… Arsene Lupin ! Gerard Morel profite de ce livre pour decrypter avec humour le caractere du gentleman, tour a tour cambrioleur, enqueteur ou justicier, heros d’ombre et de lumiere, qui a derobe des bijoux, cambriole des chateaux et usurpe de multiples identites, mais qui n ‘a certes pas vole sa popularite !

  • Les courts extraits de livres : 14/05/2008

NOUS AVONS TOUS CONSTATE, a diverses reprises, que les maisons vieillissent comme les visages. Elles s’impregnent des moments d’emotion au point d’en conserver la trace, plus ou moins floue, plus ou moins visible, meme apres un changement de proprietaire.
Il existe ainsi des maisons joviales, qui restituent encore l’accueil souriant d’un ancien occupant optimiste et bienveillant. D’autres replient leurs fenetres sur des drames qu’il vaudrait mieux faire semblant d’ignorer. Et je mentionne a peine les maisons conformistes, encombrees de meubles de famille et decorees seulement de bibelots offerts a l’occasion de mariages ou de baptemes, car dans ces maisons-la, rien de spontane ni de sincere n’a vraiment ete vecu.
Evidemment, les maisons d’ecrivains sont differentes. L’hotel particulier qu’occupait Victor Hugo a Paris, sur la place des Vosges, semble encore traverse par le puissant paraphe du poete : sa signature reste omnipresente sur ses manuscrits originaux, comme sur ses dessins et sur certaines de ses photographies. La demeure de Balzac, embusquee au creux du seizieme arrondissement de Paris, pourrait paraitre confortable, douillettement repliee derriere le lierre de son jardin, si l’on ne remarquait pas qu’elle comporte deux issues, ce qui permettait a l’ecrivain de fuir ses creanciers. Quant au pavillon de Medan, que Zola surnommait sa cabane a lapins, il s’enorgueillit encore des deux tours que l’auteur a fait edifier de part et d’autre, apres le succes financier de deux de ses livres, Nana et Germinal. Et surtout, la fenetre du bureau du romancier permet d’apercevoir l’endroit ou vivait celle qui avait ete sa lingere avant de devenir sa maitresse et de lui donner deux enfants. Il arrivait que, dans la solitude de son bureau, Zola delaisse momentanement ses personnages pour s’evader de sa page blanche jusqu’a son balcon et observer avec des jumelles sa seconde famille…
Chaque ecrivain a son secret. Mais sa maison le trahit.
On aurait donc tendance a imaginer que la demeure d’un auteur de romans d’enigme, comme Maurice Leblanc (1864-1941), est empreinte d’une atmosphere mysterieuse, avec d’etroites fenetres, ouvertes moins sur la lumiere du jour que sur les ombres du salon.
Ce n’est pas le cas de sa maison natale, a Rouen (2, rue Fontenelle), ni des appartements parisiens qu’il a habites par la suite et qu’il choisissait de plus en plus originaux et spacieux, tant pour flatter son gout de l’esthetique que pour y retrouver les marques de sa reussite.
En revanche, la villa qu’il a achetee a Etretat, pour s’y reposer et y passer ses vacances, etait deja etrange avant meme qu’il ne s’y installe. Naturellement romanesque, au sens premier du terme, elle avait ete habitee par l’editeur Eugene Fasquelle. Et, avant que Maurice Leblanc ne l’acquiere et ne la denomme le Clos-Lupin, en hommage a son heros, la maison s’appelait le Sphynx, apparemment a cause d’une statue qui sourit etrangement dans le jardin. On garde neanmoins le droit de s’etonner que la residence estivale d’un des plus grands auteurs de romans policiers francais porte le nom du monstre mythologique qui, sur la route de Thebes, interrogeait les voyageurs et devorait ceux qui ne parvenaient pas a repondre a ses enigmes…
Mais en somme, cela ne fait que confirmer qu’il n’y a jamais de hasard !
D’autant que cette maison conserve encore de tres anciens secrets, bien anterieurs a l’entree en scene de Maurice Leblanc. Par exemple, la cave se termine sur un passage etrangement mure, qui devait autrefois conduire vers les sous-sols d’une demeure eloignee. A moins que ce couloir ne rejoignit d’autres souterrains comme il en reste plusieurs dans Etretat, qui tous menent aux grottes des celebres falaises… ? Plus personne aujourd’hui ne peut indiquer a quoi servait ce passage secret !
De meme, lorsque l’on contourne l’entree principale, pour longer le mur du fond, on remarque les traces de deux issues, aujourd’hui impraticables. L’une est une petite porte qui ouvre sur le jardin. Maurice Leblanc affirmait que c’etait par la que passait Arsene Lupin pour venir lui raconter en grand secret ses aventures. L’autre fantome d’entree est constitue par les piliers d’un ancien portail, aujourd’hui disparu. Cette entree-la a ete muree, mais l’on constate qu’elle est situee a l’extremite de la maison de Maurice Leblanc. Et qu’elle servait donc aussi aux habitants de la demeure d’a cote.