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Les superstitions au Moyen Age

Auteur : Jean Verdon

Date de saisie : 16/01/2008

Genre : Histoire

Editeur : Perrin, Paris, France

Collection : Syntheses historiques

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 978-2-262-02489-5

GENCOD : 9782262024895

Sorti le : 17/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/01/2008

LES SUPERSTITIONS AU MOYEN AGE

Une sainte differe peu d’une magicienne ou d’une sorciere. L’une a langue avec Dieu quand les deux autres font commerce avec Satan. Jeanne d’Arc ne sera-t-elle pas condamnee pour sorcellerie ? Ces etres malefiques ou pas, bons ou mauvais, qui savent les secrets des hommes, connaissent les herbes et parlent aux cieux inquietent leurs contemporains et, du coup, exercent sur eux un vrai pouvoir.
L’histoire des superstitions au Moyen Age s’ouvre chez les Celtes – au temps du paganisme et des idoles -, et s’acheve a l’ombre des buchers sur lesquels des sorcieres furent brulees par milliers. Les mentalites evoluent lentement. Plusieurs siecles sont necessaires, qui voient fleurir les pratiques magiques pour conjurer un sort, changer les destins, ou concurrencer les usages religieux et le pouvoir des reliques. Historien, specialiste des mentalites, Jean Verdon raconte ici la longue histoire de ces traditions jugees populaires mais suivies par tous, qu’ecrivains, magistrats et savants n’auront de cesse de combattre, en une veritable guerre des croyances.

Jean Verdon est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels, paru en 20061 l’Amour au Moyen Age.

  • Les courts extraits de livres : 17/01/2008

Extrait de l’avant-propos :

La plupart de nos contemporains affirmeront que l’homme medieval etait bien credule quand il croyait que boire de la poussiere du tombeau d’un saint delayee dans de l’eau pouvait guerir ou que planter une aiguille dans une statuette de cire etait capable de causer la mort de celui que la statuette etait censee representer.
Certes, mais l’historien sait que les mentalites evoluent. Ce qui au Moyen Age est considere comme un acte religieux, en un temps ou la religion structure toute la societe, peut sembler relever de la superstition a notre epoque rationaliste qui fait de la science un element fondamental de la pensee. Ainsi en est-il du pouvoir prete aux reliques. Au cours de la seconde moitie du XIe siecle, apres une epidemie due a une grande secheresse qui ravage la region de Fleury-sur-Loire, les habitants de Sancerre demandent que l’on transporte chez eux les reliques de saint Benoit et de saint Maur. Celles-ci sont exposees sur la place devant le chateau et du vin est verse sur la chasse. La foule se precipite pour recueillir ce que l’on appelle le vinage. Avant d’en porter aux malades, les habitants en boivent le plus possible pour augmenter leurs chances d’eviter la maladie. Religion ou superstition ?
Au Moyen Age, rien n’est plus naturel que le surnaturel, a-t-on dit.
Le surnaturel ! Le grand mot est lache qui constitue la trame de ce livre. Disons tout de suite qu’il n’est pas question de traiter de la religion, c’est-a-dire du christianisme, veritable ciment pour l’Occident. Il est toutefois des elements consideres comme exterieurs, il faudrait plutot dire opposes, a cette religion. Nous en distinguerons trois : la superstition, la magie et la sorcellerie.
Qu’est-ce que la superstition pour un homme du Moyen Age ? Partons de la definition actuelle du terme. Celui-ci designe le fait de croire que certains actes, certains signes entrainent d’une maniere occulte et automatique des consequences bonnes ou mauvaises : croyances aux presages, aux signes heureux ou funestes.
Remontons le temps. L’abbe Jean-Baptiste Thiers, auteur d’un celebre Traite des superstitions publie a partir de 1679, ecrit : Certes, c’est avec grande raison que Dieu a fait defense aux hommes, dans le Decalogue, de se servir d’aucune Superstition, puisqu’ils ne peuvent en user qu’auparavant ils n’aient fait un pacte expres, ou du moins tacite avec le Demon. Car qui dit Superstition, dit de necessite pacte avec le Demon. La superstition s’oppose donc a la religion puisqu’elle est liee au diable alors que la seconde se veut en harmonie avec Dieu.
Une telle idee se trouve au centre de la reflexion medievale. La encore, comme sur bien d’autres points, c’est saint Augustin qui edifie la theorie inspiratrice des lettres du Moyen Age. Son traite De la doctrine chretienne met en valeur deux elements dans la superstition.
Tout d’abord son lien avec le paganisme, avec les survivances paiennes si longues a disparaitre. Est superstitieux tout ce qui a ete institue par les hommes en vue de la fabrication et du culte des idoles, tout ce qui tend soit a adorer comme dieu la creation ou une de ses parties…
Ensuite l’intervention des demons. La citation precedente se poursuit ainsi : soit a consulter les demons, soit a conclure avec eux par des signes convenus des pactes d’alliance. D’ou le conseil : Il faut redouter et eviter la societe des demons qui, sous la conduite de leur chef, le diable, n’ont pas d’autre objectif que de fermer et de verrouiller la porte de notre retour. Une telle assertion annonce, en quelque sorte, dix siecles plus tard l’omnipresence du diable.