Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Les tresors archeologiques du fleuve a Arles : secrets du Rhone

Auteur : Luc Long

Date de saisie : 22/11/2008

Genre : Histoire

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 45.00 / 295.18 F

ISBN : 978-2-7427-7835-5

GENCOD : 9782742778355

Sorti le : 26/11/2008

Acheter Les tresors archeologiques du fleuve a Arles : secrets du Rhone chez ces libraires independants en ligne :
L’Alinea (Martigues)Dialogues (Brest)Durance (Nantes)Maison du livre (Rodez)Mollat (Bordeaux)Ombres Blanches (Toulouse)Sauramps (Montpellier)Thuard (Le Mans)

  • Les presentations des editeurs : 23/11/2008

En 2007, les travaux de la Carte archeologique du Rhone du DRASSM (Departement des recherches subaquatiques et sous-marines, ministere de la Culture) ont effectue des decouvertes exceptionnelles dans le fleuve a Arles. Outre l’epave d’un chaland romain du Ier siecle avant J.-C., de 30 m de long, ces recherches par 10 m de fond, au niveau du quartier de Trinquetaille, ont fait surgir de l’eau un veritable tresor d’objets en marbre et en bronze.
Parmi ces decouvertes remarquables, on distingue un buste de Cesar unique au monde, vraisemblablement sculpte du vivant du dictateur, au moment ou il fonda la colonie romaine d’Arles. On discerne egalement une statue de Neptune en marbre, haute de 1,80 m, dedicacee a l’empereur Septime Severe et a ses deux fils, une victoire et un Marsyas (ou guerrier captif) d’inspiration grecque, tous deux en bronze et d’une incomparable beaute, une tiare de l’Artemis d’Ephese, une tete de Junon ainsi qu’une serie importante de sculptures et d’elements architectoniques (bustes, bases de statues et portraits en marbre, chapiteaux corinthiens, fragments d’entablements et de corniches, futs et bases de colonnes, placages de marbre et monnaies…).
L’ensemble de ces objets s’apparente sans aucun doute aux vestiges d’un riche quartier qui comprenait des edifices publics, religieux et funeraires. Ces elements, abandonnes dans le fleuve ou arraches par une crue, temoignent des remaniements ou des destructions de ce quartier entre l’epoque cesarienne et le IVe siecle apres J.-C. Ces decouvertes apportent incontestablement du nouveau sur Arles et confirment la description faite par le poete romain Ausone au IVe siecle, qui evoquait une ville double, duplex Arelate, etablie sur les deux rives du fleuve. Tous ces objets conferent en effet au quartier suburbain de Trinquetaille un caractere monumental et richement decore.

Ces decouvertes ont ete officiellement devoilees par la Ministre de la Culture et ont fait l’objet, au mois de mai, d’un numero special de Des Racines et des Ailes. Ce telefilm annoncait une deuxieme emission de 120 minutes, prevue en prime time le 5 janvier 2009, qui presentera les resultats des travaux de 2007 et la fouille de 2008. Entre-temps, divers articles, notamment dans le National Geographic Magazine, des emissions et des plateaux TV vont relater l’evenement. Enfin, une grande exposition programmee au musee d’Arles en 2009 revelera au public, apres restauration, l’ensemble des oeuvres exhumees du fleuve.

  • Les courts extraits de livres : 23/11/2008

ARLES, CARREFOUR ENTRE MER ET FLEUVE

Le Rhone n’est pas un long fleuve tranquille, mais il garde dans sa memoire une partie de l’histoire d’Arles. Elle est ecrite par fragments, de marbre, de navires, d’amphores et de ceramiques. Fragments parfois spectaculaires d’une grandeur passee, engloutie sous la vase et les debris modernes, a quelques metres sous la surface. Depuis plus d’une dizaine d’annees, une equipe obstinee de plongeurs sonde patiemment cette memoire. D’abord incertaine, tronquee et defaillante, elle rapporte peu a peu des bribes d’histoire qui donnent une autre vision d’Arles. Dans ses meandres contradictoires, le Rhone semble affirmer ceci : la cite romaine avait un miroir sur l’autre rive, qui refletait sa puissance. Soucieuse de sa beaute, la petite Rome des Gaules interrogeait souvent ce miroir. Brise dans le fracas des invasions, dans le feu et l’eau, il s’est tu depuis longtemps et ne renvoie plus d’image. Ce vaste port, cet ensemble monumental, cette ville d’en face, dont parle Ausone au IV siecle, n’a pas survecu. Elle etait occupee par une classe privilegiee de riches marchands, banquiers, dignitaires et patrons de puissantes corporations, qui dirigeaient le port et commandaient a une annee d’affranchis et d’esclaves. Les rares fouilles terrestres sur cette berge en partie deserte ne donnent aujourd’hui qu’une image imparfaite et reductrice de son activite. On connait quelques grandes villae residentielles, pavees de mosaiques, et des necropoles tardives. Sans doute dans le profond sous-sol sommeillent encore des fondations massives qu’aucun parking ni aucune contingence economique ne viendront exhumer. La, si pres de l’eau et d’un quai napoleonien deja fragile, loin du faubourg actuel de Trinquetaille, aucune fouille n’est prevue.
Le Rhone sur cette rive est donc plus bavard que les sondages terrestres. Jusque-la. il gardait jalousement les secrets d’une histoire egaree, sous les algues filamenteuses et la boue pestilentielle de son lit. Lui, si etranger a la ville, si eloigne aujourd’hui des preoccupations de ses habitants, a vecu jadis en parfaite osmose avec Arles. Il est vrai que les cites antiques ne dedaignent pas la compagnie des grands fleuves, au contraire. Veritables remparts d’eau, ils servent d’abord de protection naturelle. Durant la conquete romaine, ils constituent un obstacle a la penetration des annees de Cesar. Ils servent, en outre, d’arteres de communication en complement des voies terrestres. Ainsi, la Gaule developpe tres tot un reseau navigable exceptionnel. Les bateliers gallo-romains utilisent meme les plus modestes des cours d’eau, lesquels sont aujourd’hui impropres a cet usage. Plus d’un millier de pirogues monoxyles, formees d’un seul tronc evide, temoignent de cette activite intense initiee des le Neolithique et l’age du bronze. Cet avantage national est loue a toutes les epoques, comme le confirme au XV siecle un auteur anonyme : Il n’est royaume au monde mieux garni ni mieux proportionne de fleuves et rivieres que le royaume de France.