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Les triades de Shanghai

Auteur : Feiyu Bi

Traducteur : Claude Payen

Date de saisie : 21/06/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Philippe Picquier, Arles, France

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-87730-951-6

GENCOD : 9782877309516

Sorti le : 21/06/2007

  • Les presentations des editeurs : 06/07/2007

Dans les annees trente, le jeune Tang, dit Oeuf pourri, un adolescent ingenu, debarque de la campagne a Shanghai. Accueilli par son oncle qui l’introduit dans l’univers de la mafia, il a pour fonction de servir Bijou, maitresse du chef du gang de la Tete du Tigre. C’est aupres de Bijou, femme artiste, chanteuse et danseuse sexy des nuits chaudes de Shanghai, orgueilleuse, capricieuse et arrogante, qu’il va apprendre la vie, dans un monde de luxe, avec ses hierarchies, ses privileges et ses regles surtout : un autre monde ou regnent l’argent, la jalousie et la trahison tout autant que l’appetit du pouvoir. Devant ses yeux d’enfant vont se jouer progressivement des drames au cours desquels s’affrontent les ambitions et les passions de chacun. Et ou chacun joue sa vie.

Le roman de Bi Feiyu a ete porte a l’ecran en 1995 par Zhang Yimou, sous le titre Shanghai Triad, avec Gong Li dans le role de Bijou.

  • Les courts extraits de livres : 06/07/2007

A l’epoque, ce n’etait pas l’avenue de Nankin. On l’appelait simplement la grande avenue. La majeure partie des evenements que je vais vous raconter se sont deroules pres de la grande avenue. Je dois avouer que j’eprouve une affection particuliere pour les vieux noms car ils ont la saveur du grand Shanghai. Certaines nouveautes plaisent, d’autres non. En tout cas, pour ce qui est des noms, noms de personnes ou noms de lieux, les anciens sont toujours les meilleurs. Ils ont un sens, un gout. Ils ont vecu. Ils sont riches de leur passe et il suffit de les tordre un peu pour en faire jaillir des histoires. Des qu’on change les noms, leur parfum disparait et ils n’evoquent plus rien pour nous.
Comment suis-je venu a Shanghai ? C’est le destin. Combien de ceux qui revent de venir a Shanghai doivent enfouir leur reve sous la terre ou il se transforme en feu follet pour voler la nuit vers la ville ou ils voudraient vivre ? J’avais quatorze ans quand je suis devenu ce que les Shanghaiens appellent dans leur dialecte un chilao, terme peu elogieux qu’on n’aime guere entendre. Mais je me pose la question : serais-je devenu un petit chilao si je n’etais pas venu a Shanghai ? Qui ne reve de venir a Shanghai, le grand Shanghai des concessions etrangeres ? Il faut non seulement pouvoir y venir mais le ciel ne donne pas son bol de riz a celui qui ne trouve pas de travail. En outre, il faut pour survivre, apprendre a marcher dans la rue. Ne disait-on pas a l’epoque : Marcher au milieu des voitures, c’est se jeter dans la gueule du tigre. Vous n’aviez pas sitot entendu klaxonner que vous etiez deja avale par les roues avant et chie par les roues arriere. Le tigre avait eu raison de votre petite vie. Je m’egare. Les ans en sont la cause. Helas, les paroles qui sont passees a travers les mailles du filet ne peuvent plus etre rattrapees. Je reviens a ma question : comment suis-je venu a Shanghai ? C’est a cause de cette femme.

Tous les domestiques avaient entendu Bijou et le patron se disputer. La voix de Bijou semblait tout particulierement adaptee a la dispute. C’etait d’ailleurs cette voix qui fascinait le patron. Il disait souvent :
– Cette gamine, sa voix caresse l’oreille comme du duvet d’oie.

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