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Les tuques bleues ; le charivari de la liberté

Auteur : Anne-Marie Sicotte

Fille de potier, Vitaline Dudevoir est une jeune femme dégourdie, qui n’a pas froid aux yeux. Son mari, Florentin Montplaisir, est marin. Avec son père, il fait du cabotage entre Saint-Denis et Montréal, pendant que Vitaline s’occupe aux travaux de la ferme, avec sa belle-famille. Comme les précédents, cet été 1833, à Saint-Denis sur le Richelieu, est fort agité.
De plus en plus d’habitants du Bas-Canada s’élèvent contre les décrets, les mesures arbitraires et les malversations d’un gouverneur despote, le comte Dalhousie, à la tête de la colonie anglaise d’Amérique. Les rassemblements se multiplient, la colère gronde, et Vitaline, lectrice assidue du journal La Minerve, s’intéresse de près aux revendications des « tuques bleues », de ceux qu’on appelle les Patriotes. Son frère Gilbert, 18 ans, est instituteur à Montréal. Il se trouve aux premières loges des émeutes et des échauffourées qui se multiplient dans les rues de la ville. Dans les assemblées populaires, des tribuns rivalisent d’éloquence pour formuler les revendications politiques des habitants du Bas-Canada. Vitaline, que les caresses maladroites et rapides de son époux laissent insatisfaite, se surprend à rêver, avec une insistance renouvelée, sur la belle prestance de l’un d’entre eux, le Dr Nelson. De son côté, et sur le même terrain du coeur et des sens, Gilbert a fort à faire avec la belle Caroline, qui vend ses charmes et défend chèrement sa liberté de femme. Oui, la révolte gronde.
Le frère et la soeur seront bientôt happés par le vent de l’histoire. Avec le souci du détail et de la véracité documentaire qu’on lui connaît, Anne-Marie Sicotte restitue au plus près l’effervescence de l’époque. Il n’est jusqu’à la truculence du parler archaïque et paysan qui est ici rendue dans toute sa verdeur. Au lecteur amateur d’histoire de se laisser emporter par une saga au décor campé dans Le pays insoumis (2 tomes parus chez Vlb) et qui trouve ici, dans Les tuques bleues (2 tomes annoncés), son aboutissement romanesque.