Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Lettres a une jeune psychanalyste

Auteur : Heitor O’Dwyer de Macedo

Date de saisie : 04/04/2008

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : L’autre pensee

Prix : 20.50 / 134.47 F

ISBN : 978-2-234-06130-9

GENCOD : 9782234061309

Sorti le : 19/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 05/04/2008

Ce livre est revolutionnaire a plus d un titre. Il reinterroge les enjeux theoriques les plus importants de la psychanalyse par le biais d’une clinique vivante et de l’amitie. Sous forme de lettres envoyees par un psychanalyste riche de son experience a une jeune collegue, il nous fait entendre le travail de la psyche a l’oeuvre dans l’existence. L’attention et l’exigence amicales presentes dans cet echange rendent le livre constamment emouvant, surprenant. Pour l’auteur, la psychanalyse est un humanisme. Il met au premier plan sa dimension therapeutique, et montre par des exemples saisissants les differents modes d’engagement du psychanalyste. Il refuse une conception doloriste et tragique de la psychanalyse et insiste sur la dimension joyeuse et passionnante de l’elaboration du travail therapeutique.
Ce livre renoue avec la maniere simple par laquelle Freud exposait sa decouverte de l’inconscient a un public de citoyens. Il se prete a tous les parcours.

Heitor O’Dwyer de Macedo a ete metteur en scene au Bresil avant d’exercer en France dans des etablissements de sante mentale. Disciple de Francoise Dolto et de Gisela Pankow, il a enseigne a l’universite de Paris VII President de la Fondation franco-latino-americaine Rocinante, il a organise en 1986 une rencontre entre psychanalystes francais et sud-americains ayant travaille pendant la periode de la terreur d’Etat. Il a notamment publie Le Psychanalyste sous la terreur (1988) et De l’amour a la pensee (1999). Cet ouvrage est son quatrieme livre.

  • Les courts extraits de livres : 05/04/2008

Extrait de l’introduction :

En pensant au livre de Rilke, Lettres a un jeune poete, je me suis dit que cette forme non universitaire me convenait parfaitement pour presenter ce qui est pour moi la psychanalyse. L’ambition initiale etait qu’un jeune profane puisse, en lisant ces lettres, se faire une idee precise de ce qu’est la clinique et la theorie de la psychanalyse et, eventuellement, voir son interet eveille a l’oeuvre de Freud.

Si ce souci s’est maintenu – souci de dire de la maniere la plus simple, la plus subjective, mon rapport a la psychanalyse -, je ne suis plus sur qu’un lecteur qui rencontre pour la premiere fois ici la question de l’inconscient partagera avec moi l’evidence que je crois enoncer. J’ai appris cela en faisant lire certaines de ces lettres a des amis dont la pratique de pensee se deploie dans des champs tres eloignes du mien. Si, la plupart du temps, ils ont ete interesses et souvent agreablement surpris, parfois ils m’ont signale des opacites dans des formulations qui me semblaient etre de grandes banalites de mon quotidien clinique. Je suis retourne au texte a partir de ces remarques, mais elles m’ont surtout appris qu’a certains moments il etait impossible de parler (ou d’ecrire) sur la psychanalyse sans utiliser les mots (les concepts) avec lesquels un psychanalyste pense la psychanalyse. Donc il y a une opacite qui reste, meme si j’ai ete attentif a ce que l’emploi d’un concept s’accompagne toujours d’un developpement de l’usage que j’en fais, du sens que je lui donne, meme si je ne pense pas utiliser le vocabulaire forge par Freud comme une metalangue, mais comme un instrument, un levier pour relancer la parole. En d’autres termes, si ce qui me semble banal et simple souleve des difficultes, c’est parce qu’il s’agit d’une banalite qui se deplace dans un champ ou l’evidence est loin d’etre evidente : acceptation de la sexualite infantile, du desir de meurtre, de la haine, de l’intrication de la folie et de l’amour, de la folie et de la creation – et l’acceptation de ces donnees comme etant le tissu constitutif de la sensibilite, du psychisme humain.

Devant ces difficultes incontournables, je ne demande pas au lecteur son indulgence, mais une intelligence de methode, la meme qu’on applique lorsqu’en lisant un roman dans une langue etrangere, au lieu de s’attarder a chaque mot qu’on ne connait pas, on parie que le temps de la lecture finira par nous apporter leur sens.

Deux axes de reflexion parcourent ces lettres : l’intrication de la theorie et de la pratique dans la clinique d’un psychanalyste; ma conception du sens et de la responsabilite de ce metier, son ethique – maniere de rendre hommage a ceux qui m’ont forme, a ce que j’ai eu en heritage, formation et heritage qu’il me revient de transmettre.

Ce livre essaie de transmettre la passion et la joie qui animent le travail du psychanalyste – et sans lesquelles, mon avis, ce metier n’est pas viable. Il n’est donc pas a proprement parler une introduction a la psychanalyse – Freud en a deja ecrit une qui est remarquable -, meme s’il invite le lecteur a visiter l’atelier d’un psychanalyste, avec son fouillis et quelques realisations. Il se veut un temoignage que la pratique et la theorie psychanalytiques ne relevent d’aucun esoterisme ; il s’agit d’une activite humaine de pensee semblable a tant d’autres, faite d’artisanat et d’invention, de savoir-faire et d’une doctrine elaboree par Freud (d’ou les difficultes mentionnees plus haut), de risque et de rigueur, d’un interet passionne pour toutes ces fragilites delicates qui constituent une existence humaine.

De ce point de vue, a l’egard du delire scientifique chercheur de la molecule capable d’en finir avec la souffrance qui accompagne la vie, ce livre se situe ailleurs. Il s’adresse a tous ceux et celles qui continuent de penser que la fin de la subjectivite la plus singuliere n’est pas une reponse aux enjeux que rencontre le vivant, mais sa solution finale. Il s’adresse aussi aux jeunes qui choisissent aujourd’hui de se dedier a cet office menace de disparition et qui arrivent dans un paysage desseche par l’irresponsabilite des politiques et par le cynisme d’un certain usage pervers de la psychanalyse.

Pourront se reconnaitre ici des patients qui m’ont choisi comme temoin et passeur de leur rencontre avec l’inconscient, et aussi les collegues qui m’ont fait la confiance de partager avec moi leur experience de la psychanalyse. Qu’ils considerent leur presence dans les vignettes cliniques comme la reconnaissance de ma dette.