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L’excuse

Auteur : Julie Wolkenstein

Date de saisie : 25/08/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Fiction

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-84682-271-8

GENCOD : 9782846822718

Sorti le : 25/08/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Valerie Ehrhardt de la librairie AU POIVRE D’ANE a LA CIOTAT, France – 27/09/2008

Lise, a l’automne de sa vie, vient d’heriter d’une magnifique maison sur la tres chic l’ile Martha’s Vineyard et le roman commence alors qu’elle ouvre cette maison. Elle se souvient… Elle se souvient de la premiere fois ou elle y a mis les pieds, il y a bien longtemps. Tout avait commence la lorsqu’a 23 ans elle avait debarque de Paris, quasi orpheline. Tout, les amours, les parties de tarot, son refus de convoler avec Charles, son mariage rate avec Gilles, son amitie pour son cousin Nick. Celui-ci, atteint d’une maladie incurable, lui a laisse, en guise de cadeau d’adieu, un manuscrit : Deja-vu. Dans ce texte Nick analyse, commente, decortique et demontre combien l’histoire de sa cousine ressemble a celle d’Isabel Archer, l’heroine de Henry James dans Portrait de femme.
On se rend alors compte – on, c’est-a-dire nous, lecteur, et Lise elle-meme – que toute sa vie ne semble avoir ete qu’une histoire ecrite par un autre, une histoire qu’elle n’a jamais pu controler.
C’est un jeu etonnant qui s’ouvre alors, un jeu de roles, un jeu de correspondances, de renvois, d’associations et de reminiscences, un puzzle entre les textes, mais aussi un jeu de plus en plus inquietant a mesure qu’on y avance. Sorte de labyrinthe qui s’enfonce entre leurres et signes, jeu de miroirs et de memoire, doutes et trompe-l’oeil que nous dechiffrons avec Lise. Tout est affaire d’atmosphere, Lise fait alterner sa lecture de Deja-vu et son quotidien dans cette maison qu’elle retrouve.

L’Excuse est un roman qui se promene et nous promene a travers de nombreux registres avec virtuosite, histoire d’amour, chronique sociale, plongee dans le temps et aussi un thriller. C’est un grand thriller litteraire parce que la litterature en est le sujet. L’Excuse est de ces livres qu’on est triste de fermer si l’on a la conviction que la realite imite la fiction, et non l’inverse.

  • Les presentations des editeurs : 26/06/2008

J’aurais du m’en apercevoir des le debut : la premiere fois que je l’ai vue, le soir ou elle a debarque sur l’ile avec ma mere et s’est encadree dans la porte-fenetre, eblouie par le decalage horaire et le coucher de soleil, tout coincidait, tout concordait. Nous reproduisions deja a notre insu la situation de depart de ce vieux bouquin de James que, comme tous les etudiants americains, j’avais lu a la fac quelques annees plus tot. Sur le moment je n’ai rien compris. Mais maintenant j’en suis sur : sa personnalite, sa vie, ses voyages, ses amis, les hommes qui l’ont aimee, celui qu’elle a epouse, ses enfants, ses deuils, tout a ete ecrit, imagine il y a un siecle. Je ne suis pas superstitieux. Je ne suis pas fou. Je ne crois pas au destin. Mais le sien imite exactement celui d’un personnage de roman qu’elle ne connait meme pas. Et qui se termine par ma mort – je veux dire la mort de mon modele, Ralph. Elle, l’heroine, on ne sait pas ce qu’elle va devenir. Mais je peux peut-etre dejouer cette espece de malediction. Je n’ai plus beaucoup de temps, je sais ce qui me reste a faire.

  • La revue de presse Thierry Clermont – Le Figaro du 11 decembre 2008

Troublant, envoutant, audacieux, L’Excuse, de JulieWolkenstein, se presente comme un affolant jeu de ressemblances, de miroirs et de pistes, fausses ou averees, ou la narration frise la dilution…
Ce cinquieme recit de Wolkenstein porte en exergue cette citation de Proust : Nous ne sommes tous, nous les vivants, que des morts qui ne sont pas encore entres en fonctions. Remplacons fonctions par fictions, et on aura tout compris des intentions audacieuses de la romanciere dans ce recit vertigineux.

  • La revue de presse Nathalie Crom – Telerama du 15 octobre 2008

Densement nourri du grand roman de James, L’Excuse n’en est ni une parodie ni une plate transposition contemporaine. L’original jamesien, Julie Wolkenstein l’utilise comme un palimpseste, sur lequel elle deploie son propre roman – eminemment romanesque ! -, orchestrant entre les deux livres un jeu tres riche de signes, d’echos, de reflets.

  • La revue de presse Marianne Payot – L’Express du 18 septembre 2008

Une subtile jonglerie litteraire. Grace soit rendue a l’universite ! Il y a quelques annees de cela, Julie Wolkenstein y preparait une these sur Henry James, matiere a une publication, chez Honore Champion, en 2000. Elle y traitait, bien sur, de son oeuvre phare, Portrait de femme. Lue, relue, savouree, la peinture virtuose de l’ecrivain americain sert aujourd’hui de matrice a son cinquieme roman. Un exercice de haut vol, d’une finesse toute fitzgeraldienne…
Veritable thriller litteraire, L’Excuse se deroule du cote de Martha’s Vineyard, sur cette cote Est qui fleure bon l’aristocratie d’argent et le whisky de qualite.

  • La revue de presse Josyane Savigneau – Le Monde du 12 septembre 2008

L’Excuse est de ces livres qu’on est triste de devoir refermer, si l’on aime que la litterature joue avec elle-meme, si l’on a la conviction, parfois un peu delirante, que la realite imite la fiction, et non l’inverse. On voudrait continuer, avec la narratrice de ce cinquieme roman de Julie Wolkenstein, a explorer les coincidences entre son existence et le magnifique Portrait de femme, de Henry James. Peut-etre alors faut-il lire, ou relire, Portrait de femme, juste apres avoir lu L’Excuse, pour rever encore aux chemins, qui se croisent et parfois bifurquent, ou se rencontrent l’Isabel de James et la Lise de Julie Wolkenstein. Raconter ce roman a la construction subtile, melant, sans aucun sentimentalisme, destinees sentimentales, experience du deuil, investigation litteraire et suspense, ce serait risquer de detruire le bonheur de la decouverte. Tout est d’abord affaire d’atmosphere.

  • La revue de presse Francine de Martinoir – La Croix du 10 septembre 2008

Le cinquieme roman de Julie Wolkenstein, fort reussi et troublant, fait revenir Henry James dans l’Amerique du XXIe siecle, multipliant miroirs et clins d’oeil. L’espace de fascination que Julie Wolkenstein dessine dans L’Excuse a la forme d’un labyrinthe dans lequel on s’enfonce avec delice, guide ou intrigue par un jeu de miroirs, de trompe-l’oeil, de leurres, de signes…
Le recit offre d’abord un jeu de reflets entre les deux cotes de l’Atlantique, entre les Deux Mondes : la jeune Francaise qui a connu la tension des examens et des concours et les Americains qui ont vecu leur annees d’universite entre les campus festifs de Harvard et Yale, leurs appartements de Park Avenue et leurs petits avions particuliers. Mais d’autres enjeux, plus importants, apparaissent vite, a la faveur d’un roman que jadis Lise n’avait pas lu mais que Nick lui avait fait decouvrir : Portrait of a Lady, de Henry James, ne va cesser de suivre, de doubler, ou plutot de preceder le recit…
La vie precede-t-elle l’ecriture ? Ou n’est-ce pas le contraire ?

  • Les courts extraits de livres : 26/06/2008

Martha’s Vineyard, juillet 20..

La premiere fois que je l’ai vu, c’etait ici.
Je m’attends maintenant a retrouver des photos. Cette apres-midi-la, dans mon souvenir, nous avons du poser devant l’objectif d’oncle Dick, une fois que j’ai rejoint leur groupe. Mais celles-la, je serai dessus. Elles ne rendront pas compte de mon premier regard sur eux, sans moi. Je chercherai d’autres photos. Prises par une de ces fins de journee toutes si idealement pareilles, ici, sur la veranda, pareilles aussi a celle qui est decrite au debut du livre. Je m’attends a retrouver le livre, peut-etre meme a la place exacte ou je l’ai laisse apres l’avoir lu, il y a si longtemps.
Peu de moments dans la vie approchent la perfection autant que l’heure de l’aperitif, surtout lorsqu’il est servi, comme c’etait le cas ce premier soir, face a la mer et juste un peu trop tot, juste assez en fait pour que s’y mele un delicieux sentiment de culpabilite, de C’est pas raisonnable – bref, avant le coucher du soleil.
Mon oncle, mon nouvel oncle, un inconnu, dans sa chaise longue (couvert d’un plaid que la brise ne justifiait absolument pas, mais son etat, oui, j’en savais deja assez par tante Francoise pour le deviner), tenait un verre a whisky en cristal taille gros comme une carafe ou tremblaient trois icebergs ; tout sur ce continent paraissait surdimensionne a mes yeux d’etrangere. Derriere lui, appuyes a la rambarde, Charles et Nick me tournaient le dos, attentifs a eloigner du malade la fumee de leurs cigarettes, le bras discretement tendu vers l’autre cote, la ou le terrain devalait vers la plage et l’ocean.
Je croyais que ca me ferait mal d’evoquer enfin cette premiere image ici, dans son decor, elle qui me suit de toute facon partout, mais j’ai voulu la reconstituer dans le detail.
Avant d’ouvrir les volets du rez-de-chaussee, ceux des pieces principales au moins (ca de toute facon je le ferai plus tard, il y en aurait pour des heures), je suis allee dans la cuisine fraiche et sombre ; le distributeur de glace du frigo marchait impeccable, la maison est bien entretenue apparemment, meme si tante Francoise n’y a plus remis les pieds, n’est jamais revenue, ne l’aurait jamais fait sans doute meme si elle avait vecu un siecle de plus.