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L’homme qui voulait voir Mahona

Couverture du livre L'homme qui voulait voir Mahona

Auteur : Henri Gougaud

Date de saisie : 27/02/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans francais

Prix : 19.50 / 127.91 F

ISBN : 978-2-226-18232-6

GENCOD : 9782226182326

Sorti le : 27/02/2008

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  • La Radio des libraires : Alain Schmidt de la librairie LA LETTRE OUVERTE a PARIS, France- 08/04/2008

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Alain Schmidt – 08/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 13/03/2008

En moins d’un demi-siecle, dans une folle croisade d’or et de sang, une poignee de soldats espagnols, dressant des croix sur des pyramides de cadavres, font la conquete d’un nouveau monde. Une civilisation s’effondre, une autre va naitre. Assoiffes de tresors, de legendes et de territoires inexplores, d’autres hommes prennent la releve.
1528. Une petite flotte de caravelles aborde les cotes inconnues de la Floride. Trois hommes survivent a l’expedition, aneantie par les naufrages, les epidemies et les fleches indiennes. Nunez Cabeza de Vaca, l’un d’eux, noble Andalou, decouvre, au lieu de l’Eldorado promis, des villages fameliques peuples de primitifs candides, malades, profondement religieux. Au nom du Christ, ses compatriotes se livraient a des massacres. Au nom de Mahona, divinite de ces peuples, le conquistador apporte la paix, la guerison et l’amour.
Une extraordinaire epopee commence, a la fois recit authentique et oeuvre soulevee par la passion humaniste, le souffle de l’aventure et de la poesie, contee avec le style, l’art et la magie d’Henri Gougaud.

Ecrivain et conteur, Henri Gougaud a ete chanteur, editeur, chroniqueur sur France Inter… Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, contes, romans, essais, nouvelles.

  • La revue de presse Astrid de Vergnette-Larminat – Le Figaro du 13 mars 2008

Ils etaient sept cents officiers et soldats a chanter a pleine voix le Salve Regina sur le pont des navires qui s’elancerent le 17 juin 1527 du port espagnol de Sanlucar, a la conquete du Nouveau Monde. Ceux qui accosterent quelques mois plus tard au nord de la Floride se comptaient sur les doigts d’une main. Parmi eux, Alvaro Nunez Cabez de Vaca, noble castillan qui ecrivit a son retour des Ameriques une Relation de voyage pour le roi d’Espagne. S’inspirant de ce recit authentique, le conteur Henri Gougaud a reinvente l’aventure une epopee dans les grands espaces du dehors et du dedans, de cet homme qui s’en fut conquerant et revint desarme.

  • Les courts extraits de livres : 08/04/2008

Extrait du prologue :

A vous, mon fils, l’entiere verite. A vous mes fatigues, mes desespoirs, mes naufrages, mes renaissances, ma force et ma memoire. A vous seul, mon bien-aime, ce qu’il me fut donne de vivre sur les vastes terres de Floride et autres lieux d’outre-ocean ou aucun soldat ni clerc de Castille n’avait avant moi chemine.
Je me sens un coeur de taureau depuis que m’est apparue l’evidence de ce que je devais faire pour votre edification et la conjuration de ma melancolie. Parler enfin sans fard, sans crainte ni vergogne. Inscrivez dans votre jeune memoire l’instant et le lieu ou votre pere s’est resolu a entreprendre ce recit : la nuit derniere, au bas de la falaise ou est notre demeure, face a la mer obscure. Il n’y avait ni lune au ciel ni vent de la terre ou du large. Une lueur de barque est apparue au loin. Comme mon epouse contemplait cette etoile mouvante dans les tenebres, elle a murmure mon nom, puis elle s’est mise a fredonner un chant comme elle faisait parfois, sur un autre rivage. Elle me savait perdu dans des pensees ameres. En verite, depuis notre depart d’Espagne, j’enrageais. J’ai a peine entendu sa voix, mais ce fut comme si la cascade d’Inguazi me deferlait soudain dessus. N’en soyez pas surpris, mon fils, il n’y eut la aucun miracle, sauf d’amour attentif. Le chant de votre mere fut comme le dernier souffle sur les braises, celui apres lequel le feu jaillit, vivant et neuf. J’etais pret, elle le savait. J’ai serre si fort sa main qu’elle en a gemi avant d’en rire, et ce matin me voici a l’ecritoire.
Vous n’ignorez pas que j’ai autrefois redige a l’intention de Sa Majeste le roi d’Espagne une precedente relation de ma longue et lointaine errance. Vous en trouverez copie, si vous prend le desir de la lire, au couvent San Francisco de Seville, ou mon ami le frere prieur Bartolome me fait la charite de l’heberger. Ce premier recit ne fut pas mensonger, sachez-le, si ce n’est par prudente omission. Je me souviens m’y etre honnetement applique a decrire la miserable existence de ces etres qui m’accueillirent parmi eux, et a glorifier les prodiges que, par mon entremise, il plut a Dieu d’accomplir pour leur sauvegarde. Mais il est vrai que mon souci le plus constant fut de tenir en bride l’ardeur qui m’echauffait les sangs, et de repousser hors de mes feuillets tous les evenements, aventures, rencontres et decouvertes qui pouvaient paraitre deraisonnables a un esprit convenablement catholique. Quand j’eus relu le dernier mot, j’avoue avoir soupire d’aise. Selon mon sentiment, je n’avais rien ecrit qui puisse ebouriffer les sourcils d’un pretre, d’un juge ou d’un courtisan. J’avais oublie, apres huit annees loin des jardins et des palais de Madrid, l’insigne fragilite des monarques. Le notre ne put supporter d’entendre que les Indiens n’etaient pas des betes mais des hommes, et qu’il etait injuste de les asservir et de les massacrer comme l’on aurait fait de cerfs ou de bisons. Il ordonna que l’on m’exile dans la poussiereuse lumiere d’Oran, la plus espagnole des cites barbaresques, ou Dieu merci nous demeurons en paix.
A vous donc, mon enfant qui m’etes plus precieux qu’un roi, le veritable recit de mes tribulations dans ce pays sans chemins ou votre mere a vu le jour. A quel autre vivant pourrais-je confier ces malheurs et ces bontes qui ont si rudement nourri mon ame ? A Dieu ? Sa figure m’est trop lointaine. Vous, je vous entends, je vous respire, et vous me regardez quand je vous prends aux epaules. Je suis fier de vos yeux, ils savent rire droit malgre votre jeune age. Il me plait de penser que vous ferez bon usage de mon histoire. Vous y apprendrez qui je fus, ce qui est peu, et vous y trouverez ce que j’ai recolte dans le champ de la vie. Est-ce beaucoup ? Question pour le moins superflue. Je n’ai rien d’autre a vous offrir. En verite, si je vous ecris ainsi, c’est dans le pur et simple espoir que mon heritage vous sera nourricier et qu’il vous donnera le desir et la force de decouvrir des horizons que votre pere n’a su voir.