Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Liberte

Couverture du livre Liberte

Auteur : Paul Eluard | Claude Goiran

Date de saisie : 24/03/2010

Genre : Documentaire Jeunesse Art Et Culture

Editeur : Pere Castor-Flammarion, Paris, France

Collection : Pere Castor

Prix : 13.00 €

ISBN : 9782081604094

GENCOD : 9782081604094

Sorti le : 07/09/2006

  • Le choix des libraires : Choix de Stephane Lecrignier de la librairie PAR QUATRE CHEMINS a BRUXELLES, Belgique (visiter son site) – 14/07/2012

Il est propose par une multitude de listes de lecture, ce qui demontre l’interet reel que le public lui porte depuis sa premiere parution en 1997. Il etait epuise. C’est donc avec plaisir que l’on accueille la reimpression de ce magnifique album. Ne en 1960, Claude Goiran est artiste peintre ; on sait aussi de lui qu’il a ete travailleur social, la nuit, dans un foyer d’accueil pour adolescents (l’est-il encore ?). Ses tableaux sont marques par l’obsession de la terre (aride et inhospitaliere), la frequentation de la mort, et, theme que je retiendrai en particulier ici : les mondes nocturnes. Goiran a expose pour la premiere fois a Nice, sa ville natale, en 1982 ; il avait 22 ans.
Le principe de cet album est simple. Chaque double page donne a voir l’illustration (a droite, pleine page) inspiree a Goiran par chacune des strophes du celebre poeme d’Eluard (page de gauche, dans une conception graphique interessante due a Christel Fontes, qui travaillait pour Flammarion a l’epoque et qui fait aujourd’hui partie du studio d’Actes Sud).
Ce qui frappe d’abord, c’est la grande liberte que s’est octroye Goiran dans cette entreprise au fond assez risquee, tant par les sujets de ses tableaux que par la diversite des techniques utilisees (lavis, craies grasses,collages, papier froisse, etc.). C’est ainsi que, pour la strophe Sur le fruit coupe en deux / Du miroir de ma chambre / Sur mon lit coquille vide / J’ecris ton nom, Goiran a vu La Chambre de Vincent Van Gogh a Arles, mais tout en rouge, et dont il a ostensiblement banni les paires (l’analyse courante du tableau de Van Gogh insiste sur le fait que les objets y figurent par paires). Ou bien, pour la strophe Sur l’absence sans desir /Sur la solitude nue / Sur les marches de la mort / J’ecris ton nom, Goiran represente le sinistre portail d’Auschwitz (portail d’entree des trains dans le camp de Auschwitz-Birkenau). Aucune des references, qu’elles soient artistiques, culturelles ou historiques, n’est “legendee”. Il faut le savoir…
Alors, ce qui frappe en second lieu dans cet album inclassable, c’est la rencontre – si l’on peut le presenter ainsi – de deux visions poetiques, l’une s’exprimant par les mots de Paul Eluard, l’autre par les images de Claude Goiran, d’une maniere qui, s’agissant de ce dernier, ne peut etre qualifiee d’illustration sous peine de reduire le travail de l’artiste. C’est une interpretation, comme on le dirait d’un soliste par rapport a une partition.

Decouvrir pour la premiere fois cet album requiert donc, plus qu’une attention particuliere, une disponibilite totale, que va peu a peu venir traverser la profonde melancolie qui se degage de l’ensemble, jusqu’a la strophe ultime du poete, quand revient l’espoir ?
Je laisserai le lecteur decouvrir de quelle maniere Goiran ouvre son parcours et le referme.
Rarement, un album de poesie illustree aura, comme celui-ci, su depasser les limites du genre et s’imposer comme une oeuvre a part entiere.

  • Les presentations des editeurs : 14/07/2012

Une illustration libre et personnelle du poeme d’amour et de liberte de Paul Eluard.